Le «Front Polisario» : contexte de sa genèse, contradictions entre discours et pratiques et prémisses de l'effritement

Acronyme de «Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro» (Front Populaire de Libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro), le Polisario est un mouvement séparatiste né au début des années soixante-dix du siècle précédent. Il revendique la sécession d'une partie de l'Etat marocain et ambitionne la création, ex nihilo, d'une entité étatique sur un territoire historiquement et juridiquement rattaché au Royaume du Maroc.

Afin de cerner ce mouvement séparatiste sous tous ses contours, il convient de dresser une rétrospective des circonstances et de la conjoncture qui ont favorisé sa naissance. Ce faisant,  sera levé le voile sur la nature du soutien financier, militaire, diplomatique et médiatique prodigué par certaines puissances, régionales et internationales, à ce groupe sécessionniste. Par ailleurs, seront mises en relief les motivations politiques et idéologiques qui sous-tendent le parrainage de ce groupe, pendant plus de trente ans, par certains Etats.

Dans le même contexte, une analyse de la phraséologie belliqueuse du Polisario permettra de montrer la contradiction qui existe entre son discours articulé autour de devises telles que «libération nationale», «droit à l'autodétermination», etc., et les pratiques inhumaines qui sont perpétrées dans les Camps de Tindouf sur le sol algérien. Ces camps de séquestration sont, en effet, une zone de non-droit où les droits de l'Homme sont violés au quotidien à travers, entre autres, les arrestations arbitraires, les exécutions sommaires et les pratiques criminelles pour lesquelles les populations séquestrées sont réduites en un simple objet de marchandage.

Cela renseigne sur la prédisposition de ce mouvement séparatiste armé à se mouvoir en un groupe terroriste à dimension transnationale dans la région du Maghreb.

Sur un autre plan, et eu égard aux dissensions internes que vit le Polisario ainsi qu'à son anachronisme patent avec le nouveau contexte mondial, ce mouvement séparatiste présente tous les symptômes de la décomposition. Il est de ce fait voué à une implosion imminente et sa déliquescence a été accélérée notamment en raison des derniers développements du dossier du Sahara, suscités par l'initiative marocaine consistant en la présentation à la négociation, sous l'égide des Nations Unies, d'une proposition d'autonomie élargie pour les provinces sahariennes du Royaume du Maroc.

I. Le polisario, un résidu de la guerre froide

Le «Front Polisario» a été constitué en mai 1973, après la tenue de son congrès constitutif à Zouerate, en Mauritanie. Dès lors, ce mouvement séparatiste a revendiqué l'indépendance des provinces du Sahara de l'Etat marocain.

Il sied dans ce cadre de rappeler que la naissance du Polisario est survenue à la faveur de certaines circonstances particulières qui ont marqué la moitié du siècle précédent et qui se résument essentiellement dans l'émergence des mouvements de libération et le début de la liquidation du colonialisme.

En effet, après son accession à l'indépendance en 1956, le Maroc, alors libéré du joug du colonialisme français, allait poursuivre sa lutte contre l'occupation espagnole de ses provinces sahariennes. Sa lutte contre l'occupant a pris différentes formes de résistance nationale, menée notamment par «l'Armée de Libération», «le Front de Libération et de l'Unité» (F.L.U.), constitué en 1968, etc. Avaient pris part à cette lutte nombre de natifs des provinces du sud du Maroc, qui avaient organisé des mouvements de résistance et de contestation, tel que celui qui a été mené à Laayoune par Mohamed Sid'Brahim.

Dans ce contexte, le noyau dur du Polisario a été constitué par un ensemble d'étudiants d'origine sahraouie -précisément natifs de Tarfaya, de Tantan et de Goulmime- qui suivaient leur cursus universitaire à Rabat, vers le début des années 1970.

A l'origine ces étudiants étaient mus par des motivations nationalistes consistant en la libération totale du Sahara marocain de l'occupation espagnole. A ce titre, ils inscrivaient leur action dans la continuité de celle du Mouvement national dans la partie sud du Royaume et de celle de l'Armée de Libération, cette dernière ayant été démantelée en vertu des négociations d'Aix-les-bains (1955).

Par ailleurs, le contexte idéologique de l'époque était marqué, au niveau régional, par la prééminence des courants, nassérien et communiste ; ce dernier étant adopté par l'Algérie. Celle-ci, percevant le Maroc comme un allié de l'Occident, cherchait à affaiblir le Royaume chérifien dans le cadre d'une alliance contre les pays qui n'ont pas intégré le giron communiste. Aussi, les devises «anti-impérialistes» et «anti-occidentales» trouvaient-elles leurs échos dans les amphithéâtres des universités, parmi les étudiants des années soixante-dix à l'élan politique et partisan immodéré et à la rébellion congénitale.

Ainsi donc, le Polisario a germé dans ce bouillon idéologique hérité d'une Algérie prête à lui fournir son soutien inconditionnel, aussi bien financier que militaire ; son objectif étant d'affaiblir ses rivaux au niveau maghrébin et de faire régner la division entre les pays de la région. Il est à rappeler, dans ce sens, qu'au lendemain de son indépendance (1962), après avoir ployé pendant plus de 132 ans sous l'emprise du colonialisme français, l'Algérie allait entrer en affrontement avec le Maroc sous prétexte du différend en relation avec les frontières héritées du colonialisme. Cela avait provoqué l'éclatement, en 1963, d'une guerre connue sous le nom de «guerre des sables», à l'issue de laquelle l'armée algérienne avait été mise en déroute ; d'où une attitude vindicative conservée, depuis cette date, à l'égard du Maroc.

En guise de représailles, l'Algérie avait saisi l'occasion de la naissance du Polisario qu'elle va, depuis lors, instrumentaliser en tant que mouvement séparatiste destiné à déstabiliser la souveraineté politique, religieuse et historique du Maroc. Derrière cet acharnement de l'Algérie, gît une ambition d'ordre géostratégique, celle de l'accès au statut de puissance régionale.

D'autre part, le contexte international a également contribué, et de manière très significative, à la naissance du Polisario et à l'alimentation de la crise entre les deux pôles de la guerre froide : celui des Etats-Unis d'un côté, et celui du bloc soviétique de l'autre.

A la lumière de ces donnes, il devient aisé de comprendre l'intervention de certains pays, tel que Cuba qui va fournir son soutien militaire au Polisario, notamment en prenant en charge l'entraînement des éléments séparatistes, et son appui diplomatique à ce mouvement ; le Maroc étant considéré comme un ennemi, allié des Etats-Unis et garant de leurs intérêts dans la région nord-africaine.

A la faveur de cette conjoncture régionale et internationale, le Polisario allait bénéficier de tout le soutien nécessaire à son entreprise sécessionniste, cautionnée et encouragée par une Algérie grisée par l'élan révolutionnaire. Fort du soutien, tant militaire que diplomatique, algérien, le Polisario cherchera à s'ériger en mouvement de libération nationale et revendiquera le tracé de frontières internationalement reconnues pour marquer sa séparation du Maroc. Pour ce faire, ce groupe sécessionniste va mimer, sans scrupules, les symboles et les couleurs de la résistance palestinienne. Aussi, va-t-il scander, sans discernement, des devises telles que «libération», «révolution»  et «droit à l'autodétermination du peuple sahraoui».

Ainsi, et jusqu'à la fin de la guerre froide, la question du Sahara demeurera un terrain d'affrontement idéologique entre les deux puissances mondiales et leurs alliés, et toutes les tentatives de règlement du différend saharien seront vouées à l'échec -ou, plus exactement, sciemment avortées- ; et ce, dans l'objectif de maintenir la situation de statu quo.

Or, depuis, tant d'événements ont bouleversé l'ordre mondial et engendré une nouvelle configuration de l'échiquier international, avec laquelle vont se profiler d'autres possibilités de règlement de ce conflit.

II. Le polisario, une organisation calquée sur le modèle stalinien

A la lumière des éléments susmentionnés, il apparaît que la genèse du Polisario a été favorisée par la conjugaison d'un ensemble de circonstances aussi bien locales, que régionales et internationales.

Ainsi, après le 10 mai 1973 -date de la constitution du Polisario-, El-Ouali Mustapha Seyed Rguibi sera le premier secrétaire général du mouvement séparatiste ; poste qu'il va occuper pendant trois ans, jusqu'à son décès (ou, plus précisément, son assassinat). Lui succèdera, par la suite, pendant une durée d'une année Mahfoud Ali Beiba, puis, le nommé Mohamed Abdelaziz, dit Abdelaziz El Marrakchi, qui va accumuler, jusqu'à ce jour, les fonctions de président et de secrétaire général du Polisario.

Le Polisario se caractérise par une structure organisationnelle inspirée du système stalinien ; ce type d'organisation étant connu par une concentration verticale dans laquelle les décisions sont prises au sommet de la pyramide sans considération aucune pour la base. Ce système est l'incarnation même du totalitarisme et de la dictature ayant cours dans les structures communistes radicales fonctionnant par le biais de cellules secrètes. De ce fait, le modus operandi du Polisario est, à l'instar de celui des partis soviétiques, basé sur la répression, la délation et la surveillance étroite. Ceci étant, il est plus qu'évident que ce mouvement séparatiste est loin d'incarner les fondements dont il se clame. Aussi, le Polisario ne peut-il être, au meilleur cas, qu'un parti de l'opposition, voire même un parti «parasite», subversif ou perturbateur. Quant à la pseudo entité étatique qu'il prétend représenter, elle est tout simplement fictive, car ne vérifiant aucun des éléments constitutifs de l'Etat, politiques, juridiques et organisationnels soient-ils ou même idéologiques et encore moins sociologiques.

Ainsi, la gestion des affaires internes de ce mouvement séparatiste est foncièrement autocratique ; et ce, en raison, entre autres, de la prévalence de la corruption, du clientélisme et du favoritisme au moyen desquels l'accès à certains avantages reste restreint au seul cercle fermé des dirigeants du Polisario et des membres de leur entourage. Ces derniers étant proches du commandement en raison de liens de parenté ou pour des considérations d'appartenance tribale. Par conséquent, alors qu'une minorité jouit d'un certain confort, voire même vit dans l'opulence -rendue possible grâce à la reconversion des aides humanitaires en fortunes personnelles-, la majorité des populations séquestrées dans les camps de Tindouf vit dans la privation. De surcroît, le haut commandement du Polisario, incarné par le nommé Mohamed Abdelaziz, est immuable depuis plus de 30 ans ; et ce, nonobstant les voix qui décrient sa persistance au pouvoir et qui remettent en cause sa légitimité et lui nient toute représentativité des sahraouis.

Sur le plan structurel, et à côté de la Direction du mouvement séparatiste, les milices armées du Polisario sont constituées de mercenaires de diverses nationalités et d'autres individus contraints à prendre les armes sous la menace de représailles à leur égard ou contre leurs proches. Cela renseigne sur l'absence totale de toute forme de démocratie, principe pourtant figurant parmi les refrains de ce groupe sécessionniste qui, soutenu par une Algérie qui le téléguide et lui dicte ses moindres faits et gestes, brandit tant de devises travesties dans le seul objectif de porter atteinte à l'intégrité territoriale du Maroc et de permettre au voisin algérien de concrétiser ses ambitions hégémonistes.

III.   Le polisario, une entité préfabriquée

Après la récupération, en 1956, de ses territoires qui étaient sous occupation française, le Maroc a recouvré, en 1958, ses provinces sahariennes de Tarfaya et Tantan ; puis, en 1969, il a récupéré la région de Sidi Ifni. Ces régions faisaient partie des territoires marocains occupés par l'Espagne.

Cependant le processus du parachèvement de l'intégrité territoriale du Maroc a été compromis en raison de l'intervention de certaines puissances régionales et d'autres, étrangères. En effet, après l'organisation, en 1975, de la Marche Verte qui a permis la libération du reste des provinces sahariennes du Maroc, qui étaient sous administration espagnole, l'Algérie se manifestera en tant que principal responsable dans la perturbation du processus de décolonisation, notamment à travers son soutien manifeste au mouvement séparatiste du Polisario qu'elle va même abriter sur son territoire.

Installé ainsi sur le sol algérien, dans la région de Tindouf, et disposant d'un poste de commandement, également sur le territoire algérien à Hassi Abdallah (ou Rabouni), le Polisario allait déclencher des hostilités contre le Maroc.

En outre, le soutien algérien au Polisario allait permettre à ce mouvement séparatiste de proclamer, en 1976, ladite «république arabe sahraouie démocratique» (RASD). Celle-ci, grâce au soutien matériel et logistique fourni par l'Algérie et ses alliés communistes, et bénéficiant de l'appui de la machine diplomatique algérienne, sera reconnue par certains pays africains dont les relations avec l'Etat voisin obéissent, entre autres, à des considérations d'ordre économique. Ainsi, la prétendue RASD avait réussi à intégrer l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), ce qui avait poussé le Maroc à se retirer de cette Organisation en 1984.

Toujours appuyé et parrainé par l'Algérie, le Polisario allait mener, entre 1974 et 1980, des attaques militaires contre le Maroc, au moyen d'actions de guérilla. Ces attaques et ces embuscades ne prendront fin qu'après la construction, entre 1980 et 1987, d'un mur de défense par l'armée marocaine.

Dans ce cadre, l'ancien dirigeant du Polisario, Ibrahim Hakim, avait déclaré que le conflit du Sahara est un différend artificiel, comploté par l'Algérie et, à un certain moment, l'Espagne. Aussi, l'Algérie a-t-elle créé, en faveur du mouvement séparatiste du Polisario, un espace médiatique, «la radio sahraouie» en l'occurrence, établie dans la ville d'Oran. Agissant ainsi, l'Algérie ne s'est, à aucun moment, départie de son ambition de diviser le Sahara ; visant, par là, à porter atteinte à la souveraineté du Maroc et à amputer ce dernier d'une partie de son territoire. Cet objectif a d'ailleurs été dévoilé lorsque le commandement algérien avait proposé à l'ancien secrétaire des Nations Unies, M. Kofi Annan, un plan de partition du Sahara, qu'il entendait négocier avec le Maroc.

Afin d'éviter tout amalgame ou mauvaise interprétation, soulignons que lorsque l'on évoque l'implication directe de l'Algérie dans le conflit du Sahara et son aversion envers le Maroc, l'on ne désigne pas, par là, le peuple algérien, ni les Partis algériens, et nous ne leur attribuons aucune responsabilité dans cette situation. En effet, le seul responsable reste le commandement militaire algérien ; ce qui signifie que le conflit artificiel autour du Sahara marocain n'a, à aucun moment, reçu l'adhésion de l'opinion publique algérienne.

IV.  Le mythe de la «république sahraouie»

Pendant plus de trois décennies, le Polisario, et derrière lui l'Algérie, ont véhiculé la thèse de la libération nationale d'une imaginaire «république sahraouie» et ont revendiqué son indépendance et sa séparation de la souveraineté marocaine. Or, agissant ainsi, l'Algérie et son produit, le Polisario, ont transgressé les principes de la libération nationale, ce même principe autour duquel ils échafaudent toutes leurs manœuvres dolosives.

En effet, au lendemain de son accession à l'indépendance en 1962, l'Algérie n'allait nourrir qu'une seule ambition, à savoir porter atteinte à la souveraineté du Maroc et à son intégrité territoriale, et compromettre son processus de développement et de démocratisation. Alors que l'initiateur de cette offensive contre le Maroc, l'ancien président algérien, Boumediene, n'est plus, le boumediénisme est, quant à lui, loin d'avoir disparu ; voire même que les ambitions de ce système continuent d'user le peuple algérien. Le commandement militaire algérien, profondément imprégné de ces visées hégémoniques, a prouvé, à maintes reprises, que les intérêts personnels de certains individus priment sur les besoins et les aspirations du peuple algérien.

Ainsi, alors qu'elle se présente en défenderesse de ce noble principe qu'est celui de la libération nationale, la junte militaire algérienne oeuvre à disséminer, parmi les éléments séparatistes du Polisario, des principes idéologiques fondés sur la haine, la dictature et le totalitarisme. Par conséquent, même en adoptant, dans le cadre de ses manœuvres, les discours de la lutte palestinienne, les dirigeants du Polisario souffrent d'un vide idéologique patent et ne sont, en fait, qu'un groupe d'individus téléguidés par l'Algérie et incapables de tenir un discours d'opposition et, encore moins, celui d'une dissidence structurée.

De ce fait, le Polisario n'est, en réalité, et comme nous l'avons susmentionné, qu'un résidu d'affrontements idéologiques qui s'inscrivaient dans le prolongement du mouvement des non-alignés au niveau régional. Ses dirigeants sont à la solde de l'Algérie et ses éléments armés sont endoctrinés pour nuire à leurs propres concitoyens. Il n'est, de ce fait, qu'un reliquat de la guerre froide, et le discours de la libération dont il se clame n'est qu'une parmi les devises qui ont été démenties par ses pratiques inhumaines dans les camps de Tindouf. Ce mouvement séparatiste armé a, en effet, et depuis longtemps, prouvé qu'il ne croyait qu'en la violence, une violence qu'il pratique à l'égard de ces mêmes populations qu'il prétend représenter. Ces dernières, soumises à un terrorisme psychologique constant, sont victimes des violations les plus graves des droits de l'Homme.

Eu égard à l'illégitimité de ce groupe séparatiste qui fait fi de toutes les règles en vigueur dans les entités étatiques viables, il convient de soulever les interrogations suivantes :

  • Est-ce possible d'ériger cette entité, fruit d'une conjoncture historique révolue, en Etat, alors que le monde tend vers la consécration et le renforcement des groupements régionaux au lieu de l'éclatement et de la balkanisation?
  • Une entité étatique peut-elle naître sur la base d'une sécession d'un Etat?
  • L'idée de la création d'un Etat peut-elle se fonder sur la destruction des divers liens historiques, sociologique et religieux entre les sahraouis et leur mère patrie, le Maroc?
  • Est-ce logique de brader tous les acquis sociologiques contre l'ambition de créer une entité politique ne disposant d'aucune identité et ne vérifiant aucune des conditions légales nécessaires à la formation d'un Etat?

Proclamer un «Etat sahraoui» est encore plus absurde que le fait d'adopter le discours de la «libération nationale». En effet, les éléments sur lesquels le Polisario fonde ses manœuvres mystificatrices  sont sans valeur ni portée aucune, notamment si l'on tient compte des éléments suivants :

  • L'existence de liens religieux communs entre les habitants du Sahara et le reste du Maroc.
  • L'existence de liens sociologiques -tribaux et claniques- entre le sud du Maroc, son nord et son centre.
  • La force des liens de souveraineté entre les habitants du Sahara et l'autorité légale marocaine, incarnés à travers les actes de la Beïa (allégeance).
  • La spécificité géographique de la région du Sahara ne saurait justifier sa sécession du Maroc.
  • L'impossibilité de tenir un discours de libération puisque le Maroc ne peut être considéré comme colonisant cette région, qui plus est, fait partie intégrante de son territoire national.
  • L'absence d'une légitimité historique et territoriale, et encore moins populaire, qui permettrait au Polisario de fonder un Etat.

Pour rappel, la Cour Internationale de Justice (CIJ) avait reconnu -lorsqu'elle a émis, le 16 octobre 1975, son Avis consultatif sur la question du Sahara- que ce territoire n'a, à aucun moment, été une terra nullius (terre sans maître) et avait attesté de l'existence de liens historiques et d'allégeance entre les habitants de cette région et les sultans du Maroc.

V.  L'instrumentalisation de la question des droits de l'homme

Pour concrétiser ses desseins sécessionnistes contre le Maroc, le Polisario alterne, sur le plan extérieur, provocations militaires et campagnes diplomatiques, et,  au niveau interne, il use de favoritisme envers les adjuvants de ses thèses et de répression de toute forme de contestation. Toutefois la caractéristique fondamentale de ce mouvement séparatiste reste l'attention obsessionnelle qu'il accorde à l'aspect sécuritaire au sein des camps, aux dépens de l'aspect humanitaire ; ce qui transforme la vie des populations séquestrées en un atroce calvaire.

En effet, le Polisario veille à séparer les enfants des séquestrés de leurs familles dans l'objectif d'effacer tous les liens sociaux et psychologiques de nature à les pousser à regagner leur mère patrie, le Maroc, et de s'y réunir avec leurs proches. Dans ce cadre, les prétendues actions d'éducation sociale menées dans les camps de séquestration ne sont, en fait, qu'un ensemble de procédés d'endoctrinement idéologique et d'incitation à la haine auxquels les enfants sont soumis dès leur bas âge ; l'objectif étant la destruction de leurs référents identitaires en vue de les assimiler à un imaginaire «peuple sahraoui».

Ainsi, les enfants sont -par l'intermédiaire de l'Algérie-  déportés vers Cuba où ils subissent entraînement militaire et conditionnement idéologique. C'est ce qui a été révélé, en 2006, par de nombreuses sources médiatiques qui ont dévoilé l'existence d'un réseau de déportation des populations des camps de Tindouf vers des îles espagnoles situées sur les côtes du sud, pour les acheminer ensuite vers Cuba qui prend en charge leur endoctrinement selon une idéologie séparatiste articulée autour du discours marxiste dont les leitmotivs sont «la révolte» et «la libération».

Ces mêmes sources soulignent que cette vérité a éclaté suite au naufrage, dans les environs du littoral marocain, de trois barques qui transportaient des sahraouis destinés vers Cuba, et dont la plupart ont péri dans cet incident. Il est à souligner que certains milieux espagnols sont également impliqués dans ces opérations, dans la mesure où, moyennant des sommes considérables, ils fournissent aux instigateurs de ce trafic d'humains les documents légaux nécessaires au voyage des déportés après que ceux-ci aient été présentés aux médias comme des «réfugiés» scandant des propos anti-marocains.

Il s'agit, dans ce cas, d'un nouveau trafic d'humains mené par un réseau de la criminalité organisée formé par les dirigeants du Polisario et leurs complices algériens.

De ce fait, lorsque l'on parle d'instrumentalisation de la question des droits de l'Homme, l'on entend les manœuvres mystificatrices dont use le Polisario, devant les médias internationaux, pour se présenter, fallacieusement, en tant que victime, masquant ainsi les violations graves des droits de l'Homme ayant cours dans les camps de séquestration. Or, cette stratégie consistant à instrumentaliser la question des droits de l'Homme à des fins sécessionnistes, a été dévoilée et dénoncée par le Maroc qui attiré l'attention de l'opinion internationale sur les violations graves des droits des marocains séquestrés dans les camps de Tindouf. Pour ce faire, le Maroc a lancé plusieurs appels à l'adresse de la Communauté internationale et a organisé, à cet effet, nombre de conférences et de colloques internationaux auxquels ont assisté des représentant des Nations Unies, auprès des acteurs de la société civile aussi bien nationaux qu'internationaux. En outre, le Maroc a levé le voile sur le rôle de l'Algérie dans ce drame humanitaire, en prouvant que celle-ci cautionne toutes les exactions commises à l'encontre des séquestrés et qu'elle est directement responsable de leurs souffrances quotidiennes. En effet, en parrainant les milices armées du mouvement séparatiste, les services de renseignements militaires algériens, commanditent les séances de torture auxquelles sont soumis tous les séquestrés qui manifestent leur désapprobation à l'égard de la politique dictatoriale menée par les dirigeants du Polisario. Ces faits ont été corroborés par des rapports émanant d'ONG internationales, telle que la Fondation «France-libertés» qui a révélé l'atrocité des pratiques de barbarie auxquelles sont soumis les séquestrés marocains, aussi bien civils que militaires, dans les camps du Polisario.

Toujours dans le cadre de son travestissement de la question des droits de l'Homme, le Polisario tente de téléguider des manifestations à l'intérieur des milieux universitaires marocains, et lorsque les forces de l'ordre marocaines interviennent pour rétablir l'ordre public et assurer la protection des citoyens, le mouvement séparatiste mène un tapage médiatique contre ces interventions. Peut-être les dirigeants du Polisario auraient-ils préféré que les autorités marocaines restent en spectateurs devant les actes de vandalisme  que certains éléments perturbateurs, commandités par le mouvement séparatiste, commettent dans certaines villes marocaines ?

Sur un autre plan, et en vue de maintenir le blocus sur la situation inhumaine qui règne dans les camps de Tindouf, le Polisario n'hésite pas à intimider les journalistes et les militants des ONG internationales qui tentent d'enquêter sur les exactions commises dans les camps de séquestrations. Ainsi, le 02 mai 2007, deux journalistes australiens -Violetta Ayala et Daniel Fallshaw- avaient été interpellés par les milices armées du Polisario alors qu'ils réalisaient un film documentaire sur la situation alarmante des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf.

VI.  Le polisario, de la fissuration à la décomposition

L'absence de toute forme de démocratie interne, l'enrichissement de certains au détriment d'autres, la propagation du clientélisme et de la corruption, etc., tous ces facteurs ont entraîné la scission du polisario. Devant cette situation en constante dégradation, et en réponse à l'appel solennel de Feu Hassan II «la patrie est clémente et miséricordieuse», une grande partie des dirigeants du Polisario ont rallié leur mère partie, le Maroc.

Ainsi, en seulement 15 ans après cet appel, plus d'un tiers de la Direction du Polisario ont regagné, et continuent de rejoindre le Royaume. En effet, après le ralliement de Omar Hadrami et d'Ibrahim Hakim -anciens hauts dirigeants et membres fondateurs du Polisario- ce fut au tour de Lahbib Ayoub, co-fondateur du mouvement séparatiste et l'un de ces emblématiques chefs militaires, de renouveler son allégeance au roi Mohammed VI qui l'a reçu en 2002 ; il fut suivi, en 2005, par Hammati Rabbani, ancien ministre du Polisario. Mahjoub Ould Mohamed Salem Ould Raha étant le dernier rallié en date, accompagné de 11 personnes.

L'ensemble des anciens hauts responsables et cadres du Polisario qui ont rallié le Maroc expriment leur soutien et accueil favorables à la proposition d'autonomie de la Région du Sahara et la considèrent comme la solution idéale à même de délivrer les populations séquestrées dans les camps de Tindouf de la poigne des dirigeants du Polisario et leurs parrains algériens, et de leur permettre, après plusieurs années de privation et de calvaire, de rallier leur mère patrie où tous leurs droits sont garantis.

Ces vagues de ralliements au Maroc traduisent l'attachement des populations du Sahara à la souveraineté marocaine et renseignent sur la décadence idéologique du Polisario, une décadence qui a été décriée par ses propres dirigeants qui ont fini par découvrir l'illégitimité et l'illégalité des thèses qu'il avaient eux-mêmes véhiculées et défendues.

Sur un autre plan, ces défections et ces ralliements ont permis de dénoncer les exactions commises par le commandement du Polisario et son implication dans les affaires de détournement des aides humanitaires qui alimentent des entreprises d'enrichissement personnel aux dépens de la situation des séquestrés.

Ces défections, conjuguées à la précarité de la situation économique et sociale des populations séquestrés dans les Camps de Tindouf, ainsi qu'à l'autocratie et le totalitarisme qui caractérisent la gestion interne du mouvement séparatiste, ont accéléré son implosion, donnant naissance à des mouvements dissidents, tel que «Khat Achahid» qui a été constitué vers fin 2003. Ce dernier a été fondé par Mahjoub Salek, et se constitue de 15 anciens membres du Polisario, contestant la Direction actuelle et défendant des principes qui peuvent se résumer en ce qui suit :

  • La contestation de la représentativité des populations sahraouies par la Direction actuelle du Polisario.
  • La dénonciation de la mauvaise gestion financière et administrative du Front.
  • La dénonciation de la politique de corruption et de clientélisme poursuivie par les dirigeants du Polisario.
  • Le rejet de la politique de mendicité suivie par le Polisario.
  • Le refus de l'instrumentalisation de la situation des séquestrés et de l'enrichissement de certains à leurs dépens.
  • L'appel à une amélioration des conditions de vie dans les camps.

Il importe également de souligner que «Khat Achahid» a annoncé, à maintes occasions, sa prédisposition à négocier avec le Maroc sur la base de l'autonomie, précisant que la proposition marocaine constitue une alternative à la situation d'impasse à laquelle la Direction a amené le dossier du Sahara au bout de plus de 30 années de tergiversations. Dans ce sens, Mahjoub Salek, porte parole de «Khat Achahid» avait déclaré que l'option de l'autonomie constitue le moyen idéal pour les populations sahraouies d'exprimer leur volonté et de concrétiser leurs ambitions loin de la pression du commandement algérien.

Pour ce faire, «Khat Achahid» appelle à l'organisation d'élections libres et démocratiques pour se libérer de l'emprise de dirigeants actuels du Polisario.

Dans ce contexte, il est à rappeler que l'éclatement et les dissensions qui secouent le Polisario ne sont pas récents mais que, bien au contraire, ils sont le résultat d'un cumul des agissements frauduleux de ses dirigeants et constituent l'issue inévitable des contradictions qui ont toujours caractérisé sa structure interne incarnée dans une Direction fantomatique inféodée au commandement algérien. En effet, depuis plus de 15 ans, les symptômes de la décomposition ont commencé à se manifester dans les structures du Polisario. Avec l'émergence de Khat Achahid, l'effritement de cette entité chimérique est devenu imminent après tant d'années d'échecs diplomatiques et politiques, d'autant plus que le mouvement dissident constitue l'étendard d'un mécontentement général des populations séquestrées dans les camps de Tindouf qui décrient ce groupe séparatiste qui les a entraînées, malgré elles, dans un conflit illégitime.

Conclusion

Il est désormais plus qu'évident que le Polisario n'est autre qu'un groupuscule de mercenaires installé sur le sol algérien et agissant grâce au soutien du commandement militaire de ce pays.

Par ailleurs, eu égard à l'illégitimité de ce mouvement séparatiste et à son incapacité à ériger une entité étatique indépendante au Sahara - car ne vérifiant aucune des conditions nécessaires à la formation d'un Etat - et étant donné l'illicéité des arguments sur lesquels le Polisario fonde ses thèses, combinées à son discours belliqueux et anachronique et aux manœuvres  dolosives de ses dirigeants (instrumentalisation de la question des droits de l'Homme, violations des règles du droit international, crime organisé et prédisposition au terrorisme), tous ces éléments ont démasqué la vraie nature de ce groupe sécessionniste et ont dévoilé au grand jour son caractère autocratique et l'approche dilatoire avec laquelle sa Direction a traité le dossier du Sahara depuis sa naissance artificielle.

En revanche, le Maroc, déterminé à défendre son intégrité territoriale et à préserver son unité nationale, s'est toujours montré prédisposé à coopérer avec les Nations Unies ; et ce dans le cadre d'un conflit plus que trentenaire.

Dans cet esprit, et conformément à son engagement à œuvrer à la recherche d'une solution juste et équitable à ce différend artificiel, le Maroc a pris une initiative, aussi flexible que courageuse, en vue de clore définitivement ce dossier qui hypothèque l'avenir économique de la région dans son ensemble et fait obstacle à son développement.

A travers cette initiative, le Maroc aspire également, et surtout, à mettre fin aux souffrances quotidiennes de ces milliers de sahraouis séquestrés dans les camps de Tindouf, de manière à leur permettre de regagner leur mère patrie où ils pourront s'intégrer dans le processus de développement des provinces du Sud du Royaume, dans le cadre d'une large autonomie qui leur permettra de gérer, selon les règles et principes démocratiques, leurs propres affaires.

 

Abdelhadi Arabe
Docteur en sociologi
03/10/2012