La récente tentative « échouée » des Etats-Unis d’inclure la surveillance de la situation des droits de l’homme au Sahara dans le mandat de la mission onusienne au Sahara (Minurso) doit servir d’avertissement pour le Maroc en vue d’accélérer le processus de dévolution du pouvoir dans cette région, estime l’International Relations and Security Network (ISN/ réseau des relations internationales et de sécurité, basé à Zurich) dans une récente analyse.

 

« Le conflit du Sahara, qui oppose le Maroc au front Polisario, soutenu par l’Algérie, a engendré de graves conséquences sur les plans humain, économique et politique à travers la région d’Afrique du nord », indique le réseau, rappelant que le conflit a conduit depuis 1975 jusqu’à la proclamation d’un cessez-le-feu en 1991, au déplacement de milliers de personnes.

 

Outre ce coût humain, le conflit « a eu un impact négatif sur la sécurité transsaharienne », poursuit la source, rappelant que le secrétaire-général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a récemment mis en garde contre la vulnérabilité des camps de Tindouf, contrôlés par le Polisario dans le sud-ouest algérien, à l’instabilité et à la radicalisation.

 

« C’est la première fois qu’un secrétaire-général de l’ONU reconnait ce que plusieurs experts avaient qualifié de « bombe à retardement » », indique encore le réseau.

 

L’auteur de l’analyse, Anouar Boukhars, chercheur à l’institut FRIDE (think-tank européen pour l’action globale), met, par ailleurs, l’accent sur la nécessité de cerner les différentes dimensions du conflit du Sahara et les défis politiques qui entravent son règlement.

 

Il argumente, dans ce contexte, que depuis l’ »annexion » de ce territoire en 1975, le Maroc a eu recours à « des menaces » et « des incitations » en vue de gagner le soutien ou au moins l’acquiescement des populations locales.

 

Cependant, le chercheur souligne que la majorité des grandes puissances mondiales, y compris les Etats-Unis, souhaitent voir le territoire rester sous souveraineté marocaine et appuient le plan d’autonomie présenté par le Maroc.

 

D’après lui, les gouvernements occidentaux « craignent les perspectives de création d’un Etat faible dans une région déjà affligée par plusieurs Etats fragiles ou en faillite ».

 

Et de rappeler qu’en 2006, l’ancien secrétaire-général de l’ONU et architecte de la Minurso, Javier Perez de Cuellar, avait écrit dans ses mémoires que l’intégration du Sahara occidental en tant que région autonome au sein du Maroc demeure la seule solution réaliste à ce différend.

 

Se basant sur des témoignages recueillis en juin dernier au Sahara, le chercheur indique que la population locale souhaite une réelle autonomie, y compris une meilleure gestion de leurs ressources naturelles.

 

03/09/2013