Union africaine: l’APS prise, encore une fois, en flagrant délit de désinformation

Union africaine: l’APS prise, encore une fois, en flagrant délit de désinformation

L’Algérie, qui jouait sa survie diplomatique ce dimanche 6 février 2022 à Addis-Abeba, n’a finalement réussi qu’à faire pousser les chefs d’Etat africains, dont le credo est le consensus au sein de l’UA, à suspendre le débat, qui était prévu dans l’après-midi de cette dernière journée du Sommet de l’Union africaine, pour discuter le statut d’observateur accordé à l’Etat d’Israël.

 

Suspendu, le débat a été renvoyé au prochain sommet, mais le régime algérien a vite fait de mettre à profit cet ajournement pour alimenter, comme d’habitude, sa propagande mensongère.

 

En effet, l’agence de presse officielle (APS), au lieu d’annoncer que c'était le débat sur le statut d’Israël au sein de l’UA qui avait été suspendu, a écrit que c'était la décision prise par le président de la Commission africaine, Moussa Faki Mahamat, qui avait été suspendue. Une sacrée différence! Ainsi, dans la dépêche de l’APS (ne comportant que le seul paragraphe ci-après) il est écrit que «le Sommet de l’UA, réuni dimanche à Addis-Abeba, a suspendu la décision du président de la Commission africaine, Moussa Faki, d'accorder à l'entité sioniste le statut d’observateur et met en place un comité de sept chefs d’Etat comprenant l’Algérie pour formuler une recommandation au Sommet de l'UA sur cette question».

 

De son côté, le site algérien Echouroukonline a ajouté que la décision du renvoi d’Israël avait été «officialisée» par les chefs d’Etat africains, selon ses sources qu’il qualifie d’algériennes. Sous le titre «Officiel: les chefs d’Etat africains refusent d’accorder à Israël le statut d’observateur au sein l’UA», Echourouk rapporte une prétendue «annulation» de la décision «accordant à l’entité sioniste le statut d’observateur au sein de l’UA… Cette annulation vient couronner les efforts de l’Algérie et d’autres pays, pour contrer le Maroc seul pays arabe à soutenir l’entité sioniste pour siéger au sein de l’UA en tant qu’observateur».

 

Pour sa part, le site Tout-sur-l’Algérie (TSA) n’y va par de main morte et explique que «la décision de l’UA de suspendre le statut d’observateur d’Israël est une grande victoire de l’Algérie qui a exprimé à maintes reprises son opposition à la présence de ce pays (Israël, Ndlr) au sein de l’organisation panafricaine».

 

En réalité, la décision de Moussa Faki Mahamat n’a été ni annulée, ni suspendue, mais l’UA a évité la division que l’Algérie tenait, coûte que coûte, à créer en son sein, car un vote sur la question du statut d’Israël aurait mis à nu une scission au sein d’une organisation qui se veut consensuelle, même si une écrasante majorité de pays africains ont des liens diplomatiques avec Israël.

Finalement, l’UA a choisi de suspendre le débat sur le statut accordé à Israël et de demander à un comité de six chefs d’Etat, dont deux anti-Israël (l'Algérie et l'Afrique du sud), deux pro-Israël (le Rwanda et la la République démocratique du Congo) et deux pays neutres (le Cameroun et le Nigeria), de formuler un avis consensuel sur cette question pour le soumettre au prochain sommet de l’UA.

Hier, samedi 5 février 2022, dans son discours d'ouverture du 35e sommet de l’UA, Moussa Faki Mahamat a ouvertement défendu sa décision d’accorder le statut d’observateur à l’Etat d’Israël, statut que ce pays avait déjà au sein de l’Organisation de l’unité africaine, ancêtre de l’UA.

 

Moussa Faki Mahamat a préconisé «un débat serein», tout en mettant l’accent sur le fait que «l'engagement de l'UA dans la quête d'indépendance des Palestiniens était immuable et ne peut que continuer à se renforcer», ajoutant que l'accréditation d'Israël au sein de l’UA pouvait constituer «un instrument au service de la paix», selon des propos rapportés par l’AFP, ce dimanche 6 février 2022. 

 

Cette nouvelle désinformation de l’agence officielle de la junte algérienne a au moins le mérite de nous renseigner sur l’état d’esprit d’un régime qui cherche à tout prix à proclamer une victoire diplomatique, fut-ce en tordant le cou au réel.

Par Mohammed Ould Boah