Un amour algérien

Si vous avez le cœur sensible ou le patriotisme à fleur de peau, évitez les journaux des voisins. Il n’y en a que pour le Maroc. Jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, ils ne se fatiguent jamais ces gens-là !

 

Les Marocains buveurs du carburant algérien. L’Oriental, sevré de combustible, carbure à la contestation. Au moment où il s’éclatait dans le plus beau des festivals de raï.

 

La marque du Maroc, terrorisme et drogue. Drogue et terrorisme. Le label du royaume, droits de l’homme bafoués et massacres à la tronçonneuse.

 

Pour une presse dont la sainte patronne armée a tué près de 200000 concitoyens, ils se mettent à plusieurs pour se convaincre du visage hideux du voisin bien aimé. Le message de leur président au roi à l’occasion du 20 août ? Trop de couronnes tressées au souverain. Dans l’obnubilation qui est la leur, ils ne s’aperçoivent pas que ce n’est pas Bouteflika, d’habitude plus dithyrambique, qui l’a dicté.

 

A défaut d’avoir des nouvelles de leur président, ils suivent à la trace les faits et gestes de Mohammed VI. Plutôt flatteur.

 

Les Algériens aiment les Marocains, mais leur presse ne le sait pas. Ils étaient 90000 à visiter l’année dernière le Maroc. Ils sont probablement plus nombreux cette année.

 

En 1988, à la réouverture des frontières ce fut une déferlante. Si au lieu de creuser des tranchées, l’Algérie rééditait cet acte, sa presse se rendra compte combien les Algériens adorent le vivre marocain. Jusque dans ses périphéries pauvres dont leurs journaux se délectent.

27/08/2013