Sahara : Un processus bloqué

Contrairement aux assertions de ceux qui ont tenté d’influencer le rapport du SG de l’ONU, le blocage ne vient pas du Maroc

A la veille de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara Marocain, prévu le 27 de ce mois, les choses sont claires. Le processus de négociation pour une solution politique au conflit, qui oppose en fait le Maroc à l’Algérie, est bloqué.

Contrairement aux assertions de ceux qui ont tenté d’influencer le rapport du SG de l’ONU en avril dernier, le blocage ne vient pas du Maroc.

Le Maroc a répondu favorablement à la demande du Conseil de sécurité en présentant le projet de l’autonomie des provinces du sud, jugé sérieux et crédible. Il a, en outre, agi pour la protection des droits de l’Homme dans ces provinces, à travers l’installation de deux conseils régionaux du CNDH, et en coopérant avec les différents instruments de l’ONU relatifs à la protection des droits de l’Homme. En plus du développement de cette région depuis sa récupération, grâce à une solidarité nationale toujours vivace, le Maroc a élaboré un modèle de développement pour accompagner la mise en place du projet d’autonomie.

Le Maroc a également accepté de participer aux pourparlers formels et informels organisés par les représentants du SG de l’ONU et veillé à ce qu’ils aboutissent à des résultats probants.

Ce comportement positif a été mal interprété par nos voisins et leurs soutiens, donnant lieu à des quiproquos politiques par lesquels ils ont perçu les concessions marocaines comme étant de soumissions.

Le pire est que ces illusions, dont les origines coloniales sont connues, ont contaminé le représentant spécial du SG de l’ONU. Christopher Ross, préoccupé par la défaillance de l’Etat en Algérie, a agi d’une manière pouvant laisser l’impression qu’il est animé par une volonté de porter un coup de main à Bouteflika, en soutenant son offensive totale contre le Maroc.

Ross est passé du rôle de facilitateur des négociations pour une solution politique, recommandée par le CS de l’ONU, à un autre rôle qui ne lui appartient pas, vu sa mission, en essayant de mettre la pression sur le Maroc. Cette torsion a encouragé les autres à se montrer plus arrogants. Ses visites à Laayoune ont été senties comme un encouragement à une poignée de séparatistes, manipulée à partir d’Alger, qui passe à la casse.

Le Maroc, qui a mis le SG de l’ONU devant ses responsabilités pour mettre fin à une action qui déroge au principe de neutralité de l’ONU auparavant, se trouve aujourd’hui contraint de demander à ce que sa mission soit bien définie.

Il est clair que Ross œuvre ces derniers temps pour le placement de la question du Sahara sous le chapitre VII de la charte des nations unis, surtout les articles 40, 41 et 42, c’est-à-dire soumettre le Maroc à plus de pression et même à le mettre sous embargo, voire l’exposer à la menace militaire. Le contenu du rapport du SG de l’ONU présenté devant le CS en avril dernier n’était pas loin de cette aberration, ce qui a choqué les membres du CS. Le pouvoir algérien n’épargne rien pour que le Maroc reste hors de l’UA quitte à y laisser tout l’argent du peuple algérien. Il compte aujourd’hui sur Ross, qu’il pense acquis pour sa cause, et sur l’envoyé de l’UA, qu’il a désigné lui-même, pour atteindre cet objectif. Une agressivité qui monte de plusieurs crans à un moment où l’Algérie est confrontée à une crise sans précédent.

Ross sait bien que le blocage vient du manque d’interlocuteurs en Algérie actuellement, et que ce manque laisse les séparatistes dans l’expectative ne sachant pas quoi faire. Il sait également que la situation dans la région est de plus en plus instable et pouvant dégénérer à n’importe quel moment. Ça ne l’a pas empêché de continuer à agir comme si rien n’était. Le Maroc est donc en droit de demander à ce que sa mission de facilitateur et non de partie prenante ou de tuteur soit définie. Il est également en droit d’insister sur la réalisation du recensement des habitants des camps de Lahmada pour avoir une image claire sur leurs origines et sur ce qu’ils représentent.

26/10/2014