Le roi Mohammed VI et le président français Emmanuel Macron, en juin 2017 à Casablanca.

La Coordination de Tamanrasset, lancée en automne 2009, refuse de disparaitre. Même morte cliniquement, ses promoteurs tentent de brandir son ombre pour glaner quelques points politiques au Sahel. Une région où se joue un face-à-face de plus en plus déclaré entre la France et l’Algérie. Le Maroc pourra y jouer un rôle déterminant.

La France de Macron peine pour l'instant à asseoir son autorité au Sahel. Son projet de création d’une force de 5 000 soldats issus des pays du G5 (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) a subi son premier choc. Hier à Nouakchott, le Comité d’Etat-Major Opérationnel Conjoint (CEMOC), issu de la fameuse Coordination de Tamanrasset a organisé une nouvelle réunion. De hauts cadres des armées de l’Algérie, de la Mauritanie, du Mali et du Niger y étaient présents. Le conclave s’est conclu par une audience accordée par le président Mohamed Ould Abdelaziz à ses «frères d’armes» venus des quatre pays.

Le CEMOC a vu le jour le 21 avril 2010. La structure militaire est basée justement à Tamanrasset au Sahara algérien. Sept ans plus tard, elle n’est parvenue à concrétiser aucun de ses objectifs. Le rêve de constituer, en 2012, une force composé de 70 000 hommes s'est avéré être un mirage. El il en est de même pour l’ambition de réduire l’influence des groupes terroristes très actifs au Sahel.

Le Maroc a intérêt d’aider la force du G5

Même si le CEMOC a échoué sur toute la ligne, il reste encore une arme politique entre les mains de ses fondateurs. En témoigne le timing de la tenue de la session de Nouakchott, seulement quelques heures avant une réunion cruciale du Conseil de sécurité consacrée à l’examen de la situation au Sahel, notamment après les attaques au Mali contre les forces des Nations unies et au Burkina Faso. Deux attentats ayant fait respectivement 9 et 18 morts.

A l’issue de la réunion des Quinze, ceux-ci ont appelé à l’urgence de déployer la force du G5. Néanmoins, la réalisation de cet objectif se heurte à des difficultés financières. Les 420 millions euros nécessaires à son fonctionnement tardent à parvenir dans les caisses au moment où les groupes terroristes sont passés à l’action.

Du côté du Maroc, la stabilisation du Sahel est une question qui interpelle le royaume. Le G5 est une belle opportunité pour Rabat de contribuer à la stabilisation de la région. Contrairement à la France de Hollande, celle de Macron n’y voit pas d’inconvénient. En effet, en juin dernier, le nouveau président français s’est félicité, au terme d’une réunion avec le roi Mohammed VI à Casablanca, «de la volonté (du Maroc) de coopérer avec la France dans la stratégie qui est la sienne de stabilisation régionale». «J’ai vu un partenaire (le roi Mohammed VI, ndlr) concerné et qui a la volonté de participer dans à nos effort de stabilisation du Sahel», a affirmé Emmanuel Macron à l’issue de sa visite au Maroc.

A rappeler que le royaume avait été écarté par l’Algérie de prendre part à la Coordination de Tamanrasset lancé à l’automne 2009.

 

16/08/2017