Depuis sa visite dans la région, du 4 au 7 mars, Ban Ki-moon n’a eu de cesse de multiplier les dérapages, à la faveur d’une crise savamment orchestrée avec les autorités algériennes. Reconstitution des faits.

 

Alors que près de trois semaines se sont écoulées depuis son périple à Tindouf et à Alger,  du 4 au 7 mars, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, ne veut toujours pas reconnaître ses errements. Et pourtant, les faits sont têtus.

 

Tout commence un certain 5 mars quand, au lendemain de sa visite à Tindouf, ce haut fonctionnaire de l’ONU a eu cette envolée lyrique inédite dans les annales de ses prédécesseurs: qualifier la présence marocaine au Sahara d’«occupation», reprenant ainsi à son compte, sans le moindre discernement, la thèse de l’Algérie et du Polisario selon laquelle «le Maroc colonise illégalement le territoire du Sahara».

 

Cette allégation algéro-séparatiste, sortie de la bouche d’un secrétaire général de l’ONU, tenu par une obligation d’objectivité et de neutralité, non seulement résonne faux –une dérogation de facto à la terminologie des Nations Unies elles-mêmes–, mais revêt des implications dangereuses.

 

 

Etait-ce un «lapsus», comme l’auraient souhaité les autorités marocaines? Loin s’en faut. La preuve: Ban Ki-moon n’en sera pas à un impair près. Un autre dérapage a émaillé son parcours du côté de Tindouf et d'Alger, en l’occurrence sa référence à la «prédisposition de la MINURSO à organiser un référendum d’autodétermination au Sahara», faisant ainsi fi des résolutions du Conseil de sécurité qui plaide pour la recherche d’une solution politique mutuellement acceptable, basée sur le réalisme et l’esprit de compromis.

 

Sur ce point encore, Ban Ki-moon n’a pas réalisé que le terme «référendum», reconnu «impraticable» par tous ses prédécesseurs, de Perez De Cuellar à  Koffi Annan, en passant par feu Boutros Ghali, est devenu un poncif ressassé en désespoir de cause par la machine de propagande algéro-séparatiste.

 

 

Tout au long de sa visite dans la région, Ban Ki-moon n’a fait aucun reproche au Polisario et à son sponsor algérien. Dans un criant déni de la réalité, le SG de l’ONU a ignoré le rapport (février 2015) de l’Office européen de lutte anti-fraude (OLAF), épinglant l’Algérie et le Polisario pour détournement de l’aide humanitaire, pour lancer un appel, depuis Tindouf, à l’organisation l’été prochain d’une «conférence des donateurs». En ce qui concerne le rapport de l’OLAF, comme pour l’appel du Conseil de sécurité au recensement de la population de Tindouf, motus et bouche cousue!

 

 

Mais passons, car ce n’est pas fini. Aux dérapages verbaux, Ban ki-moon a combiné des gestes établissant bel et bien sa partialité dans le conflit saharien. La preuve: son inclination devant le fanion de l’entité séparatiste, au demeurant non membre des Nations Unies. Ainsi que son adresse du signe «V» de la victoire en direction d’une population rassemblée par le Polisario pour la circonstance. Victoire contre qui?

 

 

Autre élément d’argumentaire, le déplacement du SG de l’ONU à la localité marocaine de Bir Lahlou, située à l’Est de la ligne de défense des Forces armées royales, et sa participation à une cérémonie sous une tente arborant le fanion du Polisario et ce, en présence de «responsables civils et militaires du Polisario». Le déplacement de M. Ban Ki-moon à cette localité accrédite la thèse prétendant qu’il s’agit d’un «territoire libéré» et non d’un no man’s land, partie intégrante du Sahara marocain, confié par le Maroc à la MINURSO.

 

 

Sahara: quand le SG de l’ONU renie ses engagements

 

Face à ces dérapages dangereux, le Maroc était à l’évidence en droit de demander des explications au SG de l’ONU. Celui-ci a renié ses engagements dûment pris lors de sa rencontre avec le ministre marocain des Affaires étrangères, consistant à exprimer ses regrets pour dépasser la crise. Au lieu d’apaiser la tension, comme cela a été convenu, le communiqué publié, une demi-heure après sa rencontre le 14 mars avec le chef de la diplomatie marocaine, Salaheddine Mezouar, a envenimé la situation, heurtant ainsi à nouveau le sentiment du peuple marocain, au lendemain de sa sortie pour se plaindre d’un «manque de respect de la part du Maroc» en raison de la Marche nationale du 13 mars à Rabat.

 

 

La riposte des autorités marocaines

 

Le Maroc a beau espérer un retour de Ban Ki-moon à la raison, il n’en a rien été. Pire, ce dernier a persisté dans une attitude que le Maroc considère comme étant préjudiciable à ses intérêts suprêmes. Devant cet acharnement dans l’erreur, le royaume n'y est pas allé par quatre chemins pour apporter la réponse appropriée à ces agissements à travers la reconsidération de certains engagements liés au fonctionnement de la MINURSO: l’annulation de la contribution financière octroyée volontairement par le royaume à la mission de l’ONU au Sahara (30 millions de dirhams) et la réduction de la composante civile et politique de cette même mission.

 

S’agissant de ce dernier volet, le Maroc a estimé approprié de revoir à la baisse l’effectif de la composante civile de la MINURSO dont le segment politique fait double emploi avec le bureau de l’Envoyé personnel du SG de l’ONU, dûment mandaté à cet effet.

 

 

Le Maroc renouvelle son engagement en faveur de la paix

 

 

Eu égard à ces développements, au demeurant regrettables, le royaume du Maroc a réitéré son engagement, sans réserve, au service de la paix et de la sécurité internationales. Un engagement sur lequel aucune partie, où qu’elle soit et d’où qu’elle vienne, ne peut surenchérir. Réitérant son engagement à n’épargner aucun effort pour apporter son soutien à la MINURSO, dans l’accomplissement de la mission dont elle a été mandatée par le Conseil de sécurité, le royaume a assuré que  la composante militaire continuera à bénéficier, comme auparavant, de l’appui et de la coopération du Maroc, en tant que pays hôte assumant également la sécurité du personnel, des installations et du matériel de cette mission. Au demeurant, le Maroc n’a jamais eu à déplorer un incident majeur, depuis le déploiement, en 1991, de cette mission au Sahara marocain.

 

Sur le plan politique, le royaume du Maroc a déjà fait le choix civilisé de s’engager dans les efforts internationaux pour trouver une solution au conflit, sur la base de l’offre d’autonomie, seule alternative d’ailleurs existant sur la table des négociations.

 

S’agissant de la contribution du royaume aux opérations de maintien de la paix et de la sécurité à travers le monde, le Maroc continuera à maintenir son engagement de pays contribuant aux missions de maintien de la paix en Centrafrique, Côte d’Ivoire et en République démocratique du Congo, où il déploie des contingents totalisant plus de 2.000 éléments des Forces Armées Royales.

 

 

Le Conseil de sécurité est ainsi appelé à prendre acte des engagements du Maroc et à œuvrer pour contenir cette escalade préjudiciable à la poursuite du processus politique mené sous l’égide de l’ONU.

 

23/03/2016