Le Maroc a décidé de se retirer du 4e sommet Afrique-Monde arabe qui se tient à Malabo, la capitale équato-guinéenne à cause de la présence de la « RASD ». Telquel.ma revient sur les enjeux de ce sommet.

Le Maroc et huit pays arabes ont annoncé, le 22 novembre, leur retrait du quatrième Sommet afro-arabe a débuté le 23 novembre au en Guinée équatoriale, en raison de la présence du Polisario. Telquel.ma revient sur ce que représente ce sommet, ses enjeux et les conséquences du retrait du Maroc et des pays du Golfe de ce sommet.

Le sommet « Afrique – monde arabe » qu’est-ce que c’est ?

Selon la note d’orientation publiée en marge du sommet afro-arabe, celui-ci est « l’organe politique suprême du partenariat afro-arabe. Il adopte le plan d’action et les stratégies à long terme du partenariat et évalue le progrès accompli dans la mise en œuvre des plans. »

 

Le sommet a, jusqu’ici, connu trois éditions. Lors de sa troisième session au Koweït, à laquelle le Maroc était représenté par son Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane,  les participants ont convenu d’organiser la quatrième édition en Afrique, suivant le principe de la rotation. Suite à ce développement, « l’Union africaine a choisi la Guinée Équatoriale pour abriter le quatrième sommet afro-arabe », précise la note d’orientation.

 

Cette édition se tient le thème « Le développement durable et la coopération économique ». Le sommet devait mettre un accent particulier sur cinq domaines prioritaires : les développements politiques et le terrorisme, le financement du développement, le développement agricole et sécurité alimentaire, le Fonds de réponse aux catastrophes et la migration.

 

La « RASD » absente lors des trois précédents sommets

 

Lors des trois précédentes éditions qui se sont tenues au Caire en Égypte (mars 1977), à Syrte en Libye (octobre 2010) et au Koweït (novembre 2013) la « RASD » a toujours été empêchée d’y siéger, selon Jeune Afrique.

 

Les objectifs du sommet ?

 

Le quatrième sommet afro-arabe avait pour objectif d’accélérer la mise en œuvre des décisions prises lors du dernier sommet tenu au Koweït en 2013. Lors de cette édition, les pays du Golfe avaient promis à l’Afrique un milliard de dollars d’ici 2018 dans le cadre du Fonds koweïtien de développement économique. Il s’agissait donc, pour cette édition, de mettre en place un mécanisme financier pour accélérer les flux de capitaux arabes vers l’Afrique. « Les pays arabes sont des pays riches. Ils peuvent contribuer au développement des pays africains sans aucune forme d’ingérence et sans se comporter comme les pays développés, nos anciens pays colonisateurs » avait déclaré le président équato-guinéen Teodoro Obiang, le 18 novembre, dans des propos rapportés par la télévision Africa 24 et relayés par l’AFP.

 

Qui sont les participants ?

 

Hormis plusieurs pays d’Afrique subsahariennes membres de l’Union africaine (Côte d’Ivoire, Gabon  Niger, Mali, Congo etc..),  plusieurs États étaient attendus. Hormis le Maroc et les huit Etats arabes (l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Qatar, le sultanat d’Oman, la Jordanie, le Yémen) et la Somalie qui se sont retirés du sommet, le Koweït, l’Égypte et le Soudan y étaient représentés par leurs chefs d’État, l’émir cheikh Sabah al-Ahmed al-Jabir al-Sabah, et les présidents Abdel Fatah al-Sissi et Omar El Béchir. L’Algérie et la Mauritanie y étaient également représentés, respectivement par le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, Abdelkader Messahel et le président Mohamed Ould Abdelaziz.

 

Qu’adviendra-t-il du sommet ?

 

Ce sommet afro-arabe, qui était l’occasion pour les pays du Golfe de se rapprocher de l’Afrique et d’y intensifier leurs investissements, prendra fin le 23 novembre avec la rencontre des chefs d’État des pays membres de l’Union africaine et de la Ligue arabe. Si le retrait du Maroc et des pays du Golfe semblait hypothéquer la tenue de ce sommet, il n’en est rien. Le sommet s’est finalement tenu dans la matinée du 23 novembre en présence des autres délégations. Cependant, en l’absence des riches pays du Golfe (hormis le Koweït) les pays africains se retrouvent privés de leurs principaux bailleurs de fonds.

 

 

23/11/2016