Finalement, le Maroc a eu gain de cause et la ténacité de sa diplomatie a donné ses fruits. Le Conseil de sécurité a adopté, jeudi 25 avril, la résolution 2099 qui proroge d’un an le mandat de la Minurso sans élargissement de ses prérogatives au contrôle des droits de l’homme. On peut même parler d’une double victoire du Royaume dans la mesure où la même résolution réaffirme son appel à l'Algérie pour le recensement des populations dans les camps de Tindouf. Ce qui représente en soi un retournement de situation largement au bénéfice de la position marocaine. Rappelons que le Maroc a toujours demandé un recensement de ces populations séquestrées, sans quoi la thèse du référendum est intenable. En contrepartie, la proposition d’autonomie élargie pour les provinces du sud reste la seule alternative sérieuse et viable pour un règlement politique du différend. En effet, la résolution adoptée à l’unanimité par les 15 membres du CS a conforté la crédibilité de la proposition marocaine, présentée le 11 avril 2007 au SG de l’ONU. Le document met aussi l’accent sur les «efforts sérieux et crédibles déployés par le Maroc pour aller de l'avant vers un règlement». Les quinze ont également salué les efforts de négociation menés jusqu’ici et la perspective d’un cinquième round des négociations directes sous les auspices des Nations-Unies. Retour donc à la normale. Mais en lame de fond, les choses ont beaucoup évolué en faveur du Maroc qui doit capitaliser sur cette avancée en gardant le même rythme en matière d’action diplomatique et de lobbying. Et surtout inscrire les efforts dans une démarche préventive capable d’intercepter les signaux, soient-ils faibles ou forts, de l’évolution du dossier.  Autre point fort, le CS appelle à une reprise du dialogue entre les protagonistes qui tiennent compte des efforts réalisés depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis. Ce qui en d’autres termes correspond à la copie marocaine d’autonomie, car elle constitue l’unique nouveauté depuis 2006. Quant au droits de l’homme proprement dits, le Maroc a donné des signaux d’ouverture en érigeant le CCDH en Conseil national des droits de l’homme (CNDH) et en attribuant à ce dernier des prérogatives se rapportant au suivi du respect des droits de l’homme dans les provinces du sud. Plus encore, le rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur le Sahara et sans compromission aucune, a mis le doigt sur les points faibles de la gouvernance économique dans le sud. Il a présenté un modèle de développement basé justement sur le respect des spécificités du sud marocain, ainsi que sur les potentialités à mettre en relief. Selon Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques (OEG) de Paris, la résolution du 25 avril «clarifie les choses puisqu'elle rend hommage aux incontestables réalisations du Maroc en matière de droits de l'homme au Sahara marocain, notamment la mise en place, à Dakhla et Laâyoune, des commissions régionales du Conseil national des droits de l'homme». Justement, cela fait plus d’une décennie que le Maroc est inscrit dans cette dynamique de renforcement des droits de l’homme, dont la nouvelle Constitution est la consécration.

Matraquage

En peu de temps, la diplomatie marocaine a réussi là où elle est souvent critiquée. Cette mobilisation, qui a pris forme au lendemain de la proposition américaine d’élargir la mission de la Minurso, a permis de comprendre qu’en pareille situation, il vaut mieux que sa voix soit audible. Certes, on ne le dira jamais assez, le Maroc est fort de sa proposition d’autonomie et respectueux des règles de négociation. Mais, il faut faire du matraquage pour donner plus d’écho à ces initiatives. On a l’impression que la résolution adoptée jeudi par le CS s’est carrément érigée en avocat de la démarche marocaine. Une consécration sur laquelle il faut capitaliser pour aller de l’avant. Aujourd’hui, le dossier est inscrit dans sa composante régionale comme indiqué par la résolution. Ce qui implique une prise de conscience de l’UMA de son rôle pour mettre fin à un conflit factice qui n’a que trop duré.

30/04/2013