Rabat – En récupérant son Sahara, région exsangue à sa libération du joug du colonisateur espagnol, le Maroc a très vite multiplié les initiatives en faveur de la population locale, lançant de vastes chantiers de développement. Quarante ans après, le visage de nos provinces du sud s’est complètement transformé.
Une transformation radicale qui impressionne aujourd’hui, sachant que le colonisateur espagnol n’a pas réalisé au Sahara marocain le moindre projet de développement, comme le notent les historiens.
A la récupération de nos chères provinces du sud, grâce à la glorieuse Marche Verte, événement majeur dans les annales de l’histoire contemporaine, le Maroc a placé le développement de la région à la tête de ses priorités nationales, déployant de grands efforts pour combler les carences au niveau des infrastructures socio-économiques, réussissant en quelques décennies seulement à faire de la région sud du Royaume un modèle sur le plan du développement durable et inclusif et ce, malgré les manœuvres des ennemis de l’intégrité territoriale.
Loin de céder à la provocation des séparatistes et leurs parrains qui cherchent à entretenir les tensions autour d’un conflit artificiel, le Maroc a fait le choix de la diplomatie, privilégiant les démarches pacifiques. Des efforts couronnés par l’organisation le 6 novembre 1975 d’une Marche Verte, une marée humaine de 350.000 Marocains et Marocaines, obligeant, sans armes ni effusion de sang, le colonisateur espagnol à plier bagage.
En foulant le sol des provinces du sud, le visiteur est d’emblée frappé par la dynamique de développement tous azimuts dans une région dotée de tous les attributs des villes modernes, d’institutions à la dimension de l’ambition du projet de régionalisation avancée mais aussi d’une société civile très impliquée dans la gestion de la chose locale.
Un formidable essor de développement salué par la parlementaire usfpéiste Rkia Derhem qui note les progrès enregistrés notamment dans les domaines des infrastructures, l’enseignement, la santé, l’alimentation en eau et électricité ou encore l’assainissement, relevant aussi le patriotisme des élus qui siègent dans les conseils communaux et régionaux.
Dans une déclaration à la MAP, Mme Derhem souligne que le Maroc a réussi durant ces quatre dernières décennies à réaliser de vastes chantiers de développement dans les provinces du sud à la faveur d’importants investissements nationaux et internationaux, disant que cet essor soutenu et continu est visible sur tous les plans, permettant même de faire émerger de sable une nouvelle ville, Boujdour, jadis un village de pêcheurs connu surtout pour son monumental phare.
Et de souligner que la participation massive des populations des provinces du Sud aux dernières élections communales et régionales, meilleur taux au niveau national, est l’illustration parfaite de leur patriotisme et leur attachement indéfectible à l’intégrité territoriale du Royaume.
La même satisfaction a été affichée par le président du Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (CORCAS), Khalihenna Ould Errachid, qui a été l’invité en avril dernier du Forum de la MAP sur le thème “La gouvernance dans les provinces du sud et les nouveaux acquis en matière de droits de l’Homme’’.
M. Ould Errachid avait noté alors que toute évocation de la gouvernance dans les provinces du Sud doit prendre en compte les priorités de chaque étape traversée depuis 1976, époque où la région ne disposait d’aucun prérequis de développement, indiquant que 80 pc des habitants des provinces du Sud, qui ont vu le jour après 1976, font partie d’une génération qui a bénéficié de l’effort considérable de développement déployé par le Maroc depuis la récupération de son Sahara.
Après le recouvrement de la souveraineté marocaine sur les provinces du sud, la priorité première et pressante était la mise en place de conditions de vie digne pour les citoyens, a-t-il rappelé, notant qu’étant donné que le volet politique ne constituait pas une priorité à cette époque, le Maroc s’est notamment attelé à jeter les bases du développement économique et social de la région.
Cet effort, a-t-il précisé, a porté essentiellement sur la construction des ports et la promotion de l’export et des activités commerciales, ce qui a permis l’ouverture de nouvelles perspectives et l’émergence d’une population moderne et instruite, totalement différente de celle qui a vécu sous le joug de la colonisation espagnole.
Un développement inclusif et des progrès considérables ont été accomplis dans tout le territoire du Sahara marocain comme en atteste le dernier rapport économique et financier annexé au projet de loi de finances 2016 qui indique que les provinces du Sud ont enregistré en 2013 le taux de pauvreté le plus bas à l’échelle nationale (6,5 pc) et aussi sur le plan des disparités sociales.
De même, le document note de meilleures performances des régions du sud du Royaume dans les domaines de l’encadrement pédagogique, les infrastructures scolaires dans le cycle primaire, les prestations sanitaires ou encore le logement.
Dans le domaine de l’éducation, la même source note que la région de Oued Eddahab-Lagouira a enregistré un taux de réussite de 64 pc au baccalauréat ainsi que le taux d’analphabétisme le plus bas, à savoir 12,5 pc, contre 12,8 pc dans la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra (selon l’ancien découpage administratif).
Sur le plan économique, les provinces du Sud impressionnent par leur potentiel d’investissement, enregistrant les taux les plus élevés à l’échelle nationale en matière de création des entreprises entre les années 1998-2012 et ce, à hauteur de 15,4 pc pour Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, de 8,9 pc pour la région Oued Eddahab-Lagouira et de 6,1 pc pour la région de Guelmim-Smara.
Le rapport note également des taux de progression élevés du produit intérieur brut par rapport aux autres régions des Royaume, avec respectivement 11,6 pc et 11,3 à Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra et à Oued Eddahab-Lagouira.
Un effort soutenu de développement auquel le secteur privé prend activement part comme en atteste l’annonce faite en mars dernier par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), à l’occasion de la tenue à Laâyoune de son Forum sur l’investissement dans les provinces du Sud.
A la clé, le lancement de 60 projets d’une valeur totale de plus de 4,2 milliards de dirhams qui permettront la création de 10.000 nouveaux emplois dans les trois grandes régions de nos provinces du Sud et ce, dans les domaines de l’agro-alimentaire, le BTP, les services, la pêche, la santé, le transport et l’immobilier.
Pour appuyer cet effort de développement, le projet de loi de finances 2016, en discussion au parlement, consacre un important budget pour les investissements dans les provinces du Sud comme en témoignent les chiffres: 2,479 milliards de dirhams contre 2,314 MMDH en 2015 pour la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, 1,4 MMDH contre 1,29 MMDH pour la région de Guelmim-Oued Noun et 670 millions de dirhams contre 629 MDH en 2015 pour la région de Dakhla-Oued Eddahab.
De plus, le nouveau modèle développement pour les provinces du Sud conçu par le Conseil économique, social et environnemental contribuera certainement à cette dynamique en aidant à identifier les dysfonctionnements grâce à une démarche participative qui repose sur quatre axes principaux.
Il s’agit de la promotion d’un développement humain durable et inclusif, la participation de tous les intervenants et des populations à l’élaboration et la mise en œuvre des projets de développement, le respect des droits de l’Homme ainsi que la consolidation du rôle de l’Etat en tant que garant du respect de la loi.
Ce modèle de dernière génération vise, d’ici 10 ans, à doubler le produit intérieur brut dans les provinces du Sud et à créer plus de 120.000 nouveaux emplois, pour réduire de 50 pc le taux de chômage des jeunes et des femmes, tout en veillant à améliorer la connectivité des régions du Sud pour favoriser leur intégration dans le vaste bassin économique maritime allant de la côte nord du pays à celle de l’Afrique de l’Ouest et des Iles Canaries. S’y ajoute l’ambition d’atténuer les disparités sociales et de lutter contre les précarités pour élargir l’assise de la classe moyenne.

Par Khalid El Aimouni -

04/11/2015