Le voisin de l’Est a fini par décliner sa position sur la déclaration de l’indépendance de la Catalogne votée par le parlement régional. «L’Algérie réitère son attachement à l'intégrité et à l'unité du Royaume d'Espagne», a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères en réponse à une question de l’agence Algérie presse service (APS).

 

Abdelaziz Benali Cherif a souligné que son pays «lié par un Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération avec l'Espagne et par des relations traditionnelles importantes adossées à un dialogue politique de haut niveau et à une coopération économique substantielle, a pleine confiance dans la capacité du peuple et des autorités espagnoles à surmonter la situation actuelle et à régler la crise dans le cadre du respect de la constitution du Royaume d'Espagne et de ses institutions démocratiques».

 

Des propos presque identiques à ceux rapportés par le ministère marocain des Affaires étrangères dans son communiqué. «En ces circonstances particulières que traverse l’Espagne voisine, le Royaume du Maroc apporte son plein soutien au Gouvernement espagnol, en vue d’assurer le respect de la constitution, et préserver l’unité nationale et la souveraineté du pays», lit-on dans le texte.

 

Qu’en est-il de la traditionnelle politique de défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

 

La réaction exprimée par le porte-parole du ministère d’Abdelkader Messahel tranche complètement avec une «constante» de la politique étrangère des autorités algériennes en vigueur depuis les années 60, à savoir la défense du droit des peuples à l’autodétermination. Un principe que l’Algérie brandit continuellement pour justifier son soutien politique et financier au Polisario. Il a d’ailleurs été à nouveau soulevé, le 14 octobre à Saint-Pétersbourg lors de la 137e assemblée de l’Union interparlementaire, par le président de la Chambre haute du parlement, Abdelkader Bensaleh - un autre responsable d'origine marocaine.

 

Ce droit des peuples à disposer d’eux-mêmes obéit strictement à des calculs politiques. S’il est valable et louable dans le cas des Sahraouis du Maroc, il n’a aucun droit de cité ni pour les Catalans, ni pour les Touaregs au Mali. L’Algérie a en effet pesé de toute son influence financière pour priver l’Azawad d’exercer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance, et réussi à imposer l’«autonomie». Une solution que le pouvoir algérien refuse de voir appliquer pour résoudre le conflit du Sahara occidental.

01/11/2017