Le discours royal au parlement, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année de la législature a insisté sur une notion de la plus grande importance, à savoir le patriotisme. Cette fierté d’appartenir à une nation, à une culture, à une Histoire, sans être exclusif, en faisant de l’ouverture aux autres, une vertu. Si le Maroc a pu éviter le parti unique, sortir par le haut de ce que l’on a nommé, improprement, le printemps arabe. C’est justement parce que ce sentiment, cet enracinement, est réel et que quelque soit le positionnement politique, l’attachement à la patrie est une réalité. C’est un socle qui nous a permis d’abord d’obtenir notre indépendance de manière exceptionnelle. Le mouvement national et la monarchie ont scellé une alliance unique en son genre. Partout ailleurs, la décolonisation a sonné le glas des régimes en place. Pas au Maroc où la monarchie a consolidé sa légitimité en épousant la cause de l’indépendance et en acceptant d’en payer le prix. Au-delà des réalisations socio-économiques, des avancées démocratiques, cette valeur du patriotisme est la plus importante pour l’avenir. C’est elle qui nous permet d’envisager le vivre ensemble, malgré nos divergences et parfois des référentiels en apparence inconciliable. Mais il faut être vigilant. Comme toutes les valeurs, le patriotisme a besoin d’être entretenu. Le discours royal en a fait état, les hommes politiques ont une grande responsabilité dans ce devoir de transmission. Le système éducatif dans son ensemble doit apprendre à nos jeunes ce que nous sommes. De Juba II, les Idrissides, les Almohades, à l’histoire contemporaine, comment le Maroc a influé sur son environnement. Pour être fils d’une Histoire, encore faut-il la connaître. Ce qui nous a permis d’assurer la stabilité du pays, d’avancer malgré les divergences, c’est notre attachement au Maroc. Cela fait partie du capital immatériel. Nous sommes un véritable Etat-Nation, qui a dépassé toutes les secousses historiques, sans s’effriter, ni perdre son identité. C’est ce qu’il faut transmettre à nos enfants, qui à l’heure de la mondialisation peuvent être attirés par de fausses pistes identitaires, genre « Daech », ou une uniformisation à l’occidentale. C’est notre devoir à tous que de transmettre la flamme du patriotisme, valeur cardinale et première richesse de ce pays.

Ahmed Charai

18/10/2014