Avec le développement du conflit autour du Sahara, plusieurs Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont montées au créneau pour dénoncer et dévoiler à l'ensemble de la Communauté internationale la situation de non-droit régnant dans les camps de Tindouf. Des dizaines de rapports, notamment ceux réalisés par l'ONG britannique Amnesty International (AI) et par l'ONG américaine Human Rights Watch (HRW), confirment que dans ces camps, sis en terre algérienne, la population est retenue contre son gré. Ce qui représente une atteinte grave au principe de base des droits humains, en l'occurrence, la liberté de circulation. Ainsi, AI, dans son rapport, au titre de l'année 2010, portant sur la situation des droits de l'Homme dans le monde, s'est penchée sur la situation catastrophique des Marocains issus des provinces du sud, séquestrés depuis plus de 35 ans dans les camps de Tindouf, une prison à ciel ouvert en plein milieu du Sahara. L'ONG britannique dénonce particulièrement l'impunité dont jouissent les dirigeants du Front séparatiste, auteurs de violations flagrantes des droits de l'Homme. Des violations pouvant être considérées comme étant des crimes contre l'humanité.

L'on relève que depuis l'éclatement du différend du Sahara, les structures de commandement du Front séparatiste et celles de la prétendue République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) n'ont pas changé d'un iota. Mohammed Abdelaziz concentre tous les pouvoirs. Il est chef du Front Polisario depuis 1976 et président de la soi-disant RASD depuis 1982. De même, le pouvoir oligarchique polisarien, composé de leaders historiques du Front, continue à faire appel aux mêmes figures politiques. Ce qui confine le paysage politique polisarien dans sa configuration initiale à des différences près. De même, offusquée par la posture hypocrite du Polisario, Amnesty déplore dans son rapport, qu'aucune mesure n'ait été prise « pour mettre fin à l'impunité dont bénéficiaient ceux qui étaient accusés d'avoir commis des atteintes aux droits humains dans les camps durant les années 1970 et 1980 ».

Il va sans dire que l'ONG a pu constater de visu les abus flagrants des droits de l'Homme perpétrés par les tortionnaires du Front séparatiste. Celui-ci monopolise le discours politique. Ainsi, toute personne qui affiche publiquement son désaccord avec les orientations politiques générales du Front Polisario est écartée de facto de la scène politique sahraouie. Il s'agit d'un moyen de dissuasion efficace pour confiner toute lueur de dissidence dans les camps. Preuve à l'appui, aucun mouvement de dissidence, d'action collective, de média ou d'organisation importante quelle que soit sa forme, ne peut défier ouvertement la légitimité du Front Polisario en tant que « seul et unique représentant du peuple sahraoui », et par ricochet, le seul porte-parole de celui-ci. Les déclarations faites par Moustapha Salma Ould Sidi Mouloud, ancien Inspecteur général de la « police » du Front Polisario, en faveur du Projet Marocain d'Autonomie (PMA), corrobore ce constat. Ould Sidi Mouloud, suite à ses déclarations, avait été abusivement arrêté, séquestré puis expulsé manu-militari du territoire algérien vers la Mauritanie. En effet, le PMA, destiné aux provinces du sud, ne peut être publiquement débattu au niveau des camps de Tindouf par la population sous peine de représailles du front. En ce sens qu'un débat franc et ouvert serait perçu comme une menace pouvant mettre en péril toute l'ossature du pouvoir polisarien. 

08/10/2012