Du jamais vu en Algérie, le peuple brave l’interdiction de manifester dans ce contexte de crise sanitaire liée à la pandémie du Coronavirus (COVID-19) pendant la Fête de l’Aïd Fitr.

 

Des marches de soutien aux détenus du mouvement populaire contre le régime algérien se sont déroulées, les 24 et 25 mai 2020, dans de nombreuses villes algériennes, notamment à Sétif, Kherrata à Bejaïa, Tizi Ouzou, Boumerdes.

 

Ces manifestations étaient relayées par des vidéos et des photographies très largement diffusées sur les réseaux sociaux. Des cortèges au cours desquelles les marcheurs portaient des banderoles et chantaienten faveur des détenus et hostiles au pouvoir algérien tels « Pouvoir assassin », « Etat Civil », « Heureux Aïd à tous les détenus politiques ».

 

Ces marches constituent un sévère avertissement du peuple algérien contre le pouvoir dAlger qui a été secoué fortement jusqu’à sa récente suspension provoquée par la crise sanitaire provoquée par la pandémie du Coronavirus (COVID-19).

 

Pour la première fois, le peuple algérien voit leur pays et leurs habitants autrement, éclairé d’un espoir inédit de liberté. Un peu comme si les Algériens reprenaient enfin leur indépendance. Celle que l’on leur a volée en 1962. Tout est à refaire, car ils n’ont pas eu l’occasion de construire le pays qu’ils voulaient, que leurs grands-parents ont voulu. Le FLN a volé leurs rêves disent-ils, « Être jeune en Algérie, c’est avoir les larmes aux yeux ».

 

J’invite les lecteurs à visionner cette vidéo sur youtube « Liberté » de Soolking devenue l’hymne des manifestants algériens en lutte contre le pouvoir en place. Dans les rues d'Alger, les manifestants entonnent la chanson du rappeur algérien et les réseaux sociaux relaient massivement ces images. En une semaine, la chanson de Soolking a atteint 15 millions de vues sur Youtube. Mais aussi « Libérez l’Algérie » sur Youtube. Deux chansons où tout est dit clairement ! Honte aux dirigeants algériens !

 

A rappeler que le Hirak, né d'un immense ras-le-bol des Algériens, réclame un changement du système en place depuis l'indépendance du pays en 1962 et que, selon le dernier comptage du Comité National pour la Libération des Détenus (CNLD), près de cinquante détenus d’opinion et politiques croupissent toujours dans les geôles du pouvoir algérien.

 

Farid Mnebhi.

 

27/05/2020