Ce serait une hérésie de vouloir discourir sur l’Union Africaine sans aborder la place du Maroc au sein de cette organisation régionale qu’y est la sienne.

Le Maroc, contributeur actif, s’en est séparé pour protester pour violation de la légalité internationale par les organes de la défunte Organisation de l’Union Africaine, pour y retourner, par la suite, dans le cadre de l’Union Africaine.

Doit-on parler de retour ou d’admission ?

Indépendamment de la réponse apportée à cette question, il convient de revenir aux sources, non pas dans un élan nostalgique, mais pour donner aux retrouvailles du Maroc avec son continent d’appartenance un sens le plus large.

C’est ce que vient d’accomplir le chercheur marocain, Amine Harastani Madani, dans son livre titré « 1999 – 2020, le Maroc en Afrique : Diplomatie, Sécurité & Développement », une publication éditée par le prestigieux think tank Policy Center for the New South (PCNS).

Cet ouvrage retrace les liens entre le Maroc et l’Afrique au Sud du Sahara, tout en démontrant l’existence de liens politiques entre l’Empire Almoravide et l’Empire du Ghana à l’aube du 11ème siècle ou encore la conquête de l’Empire Songhaï par les Saadiens et l’établissement du Pachalik de Tombouctou au 16ème siècle.

Toutefois, le sujet du livre est bien plus contemporain et couvre la période s’ouvrant après l’indépendance du Maroc en 1956. Les 20 dernières années sont crucialesdans ces relations mais l’auteur a tenu à rappeler l’implication du Maroc dans la construction africaine depuis les années 1960, notamment le Groupe de Casablanca qui a joué un rôle majeur et fût à la genèse de la défunte Organisation de l’Union Africaine.

C’est pourquoi, affirme Monsieur Amine Harastani Madani, le départ du Maroc de l’organisation continentale africaine en 1984 ne signifiait point l’arrêt des relations bilatérales.

Dès 1999, une nouvelle stratégie de coopération et d’investissement fut développé par le Maroc, notamment dans les secteurs de la banque, des télécommunications, des assurances, de l’immobilier et de l’agriculture, dans un cadre gagnant-gagnant et sur un socle de relations politiques, culturelles, spirituelles et diplomatiques.

Cette nouvelle démarche, comme l’écrit l’auteur, a pour socle la constitutionnalité du renforcement de la coopération Sud-Sud, puisque dès le préambule de la Constitution marocaine et aux côtés de la définition de son unité forgée par la convergence de composantes arabo-islamiques, amazighe et saharo-hassanie nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen, se trouve l’engagement du renforcement de la coopération Sud-Sud ; Une stratégie qui n’est pas dirigée contre un quelconque pays ou continent souligne Monsieur Amine Harastani Madani. Aussi, l’Afrique se doit de faire confiance à l’Afrique, comme l’a si bien dit le Roi Mohammed VI.

C’est pourquoi, mise en place d’un système économique, d’abord régional, puis continental intégré, sera la clé de voûte de ce partenariat, et les flux d’investissements directs étrangers démontrent cette confiance car, en tant que premier investisseur en Afrique de l’Ouest et second investisseur dans toute l’Afrique, le Maroc a su créer la confiance et la crédibilité, conditions sine qua non de ce partenariat.

Dans cet ouvrage de qualité, Monsieur Amine Harastani Madani affirme que la complémentarité économique, régionale et continentale est un atout majeur, avec des PIB structurellement différents qui pourraient donner un souffle nouveau à l’économie africaine et à l’expérience marocaine. Par exemple, avec la première plateforme automobile en Afrique, cela prouve, s’il le fallait encore, des gisements existants en Afrique.

Sans oublier que se faire confiance signifie aussi se prendre en charge et ne plus compter sur l’assistance pour résoudre ses défis en termes de sécurité, de sortie du sous-développement et de la pauvreté.

Enfin, se faire confiance implique la victoire contre l’afro-pessimisme et la réforme du secteur public afin qu’il aide l’initiative privée à fleurir dans les domaines tant attendus en Afrique que sont l’agriculture, l’industrie et les technologies.

Un ouvrage d’actualité en cette 21ème année de l’accession du Roi Mohammed VI au Trône de ses Glorieux Ancêtres.

Pour rappel, Monsieur Amine Harastani Madani, né en 1991 à Rabat (Maroc), est ingénieur de formation, diplômé de l’Ecole Centrale de Paris, et titulaire d’un troisième cycle en Relations Internationales Approfondies du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Paris. Que du solide !

Farid Mnebhi.

19/08/2020