La réponse de Mr.Khalfi à Kerry Kennedy

Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi a publié, le 11 février sur le site de la CNN,  sa réponse a la colonne de Kerry Kennedy, présidente du centre Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’homme. A travers sa réponse, il revient point par point sur les accusations de la nièce de JFK.

Mustapha El Khalfi prend bien le temps de répondre à tous les rapports critiques envers le Maroc. Après celui de Human Rights Watch accusant le royaume de maltraiter les migrants et la publication critique de Kerry Kennedy, le porte-parole du gouvernement est sur plusieurs fronts en ce début du mois de février.

 

Protection des droits de l’homme et mission de la MINURSO

 

Dans sa colonne, Kerry Kennedy évoque des « violations des droits de l’homme par la police marocaine» ainsi que des cas «  d’intimidation et de torture ». Pour le porte-parole du gouvernement, « le Maroc a fait des progrès significatifs » en terme de protection des droits de l’homme et indique que «  deux commissions régionales ont été établies (ndlr : par le Commission Nationale des Droits de l’Homme) à Dakhla et Laayoune, et surveillent indépendamment la situation des droits de l’homme.»

La présidente du centre Robert F. Kennedy regrette l’absence de la composante des droits de l’homme dans la mission de la MINURSO. Celle-ci a largement été débattue en avril dernier lors du renouvellement de cette mission. Pour le ministre de la communication, cette composante n’était pas présente dans cinq des quatorze missions de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Un argument pas tout à fait vrai, puisque que toutes les missions de maintien de la paix depuis  1991, excepté la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abiye (Sud Soudan) et la MINURSO, comporte cette composante.

 

Traitement des prisonniers et blocage de l’accès au Sahara

 

La fille du sénateur Bob Kennedy déplore également le décès de quatre prisonniers séjournant a la prison d’Ait Melloul indiquant que ceux-ci sont morts dans l’enceinte même du pénitencier. Khalfi réfute l’accusation en indiquant que seuls deux prisonniers d’Ait Melloul sont morts et que celles-ci ont eu lieu à l’hôpital Hassan II d’Agadir des suites de problèmes de santé.

Autre grief : l’absence de transparence. Pour Kerry Kennedy, « le Maroc barre constamment l’accès au Sahara Occidental aux observateurs en matière de droits de l’homme et aux journalistes ». Ce à quoi le porte-parole du gouvernement répond :« depuis 2 000, 14 délégations de l’ONU sont venus au Maroc […] y compris le groupe de travail de l’ONU pour les détentions arbitraires, ainsi que le rapporteur spécial pour la torture en 2012 ». Il faut tout de même noter qu’aucune réponse n’a été donnée concernant les journalistes.

Enfin, le ministre de la communication reproche à Kennedy de ne pas avoir mentionné le traitement des refugies dans les camps de Tindouf ainsi que le Mustapha Ould Salma qui ne peut voir sa famille enfermée dans les camps.

13/02/2014