Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est attendu début novembre à Alger, première étape d’une première tournée très délicate au Maghreb, qui doit le conduire ensuite au Maroc.

John Kerry qui a succédé il y a presqu’un an, à Hillary Clinton à la tête de la diplomatie américaine au sein de l’équipe de Barak Obama, a inauguré son mandat par des positions hostiles au Maroc concernant le dossier du Sahara et les droits de l’homme. Pourtant le Maroc est considéré par Washington, comme un allié stratégique des Etats-Unis en Afrique du Nord.

Les Etats-Unis avaient présenté en avril, au Conseil de Sécurité de l’Onu, un projet de résolution élaboré par les services de John Kerry et qui préconisait d’élargir le mandat de la Minurso au Sahara Occidental, au contrôle des droits de l’Homme. L’idée n’a pas été du tout du goût du Royaume chérifien qui se sentait comme avoir été trahi par son vieil allié. Très irrité, Rabat a même annulé des exercices militaires conjoints qui étaient programmés bien avant cet incident diplomatique.

Enfonçant un peu plus le clou, l’équipe de John Kerry avait transmis début octobre à une sous-commission du congrès américain, un rapport très critique sur les droits de l’homme au Sahara que le Maroc a qualifié de « partial, réducteur et déséquilibré ».

Ces deux actions avaient été interprétées par les observateurs à Washington, comme étant les indicateurs d’un sensible changement de la position des Etats Unis à l’égard de leur allié marocain, et ce depuis l’arrivée du président Obama à la Maison blanche, en janvier 2009.

Le chef de la diplomatie américaine ne sera donc pas tout à fait à l’aise durant son premier voyage dans la région maghrébine.

Il doit ménager et les dirigeants algériens sans froisser leurs voisins marocains. Les Etats-Unis ont certes des intérêts économiques (pétrole et armements) à préserver avec l’Algérie, mais de son côté, le Maroc a toujours revêtu pour Washington, une importance géostratégique de premier plan en Afrique du Nord, notamment en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

 

 

 

Julie Rafondriaka est spécialisée dans l’analyse des marchés émergents et a travaillé pendant plusieurs années dans une grande banque internationale. Elle rédige des articles à caractère économique et stratégiques pour la Lettre Med.Aucune information n'est fournie par l'auteur.

 

28/10/2013