Le Polisario n’est pas un Mouvement de Libération Nationale

Si un Mouvement de Libération Nationale peut se définir comme une organisation émanant de peuples dominés par des Etats étrangers (colonialisme ou occupation étrangère), une organisation séparatiste inscrit son action dans la perspective d’une sécession d’un Etat national préexistant (ou fédéral). Autrement dit, un mouvement de sécession n’est pas nécessairement l’émanation d’un « peuple », et encore moins d’un « peuple opprimé ».

 

Aussi, certaines organisations, à l’instar du Polisario, ambitionnent-elles, par des artifices manipulatoires, de s’identifier aux Mouvements de Libération Nationale. Ces derniers cherchent en effet à libérer les peuples dont ils procèdent, du joug du colonialisme ou d’une occupation étrangère.

 

En effet, le Maroc n’est pas un pays colonisateur puisque le Sahara lui appartenait avant sa colonisation par l’Espagne en 1884 qui proclama unilatéralement un « protectorat sur la côte d’Afrique du cap Boujdour au cap Blanc ». En 1912, date à laquelle une partie du Maroc devient un protectorat français, le Royaume se trouve alors partagé entre la France et l’Espagne. Si l’occupation du Maroc par des forces étrangères s’est réalisée par étapes, il en est de même pour sa décolonisation.

Ainsi, en 1956, la France rétrocède au Maroc la partie du territoire qu’elle occupe et l’Espagne lui restitue, une partie de sa zone nord. En 1958, l’Espagne rétrocède Tarfaya et Tan-Tan. En 1969, elle restitue Sidi Ifni, sans régler la question du Sahara. Alors que le Maroc continue à œuvrer pour le recouvrement de son intégrité territoriale, se crée, en 1973, à l’initiative d’Alger, le Front Polisario, une organisation indépendantiste d’extrême gauche, dont la vocation était l’indépendance pure et simple du Sahara marocain. 

 

Suite à la saisine par le Maroc, de l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1974, la Cour Internationale de Justice (CIJ), est invitée à se prononcer sur certains points juridiques relatifs au Sahara avant sa colonisation par l’Espagne. Elle  rendra son avis consultatif le 16 octobre 1975 en concluant que le Sahara Occidental n’était pas un « territoire sans maître » au moment de sa colonisation par l’Espagne et reconnaît « l’existence, au moment de la colonisation espagnole, de liens juridiques d’allégeance entre le Sultan du Maroc et certaines tribus vivant sur le territoire du Sahara Occidental ». Suite à cet avis, le Maroc conduit le 6 novembre 1975, sous l’impulsion de Feu SA Majesté Hassan II, une « marche verte » pour la récupération de son Sahara. Ce qui s’est traduit concrètement par la récupération de Saguia El Hamra en février 1976 et de Oued Eddahab en 1979. En parallèle, la « RASD » fut créée en 1976. 

 

Ainsi, en cette période de guerre froide et d’affrontement entre deux blocs, il était question d’empêcher le Maroc de finaliser sa décolonisation : le Royaume étant du bloc occidental et le Front Polisario, créé par le pouvoir algérien, est une émanation du bloc soviétique.

 

Le Polisario est donc une excroissance de puissances étrangères focalisées sur l’affaiblissement du royaume. Cette organisation ne jouit d’aucune légitimité, historique, territoriale et populaire.

 

Il en résulte que si au regard du Droit International, la lutte contre l’occupation étrangère et le colonialisme est considérée comme légitime et légale, les mouvements séparatistes, quant à eux, ne jouissent aucunement, toujours sur le plan de la légalité internationale, de cette légitimité, ni au niveau de leur « cause », ni à celui de leurs actions. En bref, le Droit International condamne les mouvements séparatistes dans la mesure où ils constituent une menace à la paix et à la sécurité internationales en portant atteinte à l’unité et à l’intégrité territoriale des Etats. Car les mouvements séparatistes déploient leur « lutte » à l’intérieur d’Etats constitués, c'est-à-dire des sujets de droit international, dont l’existence, la souveraineté et l’intégrité territoriale ne sont pas remises en cause par le droit international.

D’où l’ineptie et l’illicéité, aux niveaux, national et international, du discours du Polisario qui assimile systématiquement l’autodétermination à l’indépendance.

 

Par ailleurs, la communauté internationale doit prendre garde à cette appropriation illégitime par le Polisario de la qualité de « Mouvement de Libération Nationale ».

En effet, le droit international considère comme légitime, la lutte d’un Mouvement de Libération Nationale en quête de son affranchissement du joug du colonialisme. Ce faisant, il est à craindre que le Polisario n’ait recours au terrorisme sous couvert d’une « lutte de libération nationale ». A ce titre, il convient de rappeler que cette organisation séparatiste porte en elle les germes d’une menace à la paix et à la sécurité internationales. En déshérence d’objectifs suite à la fin de la guerre froide, et connaissant un déficit stratégique qui va crescendo, il n’est nullement exclu qu’elle soit récupérée par « Al Qaïda » via sa tentacule locale « Al Qaïda aux pays du Maghreb ». Surtout que l’on assiste à une recrudescence des opérations terroristes d’Al Qaïda dans la région du Maghreb. Les actions meurtrières d’Alger et celles, avortées de Casablanca du mois d’avril 2007, avaient pour dessein d’être érigées en « actes fondateurs », au Maghreb, de l’organisation « Al Qaïda aux pays du Maghreb ». Le Polisario pourrait alors devenir la tête de pont dans la région et servir de base arrière sur le plan logistique et de l’entraînement. 

 

Nabil Lamrani
03/10/2012