Un quatrième mandat présidentiel pour Bouteflika ? Une utopie. Du coup, l'avenir des relations maroco-algériennes dépend de son successeur.

L'Algérie a toujours considéré le Maroc comme son ennemi juré, ne lâchant jamais prise, à l'image de la maladie qui ronge son président Abdelaziz Bouteflika. Rabat continue d'espérer que la sagesse finira par l'emporter pour instaurer une nouvelle page dans ses relations avec ce voisin. L'hebdomadaire Al Ayam consacre son numéro de cette semaine, daté du vendredi 24 janvier, à la maladie de Bouteflika, illustrant ce dossier par une photo du président algérien, alité, l'air égaré. Sur cette photo, Bouteflika "paraît trop faible et impuissant pour pouvoir se porter réellement candidat à un nouveau mandat présidentiel".

 

Al Ayam évoque "les maladies qui affectent le président algérien, notamment son cancer de l'estomac et son accident cérébral". Citant un expert espagnol, la publication arabophone assure que "tous les indices montrent que le président algérien souffre de réels problèmes de santé qui ne lui permettent pas d'exercer sa mission". Aussi, "il semble exclu que Bouteflika puisse se porter candidat pour un nouveau mandat de président", ajoute cet expert selon lequel l'après-Bouteflika s'annonce difficile politiquement pour l'Algérie". Ce pays "va être inéluctablement touché par le printemps arabe. Ses relations avec le Maroc dépendront de la personnalité du successeur" de Bouteflika.

 

L'Algérie à la croisée des chemins

 

L'avenir des relations entre les deux pays fait la Une de plusieurs journaux à paraître ce vendredi 24 janvier, notamment en ce qui concerne le volet relatif au Sahara. A ce titre, Assabah écrit que l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross, a adressé une "lettre claire" à l'Etat algérien, démentant ses allégations sur "la neutralité dans ce conflit et insistant pour que l'Algérie soit la première étape de la nouvelle tournée qu'il a entreprise au début de cette semaine". Dans le même sillage, Annass nous apprend que Ross ne se rendra pas, au cours de son étape marocaine, au Sahara. L'envoyé spécial avance que cette visite a pour objet de recueillir de nouvelles "propositions relatives au plan d'autonomie qui a reçu un accueil favorable de la part des Etats-Unis et de la communauté internationale". Annahar écrit, pour sa part, que "le polisario est appelé à prouver impérativement son indépendance aux populations sahraouies établies dans les camps de Tindouf où l'armée algérienne vient de tuer deux sahraouis". "150 personnes ont manifesté devant la représentation du HCR, demandant l'ouverture d'une enquête sur cet évènement. Des coups de feu ont été tirés par l'armée algérienne contre des sahraouis regroupés sur la frontière algéro-mauritanienne", fait savoir le journal.

 

Il est certain que Abdelaziz Bouteflika est gravement malade et que l'annonce de sa candidature pour un nouveau mandat semble être un leurre, estiment les observateurs. Une période d'incertitude pointe à l'horizon. Au sujet du Sahara, le Maroc refuse que cette question reste l'otage des relations avec l'Algérie. Cette impasse n'est plus tolérable, non seulement au niveau bilatéral mais aussi au niveau régional et maghrébin. L'Algérie est une nouvelle fois interpellée pour se mettre au diapason de l'histoire.

Mohamed Alaoui 

25/01/2014