MAROC- SAHARA OCCIDENTAL : LES ETATS-UNIS, UN ALLIÉ DE POIDS

L’année 2015 marquera le 40è anniversaire de la Marche Verte initié par le roi Hassan II dans le but de récupérer le Sahara occidental occupé par l’Espagne. Un territoire que le royaume chérifien dispute avec le Front Polisario soutenu par l’Algérie. Les négociations durent depuis 7 années sur la base d’un plan d’autonomie proposé par le Maroc et soutenu largement par les Etats-Unis, plus que jamais un allié de poids pour Rabat dans le dossier.

Jamais les relations entre les Etats-Unis et le Maroc n’ont été aussi harmonieuse. L’image du président Barack Obama et du roi Mohammed VI à la Maison Blanche témoigne de l’entente cordiale entre Washington et Rabat. C’était il y a plus d’un an en novembre 2013, le souverain marocain s’entretenait avec le président américain. A cet occasion, les Etats-Unis s’étaient engagés à oeuvrer conjointement avec le royaume chérifien pour l’amélioration des conditions de vie des populations du Sahara occidental. Un engagement interprété alors comme un soutien au Plan d’autonomie du Sahara occidental défendu par le Maroc, au détriment du Front Polisario et de l’Algérie. Un premier pas suivi d’un d’autre en décembre dernier puisque le budget 2015 des Etats-Unis prévoit une enveloppe d’aide pour le développement des provinces du sud au Maroc. A Rabat, il s’agit clairement d’une avancée et d’un soutien de poids face au voisin algérien avec qui les tensions s’expriment ouvertement. A Washington, la proposition marocaine d’autonomie a toujours suscité l’approbation du Congrès, une proposition jugée crédible et surtout susceptible de servir les intérêts américains.

Les motivations américaines

« L’appétit aiguisé » de l’oncle sam est servi. En effet, pour préparer l’autonomie du sahara occidental, le Maroc a investi des milliards de dollars afin d’assurer le développement économique et social de la région devenue attractive sur le plan des investissements dans le cadre d’un programme de régionalisation avancé. En outre, sa situation géographique hautement stratégique renforce ses attraits dans un contexte sécuritaire tendu dans la région sahélo-saharienne. Si les Etats-Unis consolident leur parti-pris dans le dossier du Sahara occidental, cette ligne de conduite répond à certaines exigences. Le sommet Afrique /Etats-Unis, premier du genre en Août dernier a démontré l’intérêt croissant de Washington pour le continent africain marqué par de fortes potentialités. Et le Maroc fait figure de tête de pont dans la stratégie de conquête américaine des marchés francophones en Afrique. L’année 2014 a d’ailleurs été marquée par une série d’événements pour promouvoir le partenariat maroco-américain.

Et parmi les points de convergence de dimension internationale, citons le combat contre DAESH ou l’Etat islamique Syrie et en Irak, une menace pour l’ensemble des pays du Golfe. Le Maroc est doublement concerné. Sa proximité et ses amitiés avec plusieurs monarchies de la région a amené le Maroc à fournir un soutien militaire sur le terrain mais sans marquer un engagement officiel dans les rangs de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis contre DAESH malgré les appels de pied de Washington Une fois encore, la discrétion du royaume chérifien ne passe pas inaperçu. Comme au Mali où des militaires marocains ont semble-t-il marquer leur présence lorsque les troupes françaises et africaines combattaient les djihadistes, le cas de figure se représente dans le Golfe en proie à la menace djihadiste, le Maroc s’est érigé en bouclier anti-DAESH. Sur le plan intérieur, le pays est confronté également à l’activisme des cellules de recrutement de combattants djihadistes à destination des rangs de l’Etat islamique. Ainsi, Les Etats-Unis ne boudent guère cet allié implicite dans la guerre contre DAESH, quitte à sacrifier un possible compromis et règlement du conflit avec la partie adverse, le Polisario soutenu par l’Algérie.

Désavoué par Rabat pour « sa partialité », l’émissaire de l’ONU pour le Sahara Christopher Ross devrait avoir de plus en plus de mal à manoeuvrer 7 ans après le lancement des négociations de paix, sur la base d’une offre marocaine d’autonomie que les Etats-Unis approuvent. 2015 marquera le 40ème anniversaire de la Marche verte lancée par le roi du Hassan II le 6 novembre 1975 dans le but d’annexer ce territoire occupé par l’Espagne, un territoire que le Maroc revendique depuis son indépendance en 1956. Mohammed VI promet cette année un tournant dans le dossier saharien.

03/01/2015