En autorisant la réunion de l'ONG d'Aminatou Haidar, le Maroc prive le Polisario de certaines armes

Aminatou Haidar a-t-elle bénéficié d’un traitement de faveur de la part des autorités de Laâyoune à l’occasion du lancement, en plein état d’urgence sanitaire, de son association «L’Instance sahraouie contre l’occupation marocaine» ?

«En ne décrétant pas l’interdiction de la réunion du dimanche 20 septembre, le Maroc vient de répondre indirectement aux accusations portées à son encontre par des médias proches du Polisario ayant dénoncé ce qu'ils qualifient de complicité des services de renseignements de Rabat avec le projet du Mouvement Sahraouis pour la paix», nous confie une source bien informée au Sahara.

Et d'ajouter que les relais médiatiques du Front «se sont, d’ailleurs, tous interrogés pourquoi le Maroc n’a pas interdit les comités préparatoires du prochain congrès du MSP d’organiser des rencontres des grandes villes de la province alors qu'elles constituent des violations des mesures prises dans le cadre de lutte contre la propagation du coronavirus».

«Le royaume fait ainsi taire toutes ces critiques et montre que même les partisans du Polisario sont autorisés à tenir des rencontres», ajoute-elle.

En effet, une éventuelle interdiction aurait donné davantage du grain à moudre au Front et à ses médias dans un contexte particulier. D'une part, l’Assemblée générale de l’ONU se prépare à tenir, demain, sa 75e session alors que d'autre part, le secrétaire général des Nations unis publiera dans les jours à venir un nouveau rapport sur le Sahara occidental.

Pour mémoire, les autorités de Laâyoune avaient accordé, le 20 juin 2017, leur feu vert à Aminatou Haidar, alors présidente de CODESA, d’organiser une conférence pour commémorer le premier anniversaire du décès de Mohamed Abdelaziz. Les orateurs, qui se sont relayés pour saluer la mémoire de l’ex-chef du Polisario, l’avaient fait à partir d’une tribune décorée du drapeau de la «RASD».

Une autorisation qui n’a pas échappé aux rédacteurs du rapport 2017 sur les droits de l’Homme du Département d'Etat américain. «Le gouvernement (marocain) tolère les activités de plusieurs organisations non-reconnues» au Sahara, avait mentionné le document.

22/09/2020