Défense. Les précédentes interventions des FAR sur des théâtres étrangers

Le Maroc va donc se joindre au combat contre Daesh en envoyant entre autres plusieurs avions F-16 au combat pour défendre les pays alliés comme les EAU, le Koweit et l’Arabie saoudite. Tour d’horizon des précédents engagements militaires des FAR à l’étranger.

Des sources officielles américaines avaient annoncé dès cet été que le Maroc fait partie de la coalition internationale anti-Daesh. Mais aucun autre détail n’avait été donné au sujet de la participation marocaine.

Plus récemment, le Maroc a officiellement annoncé avoir été sollicité par des pays amis dont les Emirats Arabes Unis pour apporter un appui militaire. Les sources marocaines n’ont pas précisé la nature de cet appui.

Jeudi 27 novembre, le New York Times a annoncé que plusieurs F-16 marocains allaient participer aux opérations militaires contre Daesh et qu’il allait donc renforcer la coalition internationale.

La présentation des faits n’est donc pas la même si l’on se place du côté américain ou marocain.

Pour le Maroc, il s’agit d’une sollicitation des pays amis du Golfe avec lesquels le Royaume a conclu un accord de partenariat stratégique portant entre autres sur la Défense et la Sécurité.

Côté américain, on a intérêt à montrer que la coalition internationale s’élargit, de surcroît avec l’apport d’un pays arabe.

Quelle que soit la bonne version, le Maroc ne pouvait pas refuser d’apporter son soutien aux pays du Golfe auxquels le lient, outre l’amitié, de profonds intérêts.

 En 1960, les FAR au Congo

 La 1ère intervention des troupes marocaines dans un pays étranger se fera sous la bannière de l’Onu dans la République du Congo devenu indépendante en 1960.

Exclu du pouvoir par le 1e ministre Patrice Lumumba, Moïse Tschombé fait sécession en proclamant l’indépendance de l’Etat du Katanga. Pour faire pièce à l’intervention des troupes soviétiques, Patrice Lumumba accepte la médiation de l’ONU qui affrète sur place la venue de casques bleus de plusieurs pays dont le Maroc.

Après la nouvelle sécession de la région du Sud-Kasaï, le premier ministre congolais appelle à la rescousse l’Union soviétique. Le général Mobutu Sese Seko le renverse et grâce à l’aide des Etats-Unis et du Roi Hassan qui voient d’un mauvais œil les sympathies communistes de Lumumba, reprend les provinces rebelles du Katanga et du Sud-Kasaï.

Le deuxième terrain d’opérations militaires sur lequel les Forces armées royales se sont distinguées est celui de la guerre du Kippour qui a démarré le 6 octobre 1973. Cette intervention mérite d’être soulignée en termes d’hommes et de matériels de guerre envoyés en dehors de son territoire

Menée par l’Egypte et la Syrie contre Israël pour récupérer la péninsule du Sinaï et le plateau du Golan, cette offensive donnera lieu à un formidable élan de solidarité du Maroc et d’autres pays arabes (Irak, Jordanie, Algérie, Palestine, Arabie Saoudite, Soudan, Koweït, Tunisie…).

A l’issue de cette courte guerre de 18 jours, la coalition arabe sera défaite même si les Marocains se sont vaillamment illustrés sur le front syrien du Golan. Le Maroc avait dépêché sur place deux brigades d’infanterie de 5.500 soldatset officiers, 30 chars d’assaut, 12 avions Mig et 40 chasseurs F5 freedom fighters. Sa puissance de feu classait le royaume à la 3e place des contingents arabes juste après l’Irak et la Jordanie.

Dirigéspar le Colonel Abdelkader El Allam, les Marocains ont brillé par leur combativité en réussissant à récupérer partiellement le Mont Hermon (Jebel Cheikh) situé sur le Golan. Les Marocains paieront cependant un des plus lourds tributs de ce conflit avec près de 3.000 morts sur 9500 soldats tués du côté arabe. Le colonel Allam perdra aussi la vie après avoir été fauché par un obus au phosphore.

 

 

 

En 1977, l’ancienne république du Congo devenue Zaïre sous la conduite du maréchal Mobutu Sese Ko fait de nouveau appel aux militaires marocains. Durant ce que l’on a appelé la 2e guerre du Shaba, les troupes marocaines, françaises, belges et américaines réussirent à faire reculer les 4.000 rebelles venus d’Ouganda qui avaient occupé la ville de Kolwezi et à restaurer l’ordre.

Le Maroc a souvent été sollicité sans tambour ni trompette pour «nettoyer» certains foyers terroristes ou de rébellion dans des pays amis. Ce fut le cas en 1980 pendant ce que l’on a appelé «les évènements de Gafsa» qui devaient déstabiliser le régime tunisien.

Cette attaque armée organisée par la Libye de Khadafi fut mise en échec grâce à l’action conjointe du Maroc qui envoya ses forces spéciales ainsi que des avions de transport et des hélicoptères anti-guérilla.

Lors de la seconde guerre du Golfe, le Maroc participa à la coalition des 34 pays soutenus par l’ONU pour libérer le Koweit qui avait été envahi en août 1990 par les forces irakiennes. Le royaume engagea dans cette opération l’envoi discret de pas moins de 17.000 hommes et de quelques chars.

En 1992, les forces marocaines composées de 1.250 hommes de troupe et 50 médecins furent envoyés en Somalie pour fournir une aide humanitaire et rétablir l’ordre dans la ville de Mogadiscio. Plusieurs échanges de coups de feu occasionnèrent la mort de cinq militaires marocains dont le  colonel Abdullah Binmamous et de 40 blessés marocains.

L’action du bataillon marocain permis de normaliser la situation grâce à ses coups de main permettant la récupération d'armement des milices et à la distribution de vivres et de médicaments.

Suite à la désintégration de l’ex-Yougoslavie, un contingent de 270 militaires marocains fut envoyé en 1999 dans la région du Kosovo. Sa mission principale à l’appel de l’ONU fut d’épauler la force multinationale de paix grâce à des missions essentiellement sanitaires et sociales comme l’installation d’un hôpital de campagne.

Rappelons enfin que l’expertise militaire marocaine a souvent été mise à la disposition des pays du Golfe pour former des unités de combat et de sécurité.

 

29/11/2014