Un rapport de la CIA fait grincer des dents à  Alger comme dans le QG du Polisario à Tindouf. Les documents secrets déclassifiés par l’Agence américaine du renseignement embarrassent non seulement les chefs du Polisario, mais plus encore les dirigeants algériens.

 

En effet, dans d’innombrables mémos sur l’affaire du Sahara occidental à ses débuts dans les années 70, la CIA n’évoque pas le Front sahraoui, mais parle uniquement du conflit entre le Maroc et l’Algérie. Ce n’est que plus tard, dans des documents tardifs datant du milieu des années 1980, que les rapports de la CIA commencent à évoquer le Polisario, en précisant aussitôt que le mouvement séparatiste sahraoui est «soutenu par l’Algérie».

 

Les documents déclassifiés les plus embarrassants pour le couple Algérie- Polisario sont probablement ceux qui ont été rédigés au tout début du conflit maroco-algérien autour du Sahara. « Conformément à son image anticoloniale soigneusement cultivée, l’Algérie a soutenu publiquement la décolonisation du Sahara », assure la CIA. La centrale de renseignement américaine en explique la raison, en soulignant que l’Algérie « a démontré, à un rythme soutenu, qu’elle était une partie intéressée ayant des intérêts politiques et de sécurité à protéger ».

 

Mais, estiment les analystes de la CIA, « les réalités de la position de l’Algérie sont plus complexes, le Sahara est un aspect des problèmes plus vastes liés à la mentalité suspicieuse de l’Algérie, qui a toujours considéré les pays voisins comme des ennemis potentiels – en particulier le Maroc, avec un système politique et une idéologie qui diffère radicalement de l’Algérie ».

 

Dans un autre document daté du 18 mars 1987, la CIA estimait qu’après une décennie  d’affrontements armés «le conflit semble n’avoir aucune issue». Et bien que le Maroc et l’Algérie « veulent empêcher un vaste conflit, leur compétition pour une prééminence au Maghreb pose des dangers potentiels pour les Etats-Unis».

 

A l’époque déjà, les américains parlaient de l’autonomie au Sahara comme d’une possible voie pour départager les deux pays voisins. « La solution diplomatique la plus convenable pourra être basée sur le concept d’une fédération incluant la souveraineté de Hassan II sur le territoire contre un degré d’autonomie pour le Polisario. Ce type de compromis pourra permettre à l’Algérie de sortir de ce conflit sans pour autant concéder la défaite», conclut l’un des mémos de la CIA.

26/01/2017