L’information en Algérie est la plus grande industrie du mensonge de la planète tant l’affabulation, la désinformation et autres « fake news » sont devenues «way of life in Algéria». Avec l’APS à la baguette et nombre de journaux électroniques ou pas, qui se veulent volontiers ses « folowers » depuis que Tebboune a édicté sa loi sur la presse dans l’une de ses premières décisions présidentielles, c’est le branle-bas de combat avec pour cible principale le Maroc.

Eh oui ! le Royaume est le fantasme pleine puissance pour un régime algérien sans doute exacerbée par le désintérêt des médias étrangers à sa cause diplomatique. Aussi le régime militaire d’Alger se rattrape-t-il d’une complaisance certaine à encourager une escalade à l’instabilité de la région dans une situation déjà explosive en créant des conditions pour que cela dégénère. Dernière anecdote en date, la revue de l’Armée algérienne « El Djeïch » dans son nouveau numéro 695, accuse des « parties étrangères » de vouloir saper la stabilité de l’Algérie en « surfant sur la Vague du Hirak ».

Ne cherchez pas d’autres regards les parties étrangères ne sont, ni plus ni moins, que le Royaume. Ces parties « tentent de surfer sur la Vague du Hirak, peut-on encore lire,  pour porter un coup dur au lien fort, unissant le peuple à son armée et au service des agendas étrangers qui vivent encore des illusions du passé. Cette mafia est pleinement consciente du rôle de l’Armée nationale populaire dans la préservation de la sécurité du citoyen, la protection de la Patrie en toutes circonstances, des sacrifices consentis pour sa fierté et sa souveraineté », ajoute El Djeïch dans une propagande digne de la « Pravda » dans son style stalinien des plus purs.

 

Et d’une pierre deux coups, l’ANP enrage contre le Hirak qui à chacune de ses sorties  scande « Etat civil pas militaire », ce  slogan est brandi et scandé par « les ennemies de l’Algérie ». D’un autre côté, elle s’en prend au Royaume et à la France qu’elle accuse de mener « une guerre électronique » sur des pages Facebook marocaines et françaises qui visent à attaquer « le pouvoir et l’armée et répandent des fake-news et des rumeurs ».

 

Malheureusement l’histoire de cette schizophrénie couleur kaki bien que passionnante, est si longue que l’on ne peut vous la conter en deux lignes. Elle se veut du reste dans la continuité des sorties présidentielles, ministérielles et autres qui accusent à tort et à travers dans l’espoir d’amadouer le peuple algérien qui, lui, a décidé de couper l’écoute et les ponts avec des responsables au demeurant très peu responsables.

 

Hespress Fr s’est fié, une fois de plus, à un spécialiste en la matière, Mohamed Taleb, membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS) en l’occurrence et qui d’entrée donne le ton.

 

« Il n’est pas un seul discours officiel des responsables du régime algérien, que cela soit celui du président, de ses ministres, des généraux, ou le dernier des petits sbires du régime, qui ne dénigre pas le Maroc, qu’il s’agisse d’une activité sportive, d’une dissolution de Parlement, pour condamner le Hirak ou lors d’une opportunité à l’échelle continentale ou internationale, le Maroc n’y échappe pas », dit-il.

 

Et d’ajouter: « Les officiels algériens se sont passés le mot à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche pour n’importe quelle circonstance c’est pour se justifier ou de se donner bonne figure aux yeux des Algériens et le bouc émissaire du coup est alors, tout désigné, c’est le Maroc et son Sahara ». On serait tenté d’ajouter “sa drogue, son peuple, son Makhzen“, tant le discours est haineux envers le Royaume où rien ni personne n’échappe à l’insulte gratuite.

On assiste depuis peu, poursuit notre interlocuteur, « à une campagne tout azimut ou même le moindre événement comme l’ouverture d’un sandwicherie dans un patelin perdu est propice à une déclaration sur le Sahara marocain ».  Et Mohamed Taleb d’étayer ses dires: « Le régime algérien tient un discours à son peuple vieux de six décennies avec cette classique rengaine que les Marocains n’ont rien à manger et que l’Algérie jalousée dans sa puissance, est menacée dans sa stabilité par des régimes étrangers. Il brandit l’éternel spectre du complot de l’extérieur, tout ça pour calmer le jeu à l’interne face à un Hirak qui est en train de faire vaciller le pouvoir ».

 

Désignant l’angle qui fâche, notre interlocuteur souligne que «deuxièmement, il est tout à fait normal que les succès diplomatiques marocains aient poussé le régime algérien à réagir. Il apparaît, sans équivoque que le régime algérien diplomatiquement est isolé. Et cet isolement n’est pas sans conséquences puisqu’en quelque sorte c’est un chant de cygne. Sur le plan pratique, on voit le régime algérien tenter de voiler cet isolement à l’international par sa fixation sur le Maroc, histoire de se donner une seconde vie. Le Royaume a choisi la voie de l’ouverture avec l’Occident et il entre dans ses comptes ce qui n’est pas le cas de l’Algérie. Le régime algérien s’accroche à une cause perdue celles des lobbyistes non pas pour les intérêts du peuple algérien qui souffre de tant de privations, mais tout simplement pour essayer de nuire au Maroc. On le voit à travers les millions de dollars dépensés pour porter atteinte au Royaume dans son intégrité nationale ».

 

Puis passant aux sbires du séparatisme au service de régime algérien, il soutient que «le polisario c’est la cloche de son du régime militaire algérien. On sait depuis toujours qu’il n’y a pas de polisario. C’est une milice au service du + mejliss+ algérien ou plus exactement de l’ANP. Pour preuve elle n’a pas le pouvoir de décider, ce sont les généraux algériens qui ont ce pouvoir de décision et ils en font l’usage qu’ils veulent. Aujourd’hui ce polisario est devenu une bombe à retardement, prête à exploser dans la figure du régime algérien. Les sorties du peuple algérien dans le cadre du Hirak donnent des idées autres aux jeunes Sahraouis séquestrés de Tindouf qui voyaient en l’Algérie l’exemple du développement et de la terre la liberté, des millions de martyrs et tout le baratin y afférent ».

 

 

« Ces jeunes, indique encore l’expert, prennent déjà l’Algérie pour responsable de leurs malheurs. Le régime algérien est en train de dresser des loup sans essayer de les apprivoiser et cela finira inexorablement par se retourner contre lui. Donc on va finir par entendre forcément parler de ces camps de Tindouf, surtout ceux qui sont armés alors qu’ils sont censés être des camps de réfugiés avec des statuts bien spécifiques. D’autant plus qu’on ne sait pas ce qui s’y passe, l’ANP les encercle, et l’Algérie refuse un quelconque  recensement ».

 

Dans le même ordre d’idées, Mohamed Taleb précise que « dans le même temps, il y a des jeunes Sahraouis formés militairement à Cuba, ou ceux qui viennent de Libye après y avoir guerroyée ainsi que ceux  qui viennent d’Algérie et qui pour l’heure n’ont pas pu rejoindre l’Europe en tant que membres de cellules dormantes car ils sont nombreux les jeunes à s’être acoquinés dans le Sahel avec Daesh ou l’EI. Pour ces groupes, il est plus aisé de puiser dans un terreau fertile ou le terroriste est prêt à l’emploi que de le former. La preuve Abouloualid Sahraoui né à Laayoune qui avait choisi l’exil dans les camps de Tindouf et qui aujourd’hui se trouve être le porte-parole d’Aqmi au Sahel. Les Etats-unis ont mis 5 millions de dollars sur sa tête ».

 

Pour conclure: « Voilà-là, autant de mouvances qui exercent une pression forte dans ces camps. D’ailleurs dans ce contexte et afin de les calmer, le polisario et l’ANP leur font miroiter une guerre contre le Maroc. Mais ils ne sont pas dupes, ils voient bien qu’il n’y a ni guerre, ni paix du reste et tout ça fait que la situation dans les camps de Tindouf se veut de plus en plus explosive ».

 

 

18/03/2021