John Kerry et le dossier du Sahara

Le secrétaire d'Etat américain effectuera du 2 au 5 avril ses premières visites en Algérie puis au Maroc. Cette tournée précède les prochains débats sur le Sahara occidental au Conseil de sécurité de l'ONU qui doit décider de la reconduction de la Minurso en charge de surveiller le cessez-le-feu dans l'ex-colonie espagnole, réintégrée légitimement au Maroc, mais revendiquée par un groupe pseudo indépendantiste créé de toute pièce par feu M. Khadafi et soutenu par l'Algérie : « El Polisario ».

Rappel historique : si au départ l’Algérie était contre la création du Polisario, elle est devenue depuis le soutien le plus zélé des séparatistes du Polisario en les abritant sur son propre territoire, en mettant sa diplomatie à leur service et en leur fournissant toute l’aide matérielle et logistique pour mener leurs actions contre le Maroc, hors de toute considération éthique ni même de respect pour la vie humaine (trafic d’humains, détournement d’aides humanitaires, trafic d’arme et de drogue…).

D’Alger à Rabat, John Kerry devra jouer les équilibristes entre « le partenaire privilégié marocain » et « une Algérie précieuse en termes de sécurité régionale ». Les deux nations sont toujours en querelles diplomatiques sur le dossier du Sahara occidental, où Alger soutient les revendications du Polisario. "Pour Kerry, "le plus grand défi sera de prouver au Maroc que sa stabilité et sa sécurité sont toujours dans les intérêts stratégiques américains, sans mettre en danger l'importante relation entre les États-Unis et l'Algérie", analysait Vish Sakthivel du Washington Institute en novembre 2013."

Mr Kerry s’est trompé de carte ! Tindouf n’est plus au Maroc mais en Algérie !

John Kerry et son équipe se sont évertués à critiquer et accuser le Maroc sur la question des Droits de l’Homme. Ignorant les nombreux efforts réalisés par le Maroc en matière de Droits de l’homme et pourtant salués par la communauté internationale, la fine équipe de Kerry s’est acharnée à réclamer un élargissement du mandat de la Minurso au Sahara marocain au contrôle des droits de l'Homme, alors que toutes les ONG sont déjà sur place, le Maroc leur ayant entièrement ouvert ses frontières depuis plusieurs années. En effet, selon certaines sources des services de John Kerry, « des rapports crédibles indiquent que les forces de sécurité marocaines sont impliquées dans la torture, les coups et d’autres mauvais traitements infligés aux détenus sahraouis ».

Mauvais traitements, torture, meurtres.... c’est exactement ce qui se passe au Sahara, à Tindouf, mais rappelons à Mr Kerry que la ville a été annexée par l’Algérie française depuis quelques années déjà. Le département américain ayant considéré comme « rapport crédible » les allégations des associations pro-Polisario au Sahara, ceci pose un léger problème d'objectivité quant à l'évaluation de la situation réelle des Droits de l'homme de part et d'autre du mur qui protège les citoyens sahraouis marocains.

Kerry & Kerry du mauvais côté du mur

Le problème de John Kerry, c’est Kerry Kennedy, présidente du Centre Robert Kennedy des droits de l’Homme et de la justice, au Sahara. Alors que cinq ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent les violations constantes des droits de l’homme en Algérie et notamment à Tindouf, Kerry Kennedy a refusé de se joindre à elles, montrant ainsi clairement son soutien inconditionnel au Polisario.

Pendant ce temps là, de l'autre côté du mur en Algérie, une fronde sans précédent secoue les camps de Tindouf, les miliciens du Polisario et les éléments du DRS algérien étouffent brutalement la révolte des sahraouis, exaspérés par les privations et la répression. Le Polisario et les services secrets algériens interdisent aux sahraouis de quitter les camps de Tindouf et contrôlent pratiquement tout dans ce qui ressemble à de véritables camps de concentration du désert dans lesquels la torture et les traitements inhumains dégradants sont monnaie courante.

Pour éclairer ses positions, le secrétaire d'Etat américain John Kerry devra mieux filtrer ses sources, il lui sera notamment utile de se pencher sur ce constat d’Amnesty International qui souligne que « le Front Polisario n’a pris aucune mesure pour mettre fin à l’impunité dont bénéficiaient ceux qui étaient accusés d’avoir commis des atteintes aux droits humains dans les camps de Tindouf ». Saura-t-il ensuite convaincre le pouvoir algérien de suivre la proposition des Nations Unies de se rapprocher de son voisin marocain ? A suivre…

 

 Sofiane A. pour Yawatani.com