Sahara marocain : Pour la mise en œuvre de la régionalisation avancée

A plusieurs occasions, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a souligné l’importance de ce chantier pour nos provinces du Sud. «Ces régions qui sont si chères à Notre cœur ont connu, depuis leur récupération, de nombreuses réalisations dans les domaines les plus variés.

Cependant, les chantiers que nous allons engager, avec l’aide de Dieu, l’année prochaine, devraient être déterminants pour l’avenir de la région, car il s’agit de la mise en œuvre de la régionalisation avancée et du modèle de développement de nos provinces du Sud», a indiqué le Souverain dans un discours à la Nation à l’occasion du 39ème anniversaire de la glorieuse Marche Verte, jeudi 6 novembre 2014.

Cette année donc devra marquer un tournant dans cette affaire qui n’a que trop duré. «Mais la régionalisation à laquelle nous aspirons ne se réduit pas à des textes juridiques et au transfert, du centre vers les régions, des ressources matérielles et humaines. Nous voulons plutôt qu’elle soit fondée sur le patriotisme sincère impliquant un attachement sans faille à l’intégrité territoriale de notre pays. Nous voulons des zones et des régions solidaires, complémentaires, qui s’entraident et se soutiennent mutuellement», a ajouté le Souverain. Il faut souligner que la régionalisation avancée a été inscrite dans le texte de la nouvelle Constitution.

Dans l’affaire du Sahara marocain, un grand pas a été franchi avec la régionalisation avancée.

L’article premier de la Loi fondamentale stipule que l’organisation territoriale du Royaume est décentralisée, fondée sur une régionalisation avancée. Un projet qui a attiré particulièrement l’attention du Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui a élaboré une plate-forme d’analyse et de propositions pour un nouveau modèle de développement pour les provinces du sud du Royaume. «Réussir ces inflexions nécessite de passer d’une logique centralisée à une gestion plus décentralisée et déconcentrée. Pour être efficace, la mise en œuvre du nouveau modèle de développement doit, en effet, s’appuyer sur une autonomie de décision et de réalisation des projets au niveau des provinces.

La régionalisation avancée en constitue le cadre institutionnel déjà défini par la Constitution de 2011», relève-t-on dans ce rapport du CESE. Le document précise que la réussite du nouveau modèle de développement nécessite un pilotage de haut niveau qui sera assuré par la création d’une Haute Autorité chargée de suivre la mise en œuvre du nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud. Elle sera notamment chargée de l’évaluation des programmes, de la contractualisation des objectifs de développement entre l’Etat et les élus des régions du Sud, de l’impulsion des programmes, de la veille et de la reddition sur les réalisations et les axes de progrès. Il faut noter que l’ambition chiffrée du modèle est de parvenir, dans un horizon de 10 ans, à doubler le PIB de ces régions et d’y créer plus de 120.000 nouveaux emplois.

A taux d’activité constants et avec une croissance de la population en âge de travailler de 2% par an, le chômage serait réduit au moins de moitié. Par ailleurs, le Souverain a saisi l’occasion du trente-neuvième anniversaire de la Marche Verte pour réaffirmer la position du Maroc en formulant quatre «Non». D’abord, un non à la tentative visant à modifier la nature de ce conflit régional en le présentant comme une affaire de décolonisation. «En effet, le Maroc dans son Sahara n’a jamais été une puissance d’occupation ou une puissance administrante.

Il exerce plutôt les attributs de sa souveraineté sur sa terre», a souligné SM le Roi. Aussi, un non à toute tentative de révision des principes et paramètres de négociation, ainsi qu’à toute autre tentative visant à reconsidérer ou élargir le mandat de la Minurso, y compris la question d’observation des droits de l’Homme. Ensuite, un non à la complaisance vis-à-vis de la véritable partie à ce conflit et à son exonération de ses responsabilités. Et enfin, un non à la tentative de mettre sur un même pied un Etat-membre au sein des Nations Unies et un mouvement séparatiste, et non à la légitimation de l’état de non-droit qui prévaut à Tindouf.