«L'inclusion du Maroc dans la crise sahélienne, en particulier malienne, s'appuie donc sur une politique à long terme souhaitée par tous les acteurs, y compris par la France et les Etats-Unis», indique la publication. Ph : DR

Il existe une vraie politique sahélienne du Maroc, dont la caractéristique est d'être multidimensionnelle, à la différence de celle menée par l'Algérie, avant tout sécuritaire, souligne l'hebdomadaire «Jeune Afrique» dans sa dernière livraison.

Dans un article intitulé «De Laâyoune à Tombouctou», le directeur de la rédaction du magazine, François Soudan relève que l'engagement marocain au Sahel se décline sur les axes militaire, spirituel, social et politique.

 «A la différence de la politique sécuritaire de l'Algérie au Sahel, celle du Maroc se caractérise par son approche multidimensionnelle» 

 

Sur le plan militaire, explique l'auteur de l'article, l'appui apporté par Rabat au Mali n'a pas été que diplomatique, mais aussi opérationnel, notant que «Le Maroc a intensifié ses programmes de formation, dans les écoles militaires, des cadres issus des armées de plusieurs pays de la régions».

Au volet spirituel, le directeur de la rédaction de «Jeune Afrique» relève que dans le contexte volatile de l'islamisme radical, qui fait volontiers son marché en Afrique de l'Ouest, «l'islam malékite et le référentiel soufi prônés par le Maroc constituent un vrai contrepoids et un vrai levier d'influence».

Pour François Soudan, le programme de formation de 500 imams maliens au Maroc et celui visant à construire et à rénover plusieurs dizaines de mosquées au Mali, en Guinée, au Sénégal et au Bénin sont deux des applications de cette politique. Sur le plan social, l'auteur de l'article estime que la grande pauvreté qui sévit au Sahel est l'un des principaux pourvoyeurs de munitions dans l'arsenal dont disposent les jihadistes, notant que la coopération marocaine a beaucoup investi depuis quinze ans dans des projets de sécurité alimentaire et sanitaire où son expertise est reconnue.

L’engagement marocain au Sahel se décline sur les axes militaire, spirituel, social et politique», François Soudan, directeur de la rédaction du magazine

 

Il donne ainsi pour exemple, la gestion de l'eau, l'élevage, la création de centres de soins ainsi qu'un vaste programme opérationnel de remise à niveau au Maroc de plusieurs centaines de hauts fonctionnaires et responsables administratifs sahéliens.

Concernant le volet politique, la publication indique que c'est à la demande du mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) que S.M. le Roi Mohammed VI a reçu le secrétaire général du mouvement touareg.  «L'inclusion du Maroc dans la crise sahélienne, en particulier malienne, s'appuie donc sur une politique à long terme souhaitée par tous les acteurs, y compris par la France et les Etats-Unis», indique la publication. 

16/02/2014