Présence de deux Casques bleus au "15è congrès du polisario": pourquoi la réponse de l'ONU ne (nous)

La présence de deux Casques bleus lors de l’ouverture du soi-disant «15è Congrès du polisario», mercredi 19 décembre 2019, «n’implique aucune position politique» de leur part ou de la Minurso, a cru savoir le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric. Réponse.

Souvenez-vous: vendredi 20 décembre, le360 épinglait deux Casques bleus de la Minurso, pour leur présence à l’ouverture du «15è Congrès du polisario», mercredi 19 décembre dernier, dans la localité de Tifariti, en dénonçant une violation du devoir d’impartialité et de l’obligation de réserve qu’impose le statut de ces deux fonctionnaires militaires de la mission onusienne.

Un constat qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Le porte-parole du SG de l’ONU, Stéphane Dujarric, a réagi, hier lundi 23 décembre, lors de son point de presse hebdomadaire, à l’alerte lancée par le360, sauf qu’il a minimisé «l’importance» de cette présence pourtant inappropriée. «Le 19 décembre, dans le cadre de leur suivi régulier de la situation (au Sahara) en appui au mandat de la Minurso, deux observateurs militaires des Nations unies basés au site de leur équipe à Tifariti ont décidé de visiter le lieu» du «15è congrès du polisario», a d’abord confirmé le porte-parole du SG de l’ONU.

Sauf que ce dernier n’a trouvé aucun problème à ce que ces deux Casques bleus, soient présents à une activité de propagande séparatiste, de surcroît organisée dans une localité située dans la zone tampon, Tifariti, en violation de l’accord de cessez-le-feu et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, lesquelles avaient exigé du front séparatistee de s’abstenir de toute action susceptible de «modifier le statut juridique» de la zone tampon.

La brève présence de deux observateurs de la Minurso au soi-disant congrès du polisario "n'implique aucune position politique" (ONU), a tempéré le porte-parole de l’ONU. Les deux observateurs "sont partis peu après" et sont retournés au site de leur équipe, a ajouté M. Dujarric, affirmant que "leur brève présence à cet événement n'implique aucune position politique de la part des observateurs ou de la Minurso, qui reste strictement impartiale dans l'accomplissement de son mandat».

Ni la présence incongrue des deux fonctionnaires militaires de la Minurso parmi les "congressistes" polisariens (!), ni leur abstention de protester contre une activité de propagande séparatiste organisée qui plus est dans la zone tampon, en violation de l'accord de cessez-le-feu et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, ne semblent inquiéter le porte-parole du SG de l'ONU.

Le devoir veut toutefois que les deux Casques bleus interviennent pour notifier au front polisario cette violation flagrante, et non d'occuper les premières travées du "cirque", s'accomoder d'une position de spectateurs et cautionner une telle violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu, en vertu duquel la zone tampon doit rester à l'abri de toute présence d'hommes en uniforme, comme c'est le cas lors du soi-disant "congrès" du polisario.

Dans la photo, parvenue vendredi dernier à le360, on pouvait aisément constater l’un des deux fonctionnaires militaires de la Minurso, une femme, gratifiant la galerie d’un sourire très complice, comme pour cautionner cette activité de propagande séparatiste.

Cette présence de deux casques bleus dans la foire séparatiste, parrainée à coups de pétrodollards par le régime algérien haineux, constitue bel et bien une déviation du principe d’impartialité et de l’objectif principal de la mission onusienne, soit l'application de l’accord de cessez-le-feu et des résolutions du Conseil de sécurité.

Cette présence remet à l’esprit le scandale qui avait entaché la Minurso il y a de cela sept ans, quand un Casque bleu égyptien, du nom de Hany Mustapha, a été filmé, un certain lundi 22 avril 2013, en train de rameuter, dans un camp de Tindouf, des jeunes membres du polisario contre le Maroc, en violation flagrante du principe d’objectivité et du devoir de réserve que lui imposait son statut de Casque bleu. Un dérapage qui lui valut d’être renvoyé des rangs de la Minurso, suite à une enquête diligentée par l’ONU sur fond d’appels insistants pour prendre les mesures appropriées contre ce comportement irresponsable.

26/12/2019