A la 25ème session du Conseil des droits de l’Homme, à Genève, des militants des droits de l’homme ont fustigé la situation de non droit qui sévit à Tindouf. Plusieurs intervenants ont déploré le manque de liberté d’expression et de mouvement dans ces camps verrouillés par le Polisario et l’armée algérienne.
La militante suédoise, Kodra Alhir a cité « le cas frappant », dit-elle, des camps de Tindouf, en Algérie, « où des milliers de personnes vivent depuis des décennies dans des conditions inhumaines et endurent fermeture, blackout et souffrance sans que le monde puisse réagir ». « Il est inconcevable, souligne-t-elle, que depuis 39 ans des milliers de gens vivent dans des campements de fortune, assiégés et privés de tout droit de s’exprimer ou de circuler librement ».
Pour sa part, Aïcha Douihi, présidente de l’Association Sakia Al Hamra pour la défense des droits de l’Homme a plaidé, de son côté, la cause de tous ceux, parmi les fils du Sahara marocain, qui subissent encore les pires restrictions sur leurs droits de mouvement et d’expression. A ce propos, elle a évoqué les nombreux rapports qui ont dévoilé les graves violations commises à l’encontre des Sahraouis, privés même du droit élémentaire de rejoindre ou de contacter leurs familles.
Les ONG, elles aussi, sont souvent interdites d’accès à la zone des camps, dans le sud-ouest algérien, a déploré Aïcha Douihi qui a décrit le climat de strict contrôle imposé autour des camps par les milices du Polisario appuyés par les unités de l’armée algérienne. La militante sahraouie a estimé qu’il est grand temps pour la communauté internationale d’intervenir pour briser le mur de silence afin de permettre à des commissions d’enquête de faire la lumière sur la situation des droits de l’Homme sur place. « Les populations doivent pouvoir décider de leur sort : soit rester, soit rejoindre la mère patrie », a-t-elle conclu.
Hakim Arif

14/03/2014