Sahara marocain, les atouts de Rabat, le dépit d’Alger

M. Christopher Ross, envoyé spécial pour le Sahara occidental marocain du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, était à Rabat en début de semaine où il a été reçu par M. Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.

 

Cette entrevue a ainsi marqué la dernière étape de la tournée maghrébine du diplomate onusien alors que plusieurs sources lui prêtent la volonté d’organiser un round de contacts directs et exclusivement  réservés au Maroc et aux séparatistes du F. Polisario dans une capitale européenne.

 

L’annonce du principe d’une telle réunion dans un pays d’Europe du Nord avait été faite au début de janvier 2014 par des représentants des séparatistes pour être ensuite démentie à partir d’Alger, siège des maîtres du groupement mercenaire basé à Tindouf.

 

Les cartes du Royaume

 

Sachant que le pouvoir algérien n’est pas aujourd’hui au mieux de sa forme, avec un président très affaibli physiquement et à qui l’on prête pourtant l’intention de briguer en avril prochain un nouveau mandat, on se demandera si M. Ross aura eu quelque succès dans sa démarche qui, objectivement, peut paraître novatrice et intéressante…

 

En effet, le Royaume, qui dispose de l’atout majeur de la pleine  et totale souveraineté et d’une présence incontestable sur le territoire du Wadi Eddahabb et de la Saquiat Al Hamra,  qui y engage des milliards de dirhams chaque année, tant en investissements d’infrastructures que sous diverses formes de soutien aux populations locales, n’a rien à craindre de contacts directs et « en tête à tête » avec les séparatistes.

 

Mieux encore, il a pour autre atout éminent son plan de large autonomie des provinces du Sud considéré par le Conseil de Sécurité de l’ONU comme crédible et constructif, alors que le F. Polisario s’accroche désespérément à l’option d’un référendum dont chaque observateur un tant soit peu honnête souligne l’impossible concrétisation pour une foule de raisons objectives.

 

Enfin, dans sa volonté de prouver son engagement en tant qu’État souverain sur son territoire de Tanger à Lagouira, le Royaume, à travers une récente étude produite par l’éminent Conseil Economique, Social et Environnemental, a émis une série de propositions pertinentes. Elles témoignent de sa préoccupation majeure, celle d’un développement harmonieux et équilibré des territoires du sud saharien marocain et de la prospérité de ses habitants, dans un cadre de gouvernance démocratique et représentative.

 

Tels sont quelques-uns des éléments qui plaident en faveur d’une démarche décomplexée du Maroc et qui donnent à croire que Rabat n’hésiterait pas à prendre langue avec le F. Polisario à l’initiative d’un Christopher Ross qui, tout comme nous, connait fort bien l’origine des blocages…

 

Les va-t-en guerre

 

En effet et comme en témoignent les dépêches et articles surréalistes de la presse algérienne, totalement alignée sur les instructions du palais de la Mouradia, l’Algérie officielle continue dans son obstination butée de refus de toute avancée sur ce dossier. Le pouvoir algérien, travaillé par des tiraillements centrifuges, ne trouve son salut et son apparente cohésion qu’à travers cette « union sacrée » des généraux, des politiques et des journaleux contre la marocanité du Sahara occidental, laquelle pourtant, bénéficie de soutiens de plus en plus larges.

 

Bouteflika et ses conseillers, galonnés ou en civil, ne peuvent ignorer par exemple un fait majeur, intervenu le 17 janvier dernier à Washington et sur lequel pourtant la presse algérienne s’est bien gardée de communiquer. Il s’agit de la promulgation par le Président américain Barack Obama de la loi de finances 2014 pour le Budget fédéral à l’issue de son approbation par les deux chambres du Congrès des Etats-Unis. Cette  Public Law contient une grande première, celle d’autoriser des financements budgétaires fédéraux américains pour des projets proposés par le Royaume du Maroc À RÉALISER DANS NOS PROVINCES SAHARIENNES !!!

 

Voilà, concrètement, l’un des premiers effets positifs et majeurs, du récent séjour aux Etats-Unis du Roi Mohammed VI. Cette avancée marque également un revers pour le lobby anti-marocain, pourtant très actif, tant dans les couloirs du Capitole que dans les bureaux du State Department de John Kerry…

 

Ce signal très fort émis par l’Administration Obama et le pouvoir législatif américain est à rapprocher du récent vote par le Parlement européen de l’accord de pêche entre l’Union Européenne et le Maroc, qui, volens nolens, marque la souveraineté du Royaume sur les eaux  du Sahara occidental. Un vote historique également qui avait donné lieu à des crises de colère très mal contenue à Alger !

 

Ainsi, comme on peut le reconnaître aisément, la cause nationale marocaine a marqué de précieux points ces dernières semaines, tandis que plusieurs États, tel le Paraguay notamment, retiraient leur reconnaissance diplomatique à la fantomatique RASD.

 

Tous ces éléments confortent le sentiment qu’aujourd’hui, le Maroc est objectivement en position de force dans la sévère bataille diplomatique qui l’oppose depuis des décennies à l’Algérie officielle. Celle-ci, hypocrite et dissimulatrice,  pratique la politique de Janus Bifrons, une face proclamant sa neutralité dans l’affaire du Sahara marocain, l’autre oeuvrant activement, directement et par le F.Polisario interposé, à contrecarrer la volonté de préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Maroc.

 

Et c’est bien parce que le pouvoir algérien pratique le double jeu, dangereux d’ailleurs pour la paix et la stabilité régionales, que le Budget consacré par l’Etat algérien à son armée est aujourd’hui le plus élevé d’Afrique, devant l’Egypte et l’Afrique du Sud.

 

En effet, le journaliste d’El Païs Ignacio Cembrero, que l’on ne saurait accuser de sympathie envers le Maroc, écrivait récemment dans les colonnes du site  web du quotidien madrilène :

 

“Face à la politique de réduction des dépenses publiques, le budget de la défense marocaine reste cependant l’un des rares qui aient augmenté pour 2014 : 0,73 % de plus, soit  2822 millions d’euros.

 

Cette augmentation n’a aucune commune mesure avec celle de l’Algérie dont le budget de la défense, avec ses 9286 millions d’euros, est maintenant le poste principal du budget d’Alger. Avec l’Intérieur, il absorbe pas moins de 36 % des dépenses publiques.

 

(In Portail El Païs Internacional du 26 janvier 2014)

 

Comment dit-on “Ite missa est”, (la messe est dite) en espagnol et en algérien ?

 

Fahd YATA