Brahim Ghali avec Chaabane Nounakel, directeur de la Radio Nationale d’Algérie.

Le juge espagnol Baltasar Garzon saisi d’une plainte contre Ahmed Boukhari et Brahim Ghali, avait déclaré le Polisario organisation terroriste et ses représentants ont été expulsés d’Espagne conformément à une décision prise par le gouvernement de Felipe Gonzales.  Les autorités espagnoles ont expulsé le représentant du Polisario à Madrid et ont déclaré ce mouvement comme une organisation terroriste. Ses bureaux ont été fermés et ses représentants dans toutes les régions d’Espagne ont été expulsés. Bien que difficile à croire, pour certains, cette information est vraie. Mais, elle correspond au 29 septembre 1985. Car, il y a exactement 28 ans, l’Espagne avait déclaré le Polisario comme étant une organisation terroriste. Cette décision avait été prise au lendemain d’une attaque terroriste contre un chalutier canarien, «El Junquito», et «El Tagomago» un patrouilleur des forces armées navales espagnoles. En effet, le 20 septembre 1985, le chalutier espagnol avait été attaqué par le Polisario alors qu’il se trouvait dans les eaux internationales à plus de 12 miles de la région de Boujdour. Cette attaque avait été soldée par la mort d’un marin-pêcheur et la séquestration de six de ses compagnons qui ont été conduits à une prison dans les camps de Tindouf. Le 21 septembre, un patrouilleur de l’armée espagnole qui naviguait dans les parages à la recherche des marins espagnols a fait l’objet d’une attaque massive par des roquettes. Bilan : un soldat mort et une cinquantaine de blessés. Ces deux attaques avait été précédées par plusieurs autres. Les attaques du Polisario contre des civils espagnols ont commencé en 1977 et ont fait 19 morts et plus de 50 séquestrés dont certains n’ont jamais été retrouvés selon des associations de défense des victimes du terrorisme. Mais, l’Etat espagnol avait réagi avec fermeté à l’agression de septembre 1985. Un acte qui avait été dénoncé à l’unanimité par les partis politiques espagnols représentatifs. Javier Solana, le responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, alors ministre porte-parole du gouvernement espagnol, avait déclaré au terme d’un Conseil de gouvernement, que l’Etat espagnol avait décidé d’expulser tous les représentants du Polisario et de fermer tous les bureaux de cette «organisation terroriste» en Espagne. Le représentant du Polisario à l’ONU, Ahmed Boukhari, alors délégué à Madrid, avait été conduit manu militari à l’aéroport Barajas et expulsé vers l’Algérie. Les dizaines de victimes espagnoles du Polisario ont été reconnues comme étant des victimes du terrorisme et ont obtenu le droit de bénéficier des indemnités que reçoivent les victimes de l’organisation terroriste basque ETA. Aujourd’hui, plusieurs associations espagnoles ont décidé de faire du 29 septembre une occasion pour organiser des actes commémoratifs à la mémoire des victimes du Polisario et exiger que les responsables du Polisario comme Brahim Ghali et Ahmed Boukhari, entre autres, soient poursuivis et jugés pour terrorisme. Le juge d’instruction de l’Audience nationale, Baltasar Garzon, a reçu une lettre dans ce sens émanant de plusieurs associations de défense des victimes du terrorisme. Un collectif associatif dont l’Association des victimes du terrorisme des Canaries (ACAVITE) prépare actuellement une série de manifestations pour exiger l’ouverture d’une enquête et la poursuite des responsables notamment ceux qui se trouvent actuellement en Espagne. La présidente de l’Association canarienne des victimes du terrorisme (Acavite), Lucia Jiménez, a souligné que le ‘polisario’ est un groupe terroriste au même titre que d’autres groupes qu’a connus l’Espagne, tels le mouvement Grapo et l’organisation basque ETA. L’Espagne a, hélas, connu différents groupes terroristes, comme le Grapo, ETA ou le front polisario», mais, «aux Iles Canaries, la vision idéaliste qu’on avait des mouvements de libération, faisait qu’on les présentait tout autrement. «On voulait créditer l’idée qu’ils ne tuaient pas, alors qu’en réalité, ils assassinaient. On n’aimait pas dire d’eux qu’ils séquestraient des innocents, alors qu’en réalité ils l’ont fait, quand ils ont mitraillé des bateaux et les ont fait couler, sans qu’on ait jamais retrouvé les corps», a dit Mme Jiminez, dans une déclaration à l’agence Europapress, après avoir assisté dimanche à Madrid à la cérémonie en hommage aux victimes du terrorisme, présidée par le Roi Juan Carlos d’Espagne et la Reine Sofia, au Congrès des députés, à l’occasion de la Journée des victimes du terrorisme. «Cela ne peut pas être toléré dans un Etat de droit et de démocratie», a martelé la présidente de Acavite, rappelant les attentats perpétrés par les éléments du ‘polisario’ contre les employés de ‘Fosboucraa’ à Laâyoune et les bateaux de pêche canariens, qui opéraient dans la zone située entre le Sahara et les Iles Canaries, dans les années 70 et le début des années 80. Elle a qualifié d’«historique» cette cérémonie pour les 300 familles des victimes canariennes qui, déplore-t-elle, ont été oubliées pendant trois décennies. «Pour nous, c´est un grand jour historique», en ce sens que cet acte donne enfin une visibilité institutionnelle et permettra de faire sortir de l’oubli les victimes canariennes des attentats terroristes brutaux du polisario, a ajouté Jiménez, fille de Francisco Jiménez Santana, victime d’un attentat terroriste des séparatistes, perpétré au Sahara en 1976. Elle a amèrement déploré que pendant 30 ans les victimes du ‘polisario’ ont souffert de la propagande d’une mouvance pro-polisario, qui demeure incompréhensible. Durant des années, les victimes ont été désorientées, appauvries et jetées dans l’oubli, a-t-elle regretté. Mme Jiminez a rappelé, par ailleurs, que lors des premières journées à la mémoire des victimes du terrorisme, tenues le 27 mars dernier aux Canaries, le président du gouvernement autonome, Paulino Rivero, s’était engagé à promouvoir la «Loi Canarienne des victimes» du terrorisme, à l’instar de celle édictée dans le reste des Communautés espagnoles..

Hamid Chriet ,Géopolitologue-Philosophe

18/01/2013