La déclaration du ministère des Affaires étrangères algérien suite aux déclarations de Mezouar devant le Parlement n’étonne personne. Le bla-bla sur les relations entre voisins et pays frères est très convenu et prête plus à sourire qu’autre chose.

Par contre, l’explication de texte est offerte par la presse proche du pouvoir algérien, le vrai c’est-à-dire l’armée, par le palais présidentiel dont le coma persiste. On apprend le nouvel enjeu de nos voisins.

Mezouar aurait réagi, je cite, aux « efforts fournis par l’Algérie pour amener l’Azawad et Bamako à un accord pour la stabilité de ce voisin, alors que le Maroc a dépensé beaucoup d’argent et d’efforts pour initier une solution dans le cadre de l’autonomie ».

Donc, l’enjeu c’est le Mali. Notons d’abord que lorsque Bamako était en danger, encerclée par les jihadistes, Alger n’a pas bougé le petit doigt, se limitant à permettre le survol de son territoire par l’aviation française, sans le déclarer en plus. Le Maroc lui, a fourni une assistance humanitaire, des aides et un soutien au processus démocratique, salué par le nouveau président. Depuis des projets de développement ont été mis en branle. Par rapport à la question Touareg, le Maroc a juste offert ses bons offices en tenant à préciser, par une déclaration officielle qu’il était attaché à l’intégrité territoriale du Mali et au refus de toute violence dans l’expression des revendications. Quant à la diplomatie des valises, ce n’est pas une spécialité marocaine.

Ce tissu de mensonges doit être relié à l’activité de la diplomatie algérienne depuis la réélection de Bouteflika. « A la recherche du temps perdu » tel pourrait être le titre de la séquence que nous vivons.

Alger a tiré le même bilan que tout le monde de la dernière visite royale en Afrique. Ce n’est pas une percée conjoncturelle, encore moins monnayée, mais une vision du partenariat Sud-Sud qui a été consacrée. Nos voisins de l’Est se sont rendu compte que l’on a changé d’optique, que l’Afrique subsaharienne a d’autres ambitions pour ses rapports que celles de positions politiques dans des réunions au sommet. Alors la diplomatie essaie de réagir parfois en puisant d’ailleurs, dans le lexique du développement, sans que cela puisse correspondre à une réalité. L’économie algérienne ultra-dépendante de la Sonatrach n’offre aucun potentiel à une coopération réelle, en dehors de quelques aides dont les Africains ne veulent plus se suffire.

Cette nouvelle frénésie algérienne est vouée à l’échec. Le Maroc a une politique étrangère encadrée par des valeurs. Les pays subsahariens, les dirigeants africains ne sont plus sensibles aux discours éculés. Le système algérien croit pouvoir revenir aux années 80 du siècle dernier. Ce fantasme est suicidaire parce qu’il retarde l’adaptation de ce pays aux temps que nous vivons. Le pouvoir est à l’image de celui qui le représente, impotent, momifié.

Jamal Berraoui

16/07/2014