Face à l’adoption par le Parlement suédois d’une motion irréfléchie incitant à reconnaitre une entité imaginaire aux accointances avérées avec les pires réseaux criminels sévissant dans la région du Sahara et du Sahel, la réaction du gouvernement de Stockholm ne s’est pas fait attendre : il s’agit d’une motion qui n’a aucun impact sur la politique étrangère de la Suède et surtout sa position officielle vis-à-vis d’une question dont les destinées sont entre les mains de l’ONU.

Déjà dans leur note de réserve adressée à la commission des Affaires étrangères du Parlement, alors qu’elle adoptait ce texte farfelu et anachronique, les partis de la coalition gouvernementale suédoise représentés par plus de 170 députés ont fait valoir sans ambages le caractère anticonstitutionnel de cette motion. Ce n’est pas au Parlement d’émettre des avis en matière de droit international, encore moins de reconnaitre des États. Il s’agit d’une prérogative du gouvernement qui ne peut de toute manière reconnaitre une entité qui n’a pas les attributs d’un État, lit-on en substance dans cette note de réserve.

La position du gouvernement suédois est irréfragable. Par la voix de son porte-parole, le ministère suédois des Affaires étrangères a confirmé le refus du gouvernement de commettre un impair en reconnaissant un État qui n’existe que dans l’imaginaire d’une poignée d’individus qui ne sont pas à une incartade près, obnubilés qu’ils sont pas leurs élucubrations chimériques et leur vision irrationnelle.

 

Même le groupe du Parti des Verts, membre de l’opposition à l’origine de cette motion, s’est rendu compte de la supercherie en se désolidarisant d’une manœuvre aux motivations bassement politiciennes. Mehmet Kaplan, chef de ce groupe au Parlement suédois, a tenu, lors du débat parlementaire, à souligner combien le plan d’autonomie, présenté par le Maroc, reste la voie la plus judicieuse pour un règlement définitif de la question du Sahara, non sans démystifier l’attitude de certains qui tentent à chaque fois d’exploiter cette question pour servir leurs propres intérêts.

 

Le gouvernement a, quant à lui, montré qu’il reste cohérent dans ses positions. «Le gouvernement de la Suède n’a pas l’intention de reconnaitre la rasd», a déclaré ce porte-parole, qui a précisé que son pays estimait que la pseudo rasd ne disposait pas des conditions légales pour se proclamer en État, à savoir un territoire, un peuple et une autorité effective.

Si le Parlement suédois a cédé à la pression de certains partis d’opposition dans une logique de calculs politiciens, le gouvernement a fait montre, au contraire, d’un sens de responsabilité aux antipodes de l’inconscience et de l’immaturité de certaines sphères cultivant des partis-pris idéologiques tranchés, et prêtant le flanc aux thèses des séparatistes, au point d’afficher leur hostilité au processus de règlement politique en cours de la question du Sahara.

 

Empêtrée dans l’incohérence, la vaine tentative des protagonistes de cette motion n’aura à se prévaloir que d’un seul mérite : unifier le gouvernement suédois et sa coalition autour de l’impossibilité de reconnaitre un État fantoche et éveiller la conscience internationale pour mettre fin au jeu macabre des geôliers des camps de Tindouf qui prennent en otage la vie de milliers de personnes condamnées au calvaire et aux souffrances.

07/12/2012