Le parti pris de certains médias espagnols en faveur du Polisario a été mis en exergue, lors de la quatrième commission de l’ONU à New York.

Les médias échappent-ils à la manipulation de la part d’un individu ou d’un groupe ? C’est une question récurrente dans le traitement des informations et la pratique journalistique, surtout lorsque les médias jouent dans la cour du jeu politique. L’affaire de la chaîne de télévision espagnole Antena 3 et de la famille belgo-marocaine Rachidi en est une parfaite illustration.

Ainsi, durant une conférence de presse en marge du débat général de la 4ème commission de l’ONU, l’avocat de la famille Rachidi, Pierre Legros, et l’auteur Chema Gil, expert sur la question du Sahara, ont relevé le « parti pris de certains médias espagnols en faveur des thèses des séparatistes, souhaitant que cette bavure médiatique sordide puisse leur ouvrir les yeux sur les manipulations du Polisario en vue d’induire en erreur les opinions publiques, notamment espagnoles ». Un acte jugé contraire à la déontologie journalistique et qui constitue une violation flagrante des règles élémentaires de la profession. Il biaise aussi davantage le libre exercice du droit à l’information.

Souvenez-vous lorsque la chaîne espagnole avait diffusé, le 10 novembre 2010, une photo obtenue par l’intermédiaire du « Polisario », montrant les corps de quatre personnes sauvagement assassinées à Casablanca, d’une manière malintentionnée comme étant celle d’une famille sahraouie tuée par les forces de l’ordre lors des incidents du 8 novembre à Laâyoune.

Cette photo avait en fait été prise dix mois plus tôt, le 26 janvier de la même année, à Casablanca par la brigade nationale de la police judiciaire. Chafik Rachidi, un homme présentant des problèmes de santé mentale et âgé d’une trentaine d’années, aurait sauvagement abattu, dans leur appartement, quatre membres de sa famille, sa sœur enceinte, son beau frère, son neveu de sept ans et sa mère. L’image de cette découverte macabre avait été diffusée en boucle par la chaîne espagnole afin d’illustrer la prétendue violence de la police marocaine à l’égard des Sahraouis, a expliqué Pierre Legros, ancien bâtonnier du barreau de Bruxelles, se félicitant que les proches des victimes, aient pu être rétablis dans leur droit.

A noter qu’une plainte sera déposée auprès de la Commission d’Ethique du Collège des Journalistes de Catalogne contre la chaîne de télévision espagnole Antena 3 pour diffusion frauduleuse d’images à des fins politiques par les avocats belges de la famille Rachidi, établie en Belgique.

Le Tribunal de Première Instance de Bruxelles, saisi par la famille des victimes, a en effet condamné la chaîne en juin dernier à payer 300.000 euros de dommages et intérêts pour avoir diffusé de manière répétée cette photo tirée de son contexte afin de manipuler l’opinion publique.

«A l’avenir, les médias, particulièrement espagnols, devront être plus prudents s’agissant de tout ce qui a trait aux séparatistes », a souligné Chema Gil et d’ajouter : « nous savons peu sur ce qui se passe dans les camps, mais ce précédent lèvera quelque peu le voile sur les manœuvres du Polisario pour influencer les médias espagnols ». Il a souhaité, par la même occasion, que ce scandale puisse ramener les Espagnols à plus de raison et d’objectivité concernant tout ce qui était relatif à ce territoire.

01/11/2012