Le calvaire du militant sahraoui Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud semble perdurer davantage. En effet, face à la réticence de l'Algérie et du front séparatiste de permettre le retour de ce sahraoui à Tindouf, cet ancien haut cadre du Polisario a décidé d'observer un sit-in devant le bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) à Nouakchott, en Mauritanie, réclamant ainsi son droit légitime de retrouver sa famille et ses enfants dans les camps situés au Sud-ouest de l'Algérie.

Sans revenir sur l'histoire tragique de ce militant sahraoui qui a ouvertement soutenu le Projet Marocain d'Autonomie, l'affaire « Ould Sidi Mouloud » constitue une illustration patente de l'idéologie moniste qui caractérise la direction du Polisario. Elle témoigne également du fait que l'Algérie, Etat d'asile, ne cesse de violer ses obligations internationales en matière de droit des réfugiés.

L'entêtement algérien : Une atteinte flagrante au principe de « l'unité de la famille »

Refusant la proposition du HCR de s'exiler en Finlande, Mustapha Salma ne cesse de réitérer son droit légitime de revenir aux camps de Tindouf pour retrouver sa famille et défendre ses positions politiques. En effet, l'interdiction à ce sahraoui de retrouver sa famille constitue une violation manifeste du droit international. Ainsi, l'« Acte final de la conférence des plénipotentiaires des Nations unies sur le statut des réfugiés et apatrides » annexé à la Convention de Genève de 1951, insiste sur le respect du principe de « l'unité de la famille ». Cet acte dispose, sans équivoque, que « (...) l'unité de la famille, cet élément naturel et fondamental de la société, est un droit essentiel du réfugié, (...) » et qu'il revient aux Etats d'asile de l'observer scrupuleusement. Cet acte final a également recommandé « aux gouvernements de prendre les mesures nécessaires pour la protection de la famille du réfugié et en particulier pour : Assurer le maintien de l'unité de la famille du réfugié (...) ». Il en découle que les revendications légitimes de Ould Sidi Mouloud de retrouver sa famille à Tindouf sont juridiquement fondées et défendables. Certes, le HCR n'a aucun pouvoir de tutelle sur l'Etat algérien, mais il n'en demeure pas moins que cette instance onusienne devrait veiller au respect des principes sur lesquels se fonde l'édifice juridique en matière d'asile. De surcroît, le HCR devrait faire état de ces violations dans ses différents rapports.

Par ailleurs, en refusant à Ould Sidi Mouloud l'accès au territoire algérien, l'Algérie viole les dispositions de la Convention de Genève du 28 juillet 1951, relative au statut des réfugiés, notamment son article 32, car cette interdiction équivaut à une expulsion sans motif valable.

L'affaire « Ould Sidi Mouloud » : Une illustration de la violation de la liberté d'expression dans les camps de Tindouf

L'affaire « Ould Sidi Mouloud » dément à l'évidence les allégations captieuses de la direction oligarchique du Polisario sur le prétendu respect de la liberté d'expression dans les camps de Tindouf. Le front séparatiste ne tolère nullement les avis contraires à la ligne que lui avait tracée Alger. Il procède à l'élimination de tout avis ou position qui ne s'inscrit pas dans le cadre des thèses qu'il défend. L'Algérie permet au Front Polisario de se prémunir contre toute condamnation internationale et cautionne même ses pratiques.

Mustapha Salma a le droit de regagner les camps de Tindouf et d'exprimer librement sa prise de position politique. Rappelons qu'en vertu de l'article 67 de la « Déclaration et programme d'action de Vienne », adoptés par l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies le 25 juin 1993, l'Algérie a l'obligation internationale, non seulement de veiller au respect de la liberté d'expression sur son territoire mais aussi de promouvoir l'exercice de celle-ci. Cette obligation est également affirmée dans l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948.

Devant ces violations systématiques des droits de ce « sahraoui », et en l'absence de toute pression internationale sur Alger pour permettre son retour à Tindouf, quel sera son sort et celui de sa famille ? La Communauté internationale observera-t-elle pour longtemps le silence vis-à-vis d'une situation aussi tragique ?

 

Abdelhamid FILALI

08/10/2012