Les enjeux de la visite du roi à New York expliqués par Omar Hilale

L'ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU revient sur les enjeux de la 69e Assemblée générale de l'ONU, à laquelle le roi va participer.

Les rencontres de haut niveau de la 69e Assemblée Générale à l’ONU ont été lancées lundi. Ce mardi, Mohammed VI se rend à New York: il doit prononcer un discours mercredi lors de la première journée consacrée au Débat général. 

Devant la salle de l’Assemblée GénéraleOmar Hilale, actuel ambassadeur du Maroc auprès de l'ONU à New York après l'avoir été à Génève, décrypte pour H24info les enjeux de ces débats, du Sommet pour le climat et des rencontres organisées en parallèle, du 24 septembre au 1er octobre.

Quels sont les enjeux de cette 69e session de l’Assemblée Générale?

Ils sont multiples et multithématiques. C’est une session de la plus grande importance: nous aurons des discussions de haut niveau sur l’environnement, le climat mais aussi sur les objectifs pour le développement et les populations autochtones.

Une des priorités de Ban Ki-moon est le climat. Le Secrétaire général [de l'ONU, ndlr] a appelé à un dialogue de haut niveau ce 23 septembre en vue de la rencontre Paris Climat 2015. L’enjeu est déterminant: un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays. L’objectif est donc d'aboutir à des recommandations qui dépassent le clivage pays développés - pays en développement et d’arriver à Paris l’an prochain avec le minimum de divergences.

 

Les objectifs du millénaire pour le développement seront également au cœur des débats, notamment l’après-2015...

Oui, cette année nous arrivons au terme des objectifs pour le développement fixés en 2000. C’est donc l'année des bilans et des évaluations. Nous allons voir pourquoi dans certaines zones les objectifs n’ont pas été atteints, quels seraient les moyens pour aider ces pays et surtout leur permettre d’atteindre l’ensemble des objectifs de développement.

Parallèment il y a la préparation de l’après-2015. Les négociations durent déjà depuis deux ans. Le mois dernier, un accord a été obtenu autour de 17 objectifs. Cependant, les objectifs ne devraient pas dépasser la douzaine. Mais ce qui nous interpelle vraiment, c’est comment réaliser ces objectifs et quels moyens mettre en œuvre.

La «Conférence internationale sur la population et le développement après 2014» est une thématique qui va être abordée en parallèle. De quoi s’agit-il?

Population et développement, c’est le lien entre les impératifs du développement et les besoins des populations. La démographie dans le monde connait une croissance rapide, cela présente plusieurs défis notamment au niveau des centres urbains et des zones rurales. Là il faudra trouver des solutions et des synergies entre les deux.

Quel est le programme du Maroc lors de cette Assemblée Générale?

Cette session sera très importante pour le royaume. Une importante délégation représentera le Maroc avec, [outre le roi Mohammed VI] le ministre des affaires étrangères Salaheddine Mezouar, la ministre déléguée Mbarka Bouaida, et plusieurs ministres sectoriels qui vont animer des évènements parallèles.

Ainsi Hakimma El Haïté, la ministre déléguée pour l’environnement, va assister au Sommet sur le climat. Avec Mr Haifi ils présenteront le "Plan Maroc vert", l’occasion de partager avec les pays membres de l’ONU l’expérience et les réussites du projet.

Moulay Hafid El Alami, le Ministre de l'industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique, assistera quant à lui à deux évènements sur l’investissement en Afrique, un sujet auquel Sa Majesté le Roi attribue une importance toute particulière.



En bref, le Maroc est là avec une belle brochette de ministres qui vont notamment exprimer notre solidarité avec un certain nombres de pays, en particulier en Afrique. Ils viennent aussi montrer le Maroc qui bouge, le Maroc dynamique, le Maroc qui se developpe et qui s’engage dans les domaines des droits de l’homme et surtout dans la consolidation des droits et libertés privées et collectives.

Et le sommet sur les populations autochtones?

C’est un sommet qui réunira aussi bien les ONG que les pays membres des Nations unies. Du coup, une session spéciale a été lancée par le Président de l’Assemblée Générale: les aspirations des populations autochtones y seront présentées. Le sommet devrait aboutir à une déclaration commune.

Quel est l’enjeu pour la question du Sahara ?

La question du Sahara suit un processus politique sous les auspices des Nations Unies et du Conseil de Sécurité mené par le Secretaire général et facilité par Christopher Ross. Aussi, l’Assemblée Générale n’aura pas à aborder la dimension politique, mais comme chaque année, l’Algérie va présenter sa fameuse résolution sur l’autodétermination.

Ce sera l’occasion d’avoir un débat conflictuel. Il y aura des pétitionnaires, des amis, ceux qui croient dans la marocanité du Sahara et qui soutiennent le projet d’autonomie. Et ceux qui sont pro-polisario et qui soutiennent le séparatisme. Ce débat sera sanctionné par une résolution adoptée par consensus. Mais c’est une résolution de forme, il n y aura aucun changement de fond lors de cette assemblée.

Avec quels pays avons-nous des accords bilatéraux et à quel sujet?

Avec le Danemark, nous organisons la Convention internationale contre la torture. Le Maroc est résolument engagé dans les questions des droits de l’homme. Et avec l’Espagne nous organisons un événement sur la médiation et l’importance du dialogue pour le règlement pacifique des différends.

 

23/09/2014