Cela fait presque quatre ans que le projet de régionalisation du royaume chérifien doit relancer la gouvernance territoriale. Une réforme sans précédent initiée par le roi Mohammed VI dans le but de renforcer officiellement la démocratisation de l’état marocain trois ans après le soulèvement populaire dans les pays arabes et la contestation du 20 février 2011 au Maroc. Le projet devrait aboutir à un découpage régional fonctionnel fixant le nombre des régions à 12 au lieu de 16, ce qui représente une réduction de 25%. Dans son discours à la nation à l’occasion de la fête du trône, le souverain marocain a annoncé la concrétisation de la régionalisation avancée. « Le Maroc s’apprête à mettre en place la régionalisation avancée dans les différentes régions du Royaume, avec, en tête, nos provinces du Sud ».« Cette régionalisation est de nature à permettre de respecter les spécificités régionales et favoriser une gestion démocratique, par les populations de la région, de leurs affaires locales, dans le cadre du Maroc unifié des régions », a souligné le souverain.

La bataille de la régionalisation pour préserver son intégrité territoriale

La principale région visée est le Sahara Occidental. Le royaume a toujours priorisé ce territoire présenté comme l’un des premiers bénéficiaires du projet de régionalisation avancée. « initiative dont le Conseil de Sécurité a, dans sa dernière résolution, souligné une nouvelle fois le sérieux et la crédibilité » a souligné Mohammed VI sans manquer de réaffirmer l’attachement du Maroc au Sahara Occidental « la question du Sahara est la première cause de tous les Marocains et une responsabilité qui nous engage tous », a-t-il déclaré en appelant «  à faire preuve encore et toujours de vigilance et de mobilisation collective et à engager les initiatives nécessaires pour anticiper les manœuvres des adversaires ». Régionalisation et gouvernance territoriale indissociables pour préserver l’intégrité territoriale du Maroc. Le message est clair. Alors que les partis politiques devaient formuler des recommandations, l’opposition marocaine a rejeté l’avant-projet de loi courant juillet. Son discours tranche résolument avec celui du Palais. Elle dénonce un retour en arrière et le non-respect du principe de gestion autonome des régions. L’Istiglal parle même d’une régionalisation arriérée. Mercredi, le Roi Mohammed VI a regretté les disparités sociales encore persistantes. Dans l’optique des prochaines échéances électorale en 2015, la régionalisation avancée pourrait donc s’accélérer, promesse d’une meilleure répartition des richesses. Présentée avant tout comme une plus-value pour les régions, elle devrait surtout resserrer les rouages de la gouvernance territoriale.

 

Véronique Mansour

31/07/2014