2015, ANNÉE CHARNIÈRE POUR LE DOSSIER DU SAHARA

Dans son discours commémoratif du 35ème anniversaire de la Marche verte, le Roi Mohammed VI a annoncé que 2015 sera une année cruciale pour le dossier du Sahara marocain. Les indicateurs.

2015 marquera le 40ème anniversaire de la Marche verte. 4 décennies se seront écoulées depuis cet événement phare qui fit retourner les provinces du sud dans le giron du royaume du Maroc, envers et contre l’ex-colon espagnol et, depuis 40 ans, contre les interminables et néanmoins vaines manœuvres orchestrées par Alger dans sa tentative désespérée de remettre en question l’intégrité territoriale du royaume. Toutes ces tentatives se sont fracassées contre le récif de la détermination inébranlable du royaume à défendre la marocanité de son Sahara, sur le plan aussi bien militaire que diplomatique. Or voilà, à toute chose il y a une fin. 2015 sera-t-elle l’année du règlement définitif de ce conflit hérité de la défunte époque de la guerre froide?

Dans son discours commémoratif du 39ème anniversaire de la Marche verte, le Roi Mohammed VI a été on ne peut plus clair pour l’affirmer. Prenant acte de la position contreproductive de l’Algérie, véritable «partie prenante» à ce faux conflit quarantenaire, sur l’issue politique à lui donner, - l’offre marocaine d’autonomie-, le souverain a clairement annoncé la décision du royaume à faire bouger les lignes en passant à la mise en chantier du processus de régionalisation avancée, dernière ligne droite avant la mise en œuvre de l’Initiative marocaine pour octroyer un statut d’autonomie au Sahara. «C’est le maximum de ce que peut offrir le Maroc», a tranché le souverain, en invitant la partie adverse à saisir cette dernière opportunité pour tourner la page d’un faux conflit qui n’a que trop duré. Premier indice de ce passage à l’acte annoncé, et pas des moindres: en 2014, un nouveau Plan de développement des provinces sahariennes a été élaboré et présenté au Souverain par le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Selon les observateurs, ce modèle multidimensionnel ambitionne de faire des provinces du Sud un espace de développement intégré, propre à assurer une vie digne pour les populations de la région. Il s’agit aussi de conforter la portée géopolitique de ces provinces en tant que pôle régional de liaison et d’échanges entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne.

Processus de pourparlers, ce qui va changer
7 ans après le lancement des négociations de paix, sur la base de l’offre marocaine d’autonomie, toujours est-il que ce processus bute sur la position stérile de la partie adverse. Il faut dire aussi que l’ambiguïté que font planer les puissances mondiales, y compris les Etats-Unis, sur l’issue à donner définitivement à ce processus y serait pour quelque chose. D’où cette critique aussi audacieuse qu’énergique administrée par le souverain dans son dernier discours commémoratif de la Marche verte. Après avoir mis Alger devant ses responsabilités, en tant que véritable partie prenante à ce conflit, le roi Mohammed VI s’en est pris en des termes peu habituels aux grandes puissances mondiales, ainsi qu’à l’organisation des Nations unies (ONU). Si ces puissances saluent bel et bien les avancées accomplies par le Maroc sur le front des libertés, en le présentant comme étant un modèle régional de démocratie, leur position à l’égard du conflit du sahara demeure entachée d’ambiguïté, relève le souverain, en mettant en garde l’ONU contre toute tentative de modifier les paramètres de négociation et en réitérant que la souveraineté du royaume sur son Sahara reste une ligne rouge et ne saurait en aucun cas faire l’objet de négociation.

Un recadrage royal qui, en laissant la porte ouverte à la négociation, tire le tapis sous les pieds de quelques fonctionnaires onusiens interlopes, dont l’émissaire onusien pour le Sahara, Christopher Ross, désavoué par Rabat pour sa flagrante partialité et pour avoir fait sienne la revendication de la partie adverse d’élargir le mandat de la Minurso au monitoring des droits de l’Homme, contrairement aux prérogatives initiales de cette mission onusienne se limitant à faire respecter l’accord de cessez-le-feu signé le 15 octobre 1991. En somme, un véritable travail de remise à plat en perspective d’une année 2015 qui promet, comme l’a bien souligné le souverain, d’être cruciale pour notre cause nationale.

01/01/2015