Afrique: comment Rabat a gagné sa guerre contre Alger (portail algérien)

Cette année, le roi Mohammed VI a prononcé son discours à l’occasion du 41e anniversaire de la Marche verte depuis la capitale sénégalaise, Dakar. Une première, qui n’est pas passée non plus inaperçue du côté de nos voisins algériens. Pour le portail Tout sur l’Algérie (TSA), cet évènement confirme que l’Afrique est en train de devenir le nouveau terrain de bataille diplomatique et économique entre l’Algérie et le Maroc. L’objectif pour le premier est d’ouvrir de nouveaux horizons économiques tandis que le second veut "rattraper son retard après avoir longtemps boudé le continent".

 

  Des efforts algériens fortement entravés par des obstacles «autophages»

 

Avec des échanges commerciaux limités à quelques millions de dollars, l’Algérie est cependant la première à être concernée par ce retard. Notamment poussé par la baisse des prix du pétrole, le pays cherche depuis quelques mois à sceller de nouveaux partenariats avec le continent et ce, via l’exportation de "produits nationaux hors hydrocarbures". Une orientation caractérisée par la visite de 15 présidents et rois africains à Alger depuis 2014, ainsi que l’organisation de plusieurs commissions mixtes. la dernière en date s’est tenue le 3 novembre dernier à Bamako, et a vu la signature de 13 accords de coopération, surtout économiques, entre l’Algérie et le Mali.

 

Mais de nombreux obstacles entravent cette "volonté africaine" de l’Algérie, souligne TSA. Le pays est submergé par les déficits, et ses entreprises, qui ont déjà du mal à satisfaire la demande interne, sont limitées dans leur capacité à se développer sur le continent. Et pour ne rien arranger, la réglementation de la Banque d’Algérie empêche tout investissement à l’étranger pour les rares qui en seraient capables. Dernière entrave: l’incapacité du président Bouteflika à se déplacer hors du pays. En face, le roi du Maroc est "capable d’effectuer des tournées de plusieurs jours à travers de nombreux pays africains".

 

L’arme marocaine: la diplomatie économique

 

TSA décrit Mohammed VI comme un roi "très actif", qui "enchaîne les visites sur le continent". Après avoir longtemps privilégié ses relations avec l’Occident, le royaume se tourne de plus en plus vers l’Afrique, que le roi décrit comme "le prolongement naturel et la profondeur stratégique du Maroc". L’arme marocaine: la diplomatie économique. Une stratégie efficace qui a valu au royaume de devenir le 1er investisseur en Afrique de l’Ouest et le 2e à l’échelle continentale. En plus de la forte implantation de ses entreprises – Maroc Telecom et les banques en premier – dans les pays africains, le Maroc jouit d’une bonne connexion aérienne assurée par la Royal Air Maroc. La comparaison ne se fait même pas avec Air Algérie.

 

Avantage diplomatique pour l’Algérie?

 

TSA évoque également la principale pomme de la discorde entre le Maroc et l’Algérie: le dossier du Sahara. Le royaume a récemment demandé à réintégrer l’Union Africaine, une démarche "accompagnée de manœuvres dans les coulisses, conditionnant cette adhésion à l’exclusion de la RASD de l’organisation panafricaine". Le portail conclut que cette demande a peu de chances de passer pour l'heure "en raison notamment des bonnes relations entre l’Algérie et deux poids lourds africains, l’Afrique du Sud et le Nigeria". Et d’interroger: "Mais jusqu’à quand?".