Sécurité et développement territorial : Dans le Nouveau Modèle de Développement  pour les provinces du Sud

Un projet audacieux que propose le Maroc pour le développement de l’ensemble de son  territoire, à commencer par ses Provinces du Sud

 

Le Nouveau Modèle de Développement pour les Provinces du Sud dans ses interactions avec les questions de sécurité et de développement territorial est construit autour de  trois piliers,  qui constituent les leviers fondamentaux de la sécurité et du développement territorial dans les provinces du sud :

 

Une démarche de réforme ;

une approche nouvelle en matière d’exercice de la démocratie ;

et un modèle de développement dont le contenu est fondé sur une stratégie de rupture qui traduit une réelle volonté de changement dans les Provinces du Sud, pour les Provinces du Sud et par les acteurs et forces vives des Provinces du Sud.

I. Une démarche de réforme :

 

Cette démarche  consiste à réformer selon cinq principes directeurs :

 

Réformer en profondeur en opérant des ruptures et des inflexions majeures ;

Réformer de façon graduelle ;

Réformer par l’écoute des forces vives de la région ;

Réformer à partir des attentes, des besoins et des aspirations des populations de la région ;

Et de réformer en tenant compte des spécificités des territoires qui composent la région.

Cette démarche s’appuie à son tour sur une approche nouvelle s’inspirant des bonnes pratiques en matière d’exercice de la démocratie participative.

 

II. Une  approche nouvelle en matière d’exercice de la démocratie :

 

Cette approche est fondée sur deux piliers :

 

L’évaluation objective et raisonnée de l’effectivité des Droits Humains fondamentaux dans leurs dimensions économique, sociale, culturelle, environnementale et celle ayant trait à la gouvernance.

Et la participation des population et de leurs représentants à partir d’un large processus d’écoute de tous les acteurs et forces vives des trois régions qui composent les Provinces du Sud, qu’il s’agissent des organisations syndicales, des acteurs de la société civile, des représentants du monde de l’entreprise, des élus, des responsables locaux, des jeunes , des femmes et organisations de défenses des Droit de l’Homme , ainsi que des contributions citoyennes et scientifiques recueillies par le site qu’a ouvert le conseil aux citoyens désireux d’apporter leurs contributions. C’est ainsi que plus de 50 réunions ont été tenues et plus de 1500 personnes ont été auditionnées.

L’objectif de cette approche est de permettre une appropriation du projet par la population, une adhésion au projet, et la réunion des conditions d’une mise en œuvre réussie du nouveau modèle de développement dans les provinces du sud.

 

III. Les fondements du modèle :

 

Le nouveau modèle de développement pour les provinces du sud est basé sur une stratégie de changement construite autour de  cinq inflexions et ruptures majeures sur les plans économique, social, culturel et environnemental et de la gouvernance.

 

Sur le plan économique :

La première inflexion consiste à ce niveau à rompre avec l’économie de rente en favorisant trois évolutions au niveau des activités productives :

 

1ère évolution : libérer les initiatives créatrices de richesses en créant un climat institutionnel des affaires favorisant l’éclosion et le développement d’un secteur privé fort et attractif ;

2ème évolution : Redéfinir les nouvelles missions économiques de l’Etat pour que celui-ci ne fasse que celles que le secteur privéne peut faire et mieux accomplir ;

3ème évolution : Promouvoir un large secteur de l’économie sociale et solidaire qui prend appui sur les avantages comparatifs des différentes composantes de ce secteur (la culture, l’artisanat, le tourisme durable, les énergies renouvelables, la bio-agriculture, les sports de la mer, etc..).

L’objectif de cette stratégie est d’élargir la base sociale de l’activité productive pour permettre à toutes les composantes de la population et à toutes celles et tous ceux parmi les citoyens des trois régions qui composent les provinces du sud qui  veulent entreprendre, prendre des risques, innover et  créer de la richesse dans leurs régions et ce à travers :

 

Une gouvernance économique qui garantit l’égalité des chances, la concurrence loyale et la transparence ;

La mise en place d’un code des investissements dédié aux provinces du sud ;

Et la création d’un fond d’impulsion des activités économiques dans ces provinces.

Il s’agit par ces outils de permettre l’éclosion d’une classe moyenne la plus large possible et de favoriser la mobilité sociale et ce afin que les richesses de la région ne profitent pas seulement  à une minorité de privilégiés et de  rentiers.

 

Sur le plan social :

A ce niveau, la rupture consiste à passer de l’assistance à une action sociale et solidaire mieux organisée, pilotée, ciblée autour des véritables catégories et quartiers pauvres.Pour cefaire, le modèle propose de substituer à la nature éclatée actuelle du système d’aides sociales  un pilotage institutionnel unifiée assurant la mutualisation des ressources, la convergence des programmes, la cohérence de l’action sociale et un meilleur ciblage qui rompt avec le système d’aide monétaire et en nature qui est grevé de déviances et de dysfonctionnements multiples.

 

L’objectif finale est de permettre aux citoyens pauvres de sortir  de la situation de pauvreté par la formation et l’encouragement à l’auto-emploi et donc à travers des mécanismes productifs d’insertion socio-professionnelle durables. Fait important à signaler, une attention particulière sera accordée aux citoyens Marocains séquestrés dans les camps de Tindouf appelés à regagner leur mère patrie et  pour lesquels un fonds spécial sera dédié et une approche nouvelle plus intégrée sera mis en place. Celle-ci prendra en ligne de compte toutes les dimensions attenantes à leur retour, notamment la formation, l’insertion socio-professionnelle, le logement,  la connaissance de l’environnement  dans lequel ils vont vivre, et la prise en charge des aspects socio- psychologiques.

 

Sur le plan culturel

Il s’agit d’ériger  la culture hassani non seulement en tant que  droit humain fondamental, mais aussi et surtout un secteur de création de richesses et de promotion de l’emploi et donc un vecteur  de développement territorial.

 

Sur le plan de gestion des ressources naturelles :

Le modèle propose une nouvelle approche fondée sur trois principes directeurs :

 

La consultation des représentants des populations sur le meilleur mode d’utilisation des ressources de leurs régions ;

La mise en place de mécanismes permettant la prospection, l’extraction et la transformation des ressources minières, énergétiques, hydriques , halieutiques et agricoles  au bénéfice de l’amélioration des conditions de vie  des populations et du développement économique et sociale de leurs régions ;

Et la préservation des intérêts des générations futures par la mise en place d’un système approprié de tarification garantissant le renouvellement des ressources et favorisant une  gouvernance responsable et ce  sur la base de cahiers de charge précis fixant les droits et les obligations des parties prenantes. Il s’agit par cette procédure de  mettre un  terme aux situations de rente et à la gestion anarchique de la ressource qu’il s’agisse de l’eau, de la pêche ou des autres secteurs. Il s’agit par ces actions de réguler positivement toutes les déviances l’ancien système  en vue de faire de l’égalité des chances devant l’acte économique un principe de gouvernance des ressources naturelles.

Dit autrement, le modèle propose une rupture avec le système actuel d’octroi non contrôlé  de licences au profit d’une gouvernance nouvelle dont l’objectif est de prospecter, extraire et valoriser les ressources qu’elle soit minières, énergétiques, hydriques, agricoles et halieutiquesou autres au bénéfice de l’amélioration des conditions  de vie des populations et du développement économiques durable de leurs régions.

 

La 5èmerupture, enfin a trait à la gouvernance

A ce niveau le Nouveau Modèle de Développement pour les Provinces du Sud propose que cette gouvernance soit assise sur une régionalisation avancée et  une gouvernance responsable et participative.

 

Une régionalisation avancée car elle  va donner de larges pouvoirs aux représentants des populations, tout en organisant les rapports entre l’Etat et les régions sur la base de la contractualisation.

 

Une gouvernance participative qui vise à promouvoir  les bonnes pratiques du dialogue civil et de la démocratie participative. A cet effet, des instances consultatives régionales sont prévues par le NMDPS.

 

Une gouvernance responsable , enfin  basée sur la mise en place d’outils et de mécanismes de suivi, de contrôle, d’évaluation et de reddition des comptes de toutes les composantes du NMDPS , ainsi que  sur un contrôle populaire par les représentants des populations de l’usage qui sera fait  de toutes les ressources quelle qu’en soit la nature financière et/ou naturelles  au moyen d’instances dédiées.

 

Toutes ces inflexions et ruptures majeures visent à atteindre six objectifs essentiels :

 

Renforcer la confiance des populations dans les institutions et dans le nouveau modèle de développement dans son ensemble ;

Permettre l’appropriation du modèle  proposé ;

Favoriser l’adhésion des populations et des forces vives de la région à ce modèle ;

Développer la participation citoyenne des acteurs ;

Renforcer l’engagement des acteurs et forces vives de la région dans la mise en œuvre du modèle ;

Et corrélativement, garantir les conditions prennes  de la sécurité et du développement du territoire.

C’est ce projet audacieux que propose le Maroc pour le développement de l’ensemble de son  territoire, à commencer par ses Provinces du Sud et c’est ce modèle qui constitue le vrai levier de la réalisation de la sécurité régionale et du développement territoriale, non seulement dans les provinces du sud du Maroc, mais aussi  pour l’ensemble Africain  au sud du Sahara.

 

QUID

 

01/05/2015