Les raisons de l’inquiétude du Polisario à quelques semaines du sommet de l’UA

Après les camps de Tindouf, le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Luwellyn Landers, s’est rendu hier à Alger, pour s’entretenir avec Abdelkader Messahel.

 

La réunion a été l’occasion pour examiner la coordination entre les deux pays «tant au niveau continental qu'au niveau des Nations unies, qu'il s'agisse de la défense de nos intérêts en tant que pays partenaires ou de ceux du continent africain dans les fora internationaux», a indiqué le chef de la diplomatie algérienne.

 

De son côté, le responsable sud-africain est revenu sur son «fructueux» déplacement chez le Polisario, affirmant qu’il a apporté «des aides matérielles et humanitaires» à la population des camps.

 

Préparer le prochain sommet extraordinaire de l’UA

 

L’aspect humanitaire ne justifie pas à lui seul une visite de trois jours dans les camps de Tindouf. D’autant plus que celle-ci intervient seulement quelques semaines avant l’organisation du prochain sommet extraordinaire de l’Union africaine, prévu en novembre à Addis-Abeba.

 

Ce rendez-vous de haut-niveau sera consacré essentiellement à la réforme du modèle de fonctionnement l’organisation continentale. Un sujet déjà examiné les 12 et 13 septembre, lors d'une réunion du Conseil exécutif de l’UA dans la capitale éthiopienne. Une délégation du royaume y était présente.

 

Le Polisario de son côté redoute le prochain sommet. Dans son discours du 12 octobre, Brahim Ghali a déjà appelé les chefs d’Etat de l’organisation continentale à «l’impératif de faire face aux tentatives marocaines visant à porter atteinte aux principes fondateurs de l’Union africaine».

 

Il a également demandé à l’UA de «prendre les mesures concrètes en vue de mettre un terme au mépris marocain au sujet de la place de l’organisation, de son prestige et sa crédibilité». Le Front est préoccupé par la volonté manifeste du Maroc de l’exclure des rangs de l’Union par le dépôt d’une requête de révision de l’Acte constitutif de l’UA lors du conclave d'Addis-Abeba.

 

«Les amendements ou révisions sont adoptés par la Conférence de l’Union par consensus ou, à défaut, à la majorité des deux tiers, et soumis à la ratification de tous les Etats membres, conformément à leurs procédures constitutionnelles respectives», précise l’article 32 de la Charte. En juillet 2017, 28 Etats africains avaient demandé la suspension de la «RASD». Atteindre le seuil des deux tiers des 55 membres semble possible.

 

Le prochain sommet de novembre devrait donc connaitre un face-à-face musclé entre d’un côté le Maroc et ses alliés et le Polisario et ses partisans. Outre les appuis traditionnels de l'Algérie et l’Afrique du sud, le Polisario mène depuis quelques jours, une campagne diplomatique en Afrique australe. Sur les 16 membres de l'UA qui se sont abstenus lors du vote pour l'adhésion du Maroc au Conseil de paix et de sécurité, une bonne majorité appartient à cette zone.