artur mas

La justice espagnole a condamné, hier, l’ancien président de la Catalogne à deux ans d’inéligibilité. Il a eu le «tort» de plaider l’indépendance de sa région de l’Espagne. Presque au même moment, une forte délégation espagnole, composée d’avocats et de juristes, apporte son appui à des sahraouis qu’elle présente comme des «indépendantistes».

 

Le procès de Gdim Izik a repris lundi 13 mars à la Chambre criminelle près de la Cour d’appel de Salé. Presque au même moment, le Tribunal suprême de justice de la Catalogne condamne l’ancien président de la Generalitat, Artur Mas, à deux ans d’inéligibilité et 36.500 euros d’amende.

Le TSJC reproche au politique de centre-droit d’avoir organisé, le 4 novembre 2014, un referendum d’indépendance de la Catalogne. Une consultation, faut-il le rappeler, interdite et par le gouvernement de Madrid et le tribunal constitutionnel espagnol.

C’est ce défi ou cette «désobéissance», selon les termes du quotidien conservateur El Mundo, qui vaut à Mas une telle condamnation. Il est ainsi privé de prendre part à d'éventuelles élections législatives anticipées en Catalogne.

La majorité des partis condamnent le projet indépendantiste de la Catalogne

A Barcelone, le procès d’Artur Mas et de ses deux co-accusés n’a pas mobilisé les associations d’avocats, magistrats et «observateurs» espagnols. Une absence qui ne surprend guère. Elle découle du rejet du projet indépendantiste catalan par les grands partis du voisin du nord, notamment PP, PSOE et Ciudadanos.

En revanche à Salé, ils étaient venus nombreux assister au procès de Gdim Izik. La séance d’hier n’a pas dérogé à la règle. Le contingent des Espagnols est toujours le premier numériquement à répondre présent dans ce genre d’affaire touchant le Maroc.

Les avocats des 24 sahraouis, mis en cause dans l’assassinat de onze membres des forces de sécurité lors du démantèlement du campement de fortune de Gdim Izik en novembre 2010, ont tenté de faire le procès de la présence marocaine au Sahara. Et de présenter les accusés en tant que «défenseurs de l’indépendance de leur territoire contre l’invasion marocaine».

Artur Mas n’a pas eu droit au même traitement alors même qu'il défend pacifiquement le droit des Catalans à l'indépendance. Un peuple ayant sa propre langue, sa propre culture et sa propre histoire différentes de celle du pouvoir central. Pour rappel, la création du Parlement catalan remonte à 1162 sous l’autorité d’un prince catalan. Un régime qui a duré jusqu’en 1716, date de son abolition par la monarchie espagnole.

L’actuel président de la Catalogne, Carles Puigdemont, prévoit d’organiser un nouveau referendum d'indépendance cette année.

 

14/03/2017