L'Algérie interdit l'importation de bétail espagnol en réaction au soutien de Madrid au plan d'autonomie au Sahara occidental

L'Algérie interdit l'importation de bétail espagnol en réaction au soutien de Madrid au plan d'autonomie au Sahara occidental

Dans le sillage du soutien espagnol à l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara, l’Algérie a décidé de fermer son marché aux bovins en provenance d’Espagne. Comme pour l’Italie privilégiée pour le gaz algérien, le voisin de l’Est aurait préféré se tourner vers la France.

Nouveau dommage collatéral du rapprochement Maroc-Espagne. Les autorités algériennes ont commencé, depuis lundi, à mettre en place des entraves bureaucratiques à l’entrée des bovins en provenance d’Espagne. Selon La Razon, ces entraves se sont multipliées au fil des jours et ont rapidement abouti à une fermeture du marché algérien pour les éleveurs et opérateurs commerciaux espagnols.

 

«Cela peut paraître mineur dans le contexte global des relations commerciales entre l’Espagne et l’Algérie, si l’on compare le volume économique des ventes de bétail avec celui des importations de gaz en provenance de ce pays, mais c’est un fait significatif», estime le journal qui considère que cette récente décision, avec celle d’augmenter le prix du gaz vendu algérien vendu à l’Espagne «sont des signes évidents que quelque chose a changé».

 

Les médias espagnols précisent que «la vente de viande bovine à l'étranger est l'un des grands débouchés que ce secteur trouve» actuellement, rappelant que «l'Algérie était jusqu'à présent l'une des principales destinations avec la Libye et le Liban». Ils précisent qu’Alger se tourne désormais vers la France pour ses achats de veaux.  

 

L’Italie et la France pour «punir» l’Espagne

 

Des opérateurs espagnols estiment que le changement dans la géopolitique a été déterminant pour cette décision, en plus du fait que «c’est un pays sans complexe de virements dans ses relations commerciales». En effet, sur ce marché de vaux, l’Algérie tend sa main à la France, après plus d’un an de suspension des relations.

 

Quant aux exportations de gaz, Alger privilégie désormais l’Italie au grand dam de l’Espagne. Lundi, Alger et Rome ont signé un accord portant sur l’augmentation des livraisons de gaz, à l’occasion de la visite du chef du gouvernement italien Mario Draghi en Algérie. La semaine dernière, le gouvernement espagnol a confirmé la décision de l’Algérie d’augmenter les prix du gaz destiné à l’Espagne, qui fait suite à une série de menaces par les responsables algériens.

 

La presse espagnole rappelle que l’indice des prix du mois de mars fait état d’une augmentation importante de la composante alimentation et, surtout, de la composante énergétique. Elle rappelle que la récente augmentation des prix du gaz algérien ne se reflétera que dans les prochains mois, alors que «tout porte à croire que cette tendance à la hausse des denrées alimentaires et des carburants est là pour durer, du moins à court et à moyen terme».

 

A noter que les réactions de l’Algérie visant à «punir» l’Espagne, interviennent après le changement de la position espagnole sur le Sahara occidental. Dans une lettre adressée, le 14 mars, au roi Mohammed VI, le chef du gouvernement espagnol a considéré l’initiative d’autonomie proposée par le Maroc à la province comme «la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend».

 

L'Algérie n’a pas caché son irritation suite à la nouvelle position espagnole. Le voisin de l’Est a ainsi convoqué, la même semaine, son ambassadeur à Madrid pour des consultations, pointant un «brusque revirement de position de l'ex-puissance administrante du Sahara occidental».