Rabat - L'idéologie sécuritaire algérienne adopte la même logique que celle des extrémistes et ne prête aucun intérêt à la vie des otages, a estimé Mohamed Dharif, un expert en mouvements islamistes, en commentant la gestion par les autorités algériennes de la crise des otages sur le site gazier de In Amenas.

"Si les extrémistes croient en la violence et l'utilisent, les sécuritaires algériens sont convaincus que la riposte à la violence reste la violence sinon une violence encore plus accrue", a indiqué M. Dharif, professeur de sciences politiques à l'université Hassan II de Mohammedia, dans un entretien mardi à la MAP. 

 

"La gestion sécuritaire en Algérie est assujettie à une position politique basée sur deux principaux éléments: aucune négociation avec ceux qu'Alger considère comme des terroristes et le refus de laisser participer un quelconque Etat étranger à la gestion de la question sécuritaire interne", a-t-il expliqué. 

 

"Ce sont ces deux éléments qui déterminent somme toute la façon avec laquelle est gérée la question sécuritaire algérienne", a ajouté M. Dharif. 

 

Et l'analyste politique de souligner que "les autorités algériennes ont refusé toute négociation et opté pour l'usage de la violence ce qui explique le grand nombre de victimes tombées". Car, a-t-il dit, "l'Algérie ne prête généralement aucun intérêt aux otages et se préoccupe davantage à infliger une grande défaite aux ravisseurs", rappelant, dans ce contexte, que nombre de pays, dont les ressortissants figuraient parmi les otages, ont critiqué avec virulence la gestion de la crise des otages par Alger.

22/01/2013