Les tribus du Sahara Marocain et leurs origines

Les différentes races et ethnies, aux origines et aux apports culturels divers, qui ont peuplé le Sahara Marocain, ont donné naissance aux populations actuelles organisées en entités tribales.

Dans ses investigations, le chercheur se trouve desservi par la pauvreté du corpus de révélations et de témoignages historiques qui auraient été en mesure de l’éclairer avec exactitude sur l’évolution, dans le temps et dans l’espace, des différentes tribus qui composent la population actuelle du Sahara Marocain. Les données dont il peut disposer sont, dans leur majorité, des récits et des écrits plus au moins tirés de légendes, empruntés à quelques discours flous ou extraits de certaines narrations mythiques. La population tribale évolue en se fragmentant sous différentes formes. Tantôt elle épouse les contours d’une région, d’une ville ou d’une série d’oasis. Parfois elle se moule dans des limites floues d’une tribu ou d’une confédération de tribus. Toutefois, aucune de ces sociétés ne peut vivre en circuit fermé. Le pays, du Nord au Sud, est animé par des permutations fréquentes de populations entières et d’échanges culturels et commerciaux. Pour les besoins de leurs manufactures, les grandes villes telles Badis, Tétuan, Fès, Meknès, Rabat, Marrakech, Essaouira, Taroudant, Goulimine, Tindifis (Tindouf), Tinbouktou, Walata, Awdaghost, Tichit, Chenguitti, Tijikja, font appel à la main d’ouvre spécialisée des régions proches ou lointaines, comme elles acquièrent les matières premières dans des contrées voisines ou retirées. De même que les échanges sont permanents entre la campagne la ville. La circulation des matières premières et des produits finis font les intérêts des uns dépendant des autres et que des liens deviennent permanents entre les différents pôles régionaux. Ces pôles doivent respecter les normes et les circuits d’échanges préexistants.

Les tribus étant nomades et leur culture restée longtemps orale, peu d’écrits peuvent être classés authentiques ou non tendancieux. Ces documents sont difficilement exploitables du fait de leur dispersion. Ceux qui en détiennent les gardent jalousement à l’abri des curiosités et ne les dévoilent qu’exceptionnellement. Ils les considèrent comme patrimoine sacré et exclusif de la tribu ou de la famille. La prudence est donc de rigueur. Le chercheur doit être sévère dans la critique et très prudent quant aux conclusions hâtives et aux recettes aisées. D’autres écrits sont sans auteur et ne peuvent être situés dans le temps ni dans le lieu. Des historiens anciens donnent rarement leurs sources avec précision. Leurs narrations viennent sans doute de contes populaires et se révèlent ainsi pleines de lacunes et d’incertitudes. Fautes de pistes précises, le chercheur est astreint à formuler de simples hypothèses s’ils ne poussent pas loin sa curiosité et ses investigations dans d’autres textes et documents. Les chroniqueurs arabes rédigeaient sans plan préconçu. Certains sont peu critiques quant aux événements qu’ils relatent. De leur côté, les copistes et les scribes accordaient moins d’importance à l’exactitude de la reproduction du texte qu’à la calligraphie. Si quelques défrichages permettent de décortiquer les récits, l’impartialité n’est pas souvent le souci central de quelques historiens. On rencontre, de temps en temps, des références à certaines notices, mais celles-ci sont quelquefois d’une austérité accablante.

Or, l’écriture de l’histoire ne s’improvise pas. Elle est le résultat de recherches ou la narration des événements de l’époque que l’auteur a vécue et dont il était le témoin. Elle est aussi la référence à des textes antérieurs ou à des récits transmis oralement. L’auteur a le loisir de les transcrire sous une autre forme sans en modifier ni la réalité ni le fond, sauf s’il est en mesure de produire des arguments tangibles et justifiables.

Les auteurs étrangers, appelés orientalistes, ajoutaient leur grain de sel à tout ce corpus. Certains, honnêtes, ont laissé d’excellents documents, se basant sur des textes et des témoignages locaux complétés par des investigations sur le terrain même. D’autres, des 17ème, 18ème 19ème et 20ème siècles, transfiguraient sciemment la réalité de l’histoire à des fins purement coloniales.

Dès le XVI ème siècle, des précisions commençaient à voir le jour avec l’introduction, timide cependant, du document écrit (laudatif, hagiographique, narratif, biographique, poétique, événementiel). Même après avoir épluché les divers documents mis à sa disposition, le chercheur n’est pas à l’abri de confusions. Ces rares, mais précieuses pièces nous permettent de constater que, de Goulimine au fleuve du Sénégal, vivent les mêmes peuplades qui, malgré le mode de vie identique qu’elles mènent, peuvent être listées différemment selon leurs généalogies, leurs classes sociales superposé ou leurs groupes de tribus. Nombre de chercheurs occidentaux ont commis l’erreur de prendre comme cas de figure la tribu des R’guibat que les premiers explorateurs européens assimilaient à l’ensemble de la population maure. Or, le groupe R’guibat n’est pas un exemple déterminant ni une référence exclusive dans l’acheminement de l’étude d’une société bédouine érigée par toute une mosaïque de tribus, de fractions et de sous fractions. Chaque groupe conserve une certaine spécificité, un certain rang et certaines données originelles.

Le classement par origines:

Le classement par origines des tribus, bien qu’elles sont de provenances différentes, peut être limité à deux grandes catégories: les tribus Hassan et les tribus arabo berbères.

Les Berbères ont fait leur apparition au Sahara Marocain depuis bien des millénaires. Ils y sont venus, par vagues successives, fuyant les guerres fratricides ou chassés par les envahisseurs venus du Nord ou de l’Est. Rejoints par les Arabes, ils ont formé des groupes arabo berbères.

Les maroco sahariens sont, en majorité, des descendants des Arabes:

 

  • Ceux venus avec Okba Ben Nafiâ,
  • Les descendants des Bani Hilal et les Bani Souleim, venus au XII siècle de Najd (Arabie) pour envahir l’Afrique du Nord et le Sahara Marocain.
  • Les Arabes Maâkil venus aux XIII et XIV siècles du Nord de l’Arabie.
  • Les Arabes Andalous chassés d’Espagne aux XV ème et XVI ème siècles.
  • Les maroco sahariens vivent sur le littoral entre la vallée d’Oued Dra et la vallée du Sénégal. Certains ont pu essaimer chez les Touaregs, au Niger, au Touat et au Mali.

Le classement par hiérarchie sociale nous donne le clivage suivant:

 

Les Beïdane (Blancs, libres par rapport aux noirs esclaves et aux Z’naga vassaux).

Arabes pour la plupart, ils descendent des Hilaliens, des Bani Souleim, des Kharijites et des Maâkil. C’étaient des guerriers vivant de nomadisme et d’expéditions sur l’ennemi. Nobles seigneurs, ils étaient réfractaires à tout travail manuel, à tout commerce et à toute fonction salariale. Ils tenaient l’échelle supérieure de la société. Il y a à peine quelques années qu’ils ont commencé, timidement, à s’intéresser à des activités autres que les Ghazzous (raids sur l’ennemi). L’organisation sociale actuelle ne leur permet plus de rançonner les tribus qu’ils protégeaient il y a juste quelques décennies. Toutefois, ils gardent toujours leur allure seigneuriale et continuent à inspirer le respect aux autres classes subalternes.

-Les Z’naga:

Ce sont des tribus berbères ou arabo berbère. Une grande majorité est semi-nomade, pratiquant la culture vivrière et l’élevage bétail dans les oasis. Chaque famille a un point d’attache dans l’oasis la plus proche des terrains pastoraux de sa tribu. Ceux du littoral s’adonnent à la pèche d’auto consommation. Peu guerriers, ils vivaient sous la protection d’une tribu Beïdane à laquelle ils payaient une dîme annuelle. Cette pratique ne se fait plus de nos jours, mais le Z’nagui se sent encore moralement et psychologiquement redevable à son ancien tuteur.

-Les Zouaya (disciples de Zaouya):

Ils descendent des kharijites et de ceux venus de l’Andalousie. Certains parmi eux sont d’origines berbères. Peu sont nomades. Ils vivent dans les oasis et les villes. Ils tiennent de petits commerces, assurent la chariâ (loi musulmane), enseignent dans les méderças. Certains sont mokaddems (recteurs) de la Zaouya de leurs ancêtres et vivent de subsides. Depuis quelques années, on en trouve beaucoup dans l’administration ou tenant des fonctions libérales. Ils ne portent les armes que rarement, mais sont respectés pour leur savoir et pour leur poids religieux. Ils ont souvent usé de leurs bons offices pour apaiser les conflits inter tribaux. En cas de menace extérieure, ils arrivaient toujours à grouper sous leur bannière toutes les tribus pour faire face à l’envahisseur. En temps de sécheresse, ils organisent la société afin d’alléger le poids de la pénurie qui touche les démunis. Ils ont été à l’origine des confréries religieuses actuelles, au Sahara Marocain, en Mauritanie, au Sénégal, au Mali et au Niger. Ces confréries ne sont que les branches des Zaouya mères du Nord du Pays. Ils sont classés en «Zaouya Es-chems », marabouts du soleil et « Zouaya Ed-dall« , marabouts de l’ombre. Les premiers sont plus respectés et plus écoutés, étant les descendants du prophète. Les seconds sont les disciples de Walis.

-Les Harratine:

singulier: el horr ettani (homme libre de seconde classe). Ce sont des noirs hybridés émancipés. Ils sont de teint basané. Ils forment, avec les métayers, la classe des artisans dans les oasis et les villes et même au sein de tribus nomades. Quelques uns, à force de labeur, deviennent de grands commerçants, des chefs caravaniers ou des fonctionnaires, mais, socialement, restent toujours à leur niveau subalterne de l’échelle populaire.

-Le noir esclave:

Des siècles durant, le noir a été refoulé vers des plus au Sud ou plus au Nord, pour ne vivre que dans les vallées du Dra, du Sénégal et à Tagante. Il réapparut, avec l’arrivée des Hilaliens et des Souleim au Sahara Marocain, sous forme d’esclave, s’occupant des services les plus déconsidérées (soigneur de cheptels, tanneur, berger, serviteur du maître, monnaie d’échange dans les opérations commerciales). Il constituait la seule main d’ouvre de la tribu nomade et dans l’oasis. Le noir, quoique libéré et émancipé aujourd’hui, reste marginalisé dans son rang social le plus bas, quelle que soit sa fortune, son niveau intellectuel ou l’importance de son poste. Psychologiquement il sent bien sa marginalisation, mais s’en accommode naturellement et sans complexe.

La hiérarchisation des tribus est très stricte, rigide et garde, encore de nos jours, des traces indélébiles dans les rapports entre groupes tribaux de niveaux différents.

Répartition des tribus:

Avec le temps, toutes ces populations ont fini par se constituer en tribus ou en fédérations de tribus, politiquement distinctes, réparties en groupes suivants: (ne sont répertoriés ici que les groupes importants de l’ex Sahara espagnol).

 

  1. La confédération des Tekna.
  2. La confédération des R’guibat.
  3. Les Oulad D’leim.
  4. Les Oulad Tidrarine.
  5. Les Oulad Bou S’bâa
  6. Laâroussiène
  7. Les Torkoz
  8. Les Aït Baâmrane.
  9. Les Israélites du Dra.

 

Les Tekna:

Dont le nombre domine au Sahara marocain, forment un groupement de tribus Beïdane, Z’naga, Zouaya, avec leurs Harratine, leurs maâlmine et leurs esclaves. On trouve parmi elles des groupes d’origines juives islamisés. Léon l’africain les fait descendre des Lamta, des Messoufa et des Mâkil. Il faudrait y ajouter les Arabes Hilaliens à partir du XII ème siècle, et les Andalous dès le XV ème. Justinard (Abba Omar), renégat français, officier du sultan, parlait déjà en 1580 de l’union Tekna. Bien des historiens donnent cette confédération comme archétype de l’amalgame arabo berbère. Ces tribus ont vécu ensemble depuis longtemps et sont si proches les unes des autres qu’il devient difficile aujourd’hui de les classer en arabes ou en berbères. La sagesse de leurs chefs respectifs a encouragé les intermariages et la coopération commerciale entre tribus. Les Arabes ont été berbérisés et les Berbères arabisés depuis des siècles.

Aujourd’hui, au nombre de 19 tribus, ils sont partagés en deux groupes: les Aït-J’mel (des arabes d’origines) et les Aït Atman (berbères d’origines). Toutes ces ethnies ont donné naissance aux tribus figurant dans les tableaux en annexe. Ils sont une multitude de petites tribus qui se battaient entre elles et, de se fait, étaient une proie facile pour leurs voisins plus forts. C’est le roi saâdien, El Mansour Ed-Dehbi (1579-1603) qui les a confédérés. (Il avait, de la même manière, confédéré les tribus des Trarza et celles des Ida Ychelli de la Mauritanie, plaçant à la tête de chaque confédération un émir ou un grand caïd).

Leur sécurité assurée et leur force retrouvée, grâce à leur union, ils développèrent leur commerce dans tout le Sahara. Des familles teknies se sont installées, depuis plusieurs générations, en Mauritanie, au Mali et au Sénégal. Certaines y tiennent des commerces importants, d’autres occupent des postes de responsabilités dans l’administration locale. L’un des premiers ambassadeurs du Mali au Maroc n’était autre qu’un membre de la tribu des Moussa-Ou-Ali et dont la famille a vécu à Tinbouktou. Les Ben Barka, une famille importante de la tribu teknie des Aït Moussa-Ou-Ali, a essaimé à Tinbouktou, au Touat, à Goulimine, à Casablanca et à Rabat. M. Souhaïl ben Barka, ancien directeur du Centre Cinématographique Marocain à Rabat, né à Tinbouktou, où ses aïeux étaient chargés de missions par le sultan, appartient à cette lignée.

Un grand nombre de ministres mauritaniens avaient des origines teknies.

Des tribus teknies sont nomades, d’autres sont semi-nomades, vivant de cultures vivrières, d’élevage de dromadaires, de bovins et de caprins. Leurs terrains de parcours s’étendent d’Oued Noun à Saguya el Hamra. Ils ont comme voisins, au Sud, les Oulad ­D’leîm et les Oulad Tidrarine, à l’Est, les R’guibat, au Nord, les Aït Baâmrane et les gens du Souss.

Les R’guibat:

Ils forment un ensemble de fractions qui n’ont pas toutes la même souche. Ils sont de généalogies diverses: chorfa descendants de Sidi Abdesslam ben M’chich, Arabes, Sanhaja, Maâkil, G’Zoula, Zénètes.

Il n’est pas possible de déterminer à quelle époque remontent les origines des R’guibat. On ne peut non plus affirmer avec exactitude à quelle période situer leur première apparition au Sahara Marocain. Les controverses, quant aux racines des R’Guibat, vont bon train. Les historiens, anciens et contemporains, marocains et étrangers, en donnent des versions diverses et quelquefois opposées. Dans le même sens, on ne peut situer dans le temps Sidi Ahmed R’guibi, père du groupe. Sa date de naissance varie d’un document à l’autre. On lui donne des dates de naissance étalées entre la fin du XV ème et la moitié du XVI ème siècle (1590, 1620, 1632, 1641). Les dates de sa mort aussi sont nombreuses comme les origines qu’on lui attribue et «les lieux» où il est enterré. Certains écrits le veulent contemporain du sultan mérinide, Abou Hassan Abdellah, qui régna de 1331 à 1351, et qu’on appelait le sultan noir ou le sultan doré. Quelques documents ont été trouvés auprès de familles R’Guibat. Les auteurs étant eux aussi du même groupe tribal, la valeur du contenu de ces écrits reste alors à vérifier. D’autres interprétations font venir les R’Guibat au Sahara Marocain dès le début du règne des Saâdiens. La version suivante a eu l’accord de plusieurs historiens, avec quelques variantes de l’un à l’autre des auteurs:

Vers 1560, alors qu’ils nomadisaient dans le Haouz de Marrakech et dans la plaine des Doukkala, ils se révoltèrent, à l’instar de leurs voisins les Oulad-bou-S’baâ, contre les Saâdiens qui les soupçonnaient de soutenir la dynastie des Mérinides en déclin. Poursuivis par l’armée du sultan El-Ghalib, ils furent vaincus et déposèrent les armes en un lieu au Sahara Marocain appelé « R’guibiyène« , au sud de Mahbess, (trois promontoires mitoyens qui permettent aux guetteurs de voir au loin: er-gueb, observatoire). Ce lieu servait de relais aux caravanes; d’où pourrait dériver le nom de R’guibat. Le sultan nomma à leur tête le Cheikh Sidi Ahmed el Jazouli, de la Zaouya de Moulay Abdesslam ben M’chich, dans le Nord du Maroc. Sidi Ahmed el Jazouli s’était fait accompagner par ses partisans chorfas auxquels il confia l’encadrement de la tribu. Ils laissèrent leurs noms aux différentes fractions qui composent aujourd’hui le clan R’guibat. Ce n’est que bien après sa mort qu’on lui aurait donné le nom de Sidi Ahmed R’guibi, dont la Khaloua (lieu d’ascèse) se trouve à 50 km au Sud de Tan-Tan. Il unifia les R’guibat et essaya de les discipliner. Un autre saint r’guibi, Sidi Mimoun, est visité chaque année à Inezgane, dans la Wilaya d’Agadir, où se trouve son mausolée depuis plus de 200 ans. Les R’guibat y viennent régulièrement en pèlerinage de tous les coins du Sahara Marocain: Zak, Tindouf Saguya el Hamra, Mauritanie et du Nord du royaume.

D’autres écrits donnent d’autres versions quant à la racine du nom R’guibat (regba: cou; R’gayba: lieu situé au sud de Tagante en Mauritanie). Pour avoir eu un chérif comme caïd, Sidi Ahmed el Jazouli (R’guibi), tout le groupe se considère aujourd’hui de la descendance de Moulay Abdesslam ben M’chich. Avec le temps, d’autres généalogies, berbères et arabes, étaient venues se greffer sur les R’guibat (d’kheila) et adoptèrent le même nom. Chaque groupe nouveau apportait avec lui la force de son nombre et l’étendue de son territoire au point qu’ils étaient devenus l’une des tribus les plus puissantes et les plus craintes de la contrée. Leurs terres de parcours étaient parmi les plus vastes et les plus incertaines à cause de l’insécurité qu’ils y faisaient régner.

Les R’guibat circulaient entre Zak, Tindouf le Nord du Mali et de la Mauritanie. Guerriers intraitables, leurs armes étaient leurs seuls biens. Les biens des autres étaient leurs seules et uniques ressources. Ils se battaient pour dominer et pour le butin qui leur assurait leur richesse. Ils étaient parmi les plus riches en bétail et en armes et possédaient de grands espaces après les annexions qu’ils opéraient en absorbant d’autres groupes. Leurs terres étant étendues sur plusieurs pays, le Maroc, l’Algérie, Mauritanie, Mali.

Les Oulad D’leïm:

Ils sont des Hassans d’origines hilaliennes. Hassan, chef des tribus arabes qui portent son nom, avait, parmi ses épouses, une qui était de petite taille et que ses rivales surnommaient D’leima (petit insecte). L’un de ses fils, Oudei, hérita de sa mère le sobriquet de D’leim. Lettré, courageux et grand guerrier, il était jalousé par ses frères parce qu’il était le préféré de Hassan pour l’avoir vaillamment défendu lors d’une bataille. A la mort du père, D’leim dut quitter le creuset familial et s’installa à Oued Dahab, avec les siens et ses compagnons. Il donna alors naissance au groupement des Oulad D’leim. Cette tribu est constituée aussi bien de la descendance agnate de D’leïm que des enfants de ses cousins et ses disciples qui l’ont suivi dans son exode. Les Oulad D’leim sont de nobles guerriers, connus pour leur courage, leur fierté et leur sens de l’hospitalité. Ils nomadisaient à travers leurs terrains de parcours entre Oued Dahab et le Tirès.

-Une fraction importante vit aujourd’hui en Mauritanie; il n’est pas rare que dans la même famille certains membres soient marocains et d’autres mauritaniens. Quelques-uns possèdent les deux passeports. La fraction Tagueddi vit à Tan Tan depuis l’arrivée des Espagnols.

-On trouve aussi les Oulad D’leim dans la région de Sidi Kassem, au Nord du Maroc et dans la région de Marrakech. Une fraction, Ladghagh, vit dans la région de Tinbouktou qu’elle protégeait. Une autre, les Oulad Chebel, vit dans les oasis du Touat.

En tant que Beïdane ils touchaient une dîme annuelle auprès des tribus et des villes qu’ils défendaient. Le respect et la crainte dont ils étaient entourés n’avaient rien à envier à leur passé glorieux. Devant toute tentative d’hégémonie étrangère, ils faisaient groupe ensemble avec leurs voisins du Nord, les Tekna, et ceux du Sud, Oulad el Lob, pour chasser l’intrus.

Les sultans du Maroc recrutaient leurs troupes et leurs capitaines en leur sein. Les Français en Mauritanie et les Espagnols à Oued Dahab, ont essayé d’en enrôler dans leurs unités sahariennes; peu de volontaires se présentaient. Ils ne s’étaient soumis à l’occupant, français ou espagnol, qu’en 1937, mais restèrent hostiles à la présence étrangère. Ils étaient assez nombreux dans l’Armée de Libération du Sud. Ils n’ont jamais failli à leur esprit patriotique et au sens de l’honneur qu’ils cultivent au plus haut point.

Grands nomades, leur vie économique était peu active. Ils ne pratiquaient ni agriculture, ni commerce, ni artisanat. Ils tiraient leurs ressources des dîmes et coutumes, que leur payaient leurs protégés, et de leurs richesses pastorales. Leur cheptel était si abondant qu’ils abreuvaient leurs chevaux de lait de chamelles.

Il n’y a que peu d’années que les générations actuelles ont commencé à s’intéresser aux activités lucratives telles la pêche, le commerce, l’administration et l’armée.

Les Oulad Tidrarine: 

Ils sont venus de l’Arabie pour vivre initialement dans toutes les régions du Maroc. Le gros de la tribu s’installa à Adrar en Mauritanie. Une partie vit à Oued Dahab. Les interprétations historiques sont diverses. La version la plus réelle est celle qui les fait descendants des compagnons du prophète, El Ançar (de Khazrej).

Le docteur Hamdati Chabihounna Ma El Aïnine date leur arrivée au Sahara Marocain dès le début du règne des Saâdiens.

-Ahmed Lamine Chenguitti, 1911 الوسيط في ترجمة أدباء شنقيط

Il précise que les Oulad Tidrarine descendent des Ançar, mais n’a pu donner une date à leur venue au Sahara Marocain. Il est difficile de donner des datations exactes. Notre culture était souvent orale et l’écrit convaincant et sûr était rare.

- Thomassy, dans son livre Le Maroc et ses caravanes de 1845, raconte «avoir été reçu par une tribu chorfa, les Tidrarine, que tout le monde honore pour leur religiosité et leur descendance respectable».

Odette de Puigaudeau a vécu plus de 40 ans en Mauritanie comme enseignante. Les classe dans la catégorie des nobles Ançar.

Le capitaine français Bonafos «Une tribu marocaine en Mauritanie, les Oulad Bou S’Bâa» 1929. Dans deux passages de son livre, il parle des liens qui unissent entre elles les tribus chorfas et cite parmi elles les Oulad Tidrarine.

Pacifistes de nature, ils ne portent les armes que pour chasser ou se défendre. Ils ne sont pas querelleux, mais leur attitude pacifiste ne les empêche pas de prendre les armes devant le danger, qu’il vienne de l’intérieur ou de l’extérieur. Aux côtés des autres tribus, ils ont vaillamment participé aux combats contre la pénétration franco espagnole dès 1860. Ils ont vécu longtemps aux voisinages des Oulad D’leim. Les deux tribus ont fini par avoir les mêmes réactions et le même comportement devant le danger et leurs relations ont toujours été excellentes en dehors de quelques soubresauts de l’histoire. Ils ont gardé de bonnes relatons avec leurs voisins, les Tekna au Nord, et les Oulad Llob au Sud. Les Espagnols y ont difficilement recruté quelques commis pour leur administration au Sahara Marocain. Leurs caïds ont toujours été nommés par dahirs sultaniens.

Ils se composent de 12 fractions: Oulad Ali, Oulad S’liman, Oulad Moussa, Oulad El Ghazi, Oulad Yassine, Lamnabha, Lafâriss, Lâboubate, Hal Haj, Hal Taleb Ali, Idadssa, Lahceinat. Certains groupes de familles qui se sont greffées sur les Oulad Tidrarine étaient d’origines divers et d’autres étaient des Berbères venus du Souss.

Les Aït Baâmrane:

Originaires de la région d’Ifni, ils forment un ensemble de familles installées dans l’ensemble du Sahara Marocain. Elles monopolisent toutes les activités commerciales de la région et même en Mauritanie, depuis plusieurs générations. Ils ont toujours joué un grand rôle dans la vie politique et économique du Sahara Marocain et ont de tout temps gardé leur neutralité dans les conflits entre tribus. Aux côtés des Tekna, ils n’ont jamais hésité à prendre les armes contre les étrangers qui menaçaient les côtes d’Oued Noun.

Depuis 1934, date à laquelle les Espagnols occupèrent Sidi Ifni, conformément au traité de Tétuan de 1860, les Aït Baâmrane n’ont jamais cessé de manifester, surtout par les armes, leur hostilité à l’occupant. Nombreux dans l’Armée de Libération du Sud, ils ont réduit l’enclave espagnole de Sidi Ifni, après avoir reconquis toute la montagne, obligeant le colonisateur à se cantonner dans la ville. Bien que commerçants, ils ont démontré, à maintes reprises, leur courage et leurs prédispositions au combat armé.

Les Israélites:

L’histoire nous a fourni bien des preuves de l’existence dans toutes les régions du Maroc d’une population juive très importante, très active et très ancienne. Sa présence date de bien avant l’islamisation et l’arabisation du Maroc. Les israélites ont participé à la vie sociale, politique et économique du Royaume. L’amalgame de leurs cultures, judéo berbère et judéo arabe, facilité par une coexistence et une cohabitation de tous les jours avec leurs concitoyens musulmans, constitue une donnée non négligeable de la civilisation marocaine. La participation des juifs marocains a contribué à la richesse du patrimoine national dans tous les secteurs, spirituel, culturel, social, politique et économique. Ceux qui avaient été islamisés ont apporté avec eux bien des mours et des traditions qui gardent encore leurs traces dans le mode de vie et pratiques quotidiennes du Marocain, Juif ou Musulman.

Le tissu relationnel des deux communautés, juive et musulmane, est resté sans rupture majeure, durant des siècles, en dehors de quelques déchirures vite cicatrisées par le temps et par le partage d’une même histoire et d’un destin commun. L’enracinement des Israélites est tellement ancien dans le pays qu’ils ont fini par mettre en évidence et adopter un judaïsme marocain spécifique. Ce judaïsme est resté fidèle à lui-même et très attaché à sa singularité et à son identité marocaines, malgré les flottements et les oscillations sociopolitiques et en dépit des événements qui ont marqué l’histoire du Maroc et celle du Moyen Orient.

Avant l’islamisation des Touareg, existait en leur sein toute une communauté israélite qui vivait de commerce à travers une grande partie des pays ghanéens. Des documents parlent de Méghorachim, terme qui veut dire expulsé, en hébreu. S’agit-il des juifs expulsés d’Egypte par les Pharaons? Une tribu touarègue porte le nom de Imaghrachen (dérivé de Méghorachim) Les Touareg lui donnent le sens d’Errant.

Jusqu’à la fin des années soixante dix, vivait à Goulimine et dans la vallée de l’Ouad Dra, une importante communauté de Juifs. Leur présence dans la région remonte, selon les documents qu’ils possèdent, à l’époque de Salomon. Au début de l’occupation romaine de l’Afrique du Nord, d’autres juifs ont fui, comme les Zénètes et comme les Sanhaja, les exactions de l’envahisseur romain pour se réfugier au Sahara Marocain. Plusieurs siècles après, ils avaient été rejoints par d’autres israélites chassés d’Espagne. Avec le temps, ils ont pris contact avec leurs coreligionnaires qui vivaient, bien avant eux, dans les régions soudanaises. Ces communautés juives installées sur les deux rives du Sahara Marocain entretenaient des échanges commerciaux et culturels entre elles.

Les Juifs d’Oued Noun se subdivisaient en deux fractions:

Les Aït Youssouf avaient leur centre d’intérêt et leurs entrepôts à Goulimine. Leur saint est à Ifrane de Beïdane Atlas, à l’Est de Sénégal Ils occupaient la basse vallée du Dra, entre son embouchure et Akka. Ils sont arabisés et parlent aussi bien le berbère que le Hassani.

Les Aït Mordokhay habitaient la moyenne vallée entre Akka et Foum Z’guid, le long du J’bel Bani. Leurs entrepôts et leur attache religieuse sont à Taroudant.

Ces deux fractions se partageaient le monopole du commerce dans le Dra. Leurs caravanes sillonnaient le Haha, le Souss et Oued Noun, entre kharijites, sous fractions et Taroudant. Ils commerçaient aussi avec le Sahara, mais par caravanes interposées. Quand la sécurité le permettait, ils faisaient le voyage eux-mêmes afin de contacter leurs clients et leurs fournisseurs à Oued Dahab, à Tindifis, à Atar et à Chenguit. Propriétaires terriens dans le Dra, ils pratiquaient aussi l’agriculture et l’élevage. Ils vivaient en parfaite entente avec les Tekna et avec les Aït Baâmrane, tout en participant à la vie politique de la région. Pour défendre leurs biens contre les incursions des R’guibat, ils n’hésitaient pas à prendre les armes aux côtés des Tekna. Chacune de ces deux tribus était représentée auprès du makhzen et au sein des ‘Aït-er-Rbâine » par un « Cheikh el Yahoud » (cheikh des Juifs) ou Nakib (doyen).

Naissance d’une tribu.

Le tribalisme au Sahara Marocain n’a aucune dissemblance avec celui du Nord du pays, pour ce qui est de la naissance et de la formation d’une tribu. La règle classique de la genèse d’une tribu est la descendance du même père (l’agnation). Or ce principe d’agnation n’est pas toujours vrai. Il ne peut être appliqué qu’aux groupes restés longtemps hostiles à tout nouvel apport humain venant de l’extérieur de la tribu. Il a été constaté que d’autres raisons et d’autres motifs peuvent être à l’origine de la naissance d’une tribu:

 

  • -Un individu ou une famille vient se greffer sur une tribu, essaime et, à la longue, adopte le nom de la tribu d’accueil. Son nom d’origine restera à la fraction qu’il aura créée; c’est le cas de la fraction des Aït-Ouchen dans le cadre de la tribu des Moussa-Ou-Ali à Goulimine.
  • -Des familles n’ayant pas la même souche, mais vivant longtemps ensemble, finissent par se multiplier et s’intégrer les unes aux autres. Elles auront formé alors une tribu qui portera le nom du chef le plus influent. C’est le cas des Yzerguyenne à Tan Tan.
  • -La méhalla, envoyée en mission pour calmer ou protéger une région, finit par s’y fixer, procréer et former une tribu qui portera le nom du chef de ladite formation militaire. C’est le cas des Oulad Ommanni et Oulad Ghailan en Mauritanie.
  • -Si une tribu parvient à vaincre sa rivale, elle s’en fait obéir, la domine et finit par l’absorber en son sein, ajoutant ainsi une autre force à la sienne et une autre fraction.
  • -Des familles d’origines disparates cherchent la tutelle d’un chef religieux ou d’une Zaouya. A force de vivre ensemble, le groupe qu’elles auront constitué portera le nom du cheikh ou de la Zaouya. C’est le cas de quelques fractions au sein de Lâroussyenne et des Ida-Ou-Ali.
  • -Les Filala de Chenguit étaient, à l’origine, de jeunes t’lamides, issus de diverses tribus mauritaniennes, partis au Tafilalet pour parachever leurs études. Là, ils se sont mariés et ont constitué des familles qui vivaient ensemble. A leur retour au pays, après des années d’absence, on leur donna le nom de Filala que porte aujourd’hui la tribu qu’ils ont formée. De vrais filalis les ont rejoints par la suite pour agrandir la tribu.

 

Quel que soit le motif qui est à l’origine de la constitution d’une tribu, celle-ci admet, depuis l’époque saâdienne, des apports humains nouveaux venant d’autres groupes. Toutefois, et dans des cas très rares avant cette dynastie, on voit telle fraction se répandre dans un groupe et épouser sa politique et sa âçabia.

Les études anthropologiques ont démontré que ce phénomène est courant dans toutes les tribus du Maroc, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal. Une tribu accepte de recevoir sous sa férule des essaims étrangers, venant d’autres lignées, qui finissent par s’y intégrer au bout de quelques générations et se considérer membres à part entière de la tribu d’accueil. On peut penser, que dans la plupart des cas, l’arbre généalogique d’une tribu reste, dans ce cas, idéologique. Compte tenu du sens donné à la notion de l’agnation, ces «pénétrés» n’appartiennent pas au même arbre armorial de la tribu qui les a reçus. Ibnou Khaldoun a confirmé que si la généalogie n’est pas agnate, c’est-à-dire du même père, elle n’est soutenue par la tribu que pour assurer l’unité du groupe considéré. Dans tous les cas, ces tribus ont fini par former des groupes statuaires, qui, chacun protège son ordre, sa classe sociale et ses terres pastorales.

Caractéristiques de la tribu

Si la tribu présente une certaine homogénéité sur le plan politique, socialement elle se subdivise, s’émiette en fractions, sous fractions et branches. On trouve alors la pyramide suivante: la tribu mère (Kapila), la fraction ou branche (Fakhd), la sous fraction (ferg), le rameau (Arch) la famille (khaïma). La khaïma est composée d’un ou de plusieurs kanouns (foyers). Les fractions ou sous fractions peuvent se disperser pendant plusieurs années et se regrouper de nouveau sous la même bannière de la tribu mère. La tribu reste cependant une volonté d’union dont la âçabia est transmise de génération en génération.

Malgré la diversité de leurs origines, de leurs rangs et au-delà des malentendus et des conflits, les tribus possèdent en commun de nombreux traits et caractères: la même histoire et le même mode de vie, les mêmes activités et les mêmes coutumes, les mêmes mours et la même culture, la même manière de s’habiller et le même habitat, le même parler et la même pensée. Les valeurs sociales, qui diffèrent peu d’une tribu à l’autre, ne dépendent pas uniquement du poids des armes ou de la puissance matérielle du groupe, mais sont basées sur la généalogie et le prestige du groupe (Beïdane, Z’naga, Zouaya, Harratine, Noirs).

Les tribus peuvent pactiser entre elles ou se guerroyer, se réconcilier, se séparer ou se confédérer. Un simple incident, s’il n’est pas réglé aussitôt, peut dégénérer en conflit entre deux tribus voisines. Cette animosité peut durer un temps très court, comme elle peut s’étendre sur plusieurs générations, avec des moments d’accalmie et des périodes d’affrontements. Là le makhzen, les zaouyas ou une autre tribu s’interpose pour ramener la paix. Le génie de la discorde, même endormi, peut se réveiller soudain pour un oui ou pour un non et les batailles rangées sont reprises de nouveau entre les tribus voisines.

Déclarer la guerre à une tribu ou pactiser avec elle, quitter une confédération ou s’y incorporer, relèvent de la décision des « Aït-er-Rbâine » (le conseil des quarante). Cette organisation chez les bédouins n’a que peu de similitudes avec celle des villes. Dans les villes cette assemblée gère les affaires sociales et commerciales et légifère les lois urbaines. Dans le groupe nomade elle réunit les sages et les vétérans de l’assemblée communale, sous l’autorité du caïd, dans des cas spécifiques: déclarer la guerre à une tribu ou pactiser avec elle, faire face à une calamité (épidémie, sécheresse prolongée, invasion d’acridiens, etc…).

La âçabia dans la tribu

Quelles que soient ses origines et son rang, la tribu reste toujours régie par le principe de la âçabia (esprit de corps, esprit de clan, solidarité tribale, ardeur tribale. On peut lui attribuer bien des interprétations en langue française). La âçabia engendre la capacité d’autodéfense et le pouvoir absolu du chef. Une âçabia forte constitue la cohésion de la tribu, la rend puissante, respectée ou crainte. Cette solidarité, cultivée et entretenue par le caïd et la J’maâ, est plus prononcée et plus caractérisée chez les groupes à généalogie agnate. L’extrémisme de leur cénacle leur confère un certain ascendant et une certaine autorité sur les autres tribus. Ils les dominent toujours, les asservissent souvent et les protègent parfois moyennant le payement d’une hadya (dîme annuelle). Ils sont capables de subjuguer aussi bien les tribus voisines que celles éloignées. Les Ladghagh, fraction des Oulad D’leim, n’ont-ils pas dominé la ville de Tinbouktou et sa région, qui leur payaient une dîme annuelle, du début du XVIII ème siècle à la conquête française. Or Tinbouktou se trouve à plus de 1500 Km du Tirès et d’Oued Dahab, terroir des Oulad D’leim. Les Oulad Chebel, autre fraction du même groupement, ont été les garants et les protecteurs des oasis du Touat, du début du XVIII ème siècle à la pénétration coloniale.

Si, aujourd’hui, le concept de la âçabia est en train de perdre son caractère prédominant dans le nouveau mode de vie tribal urbanisé, il n’en reste pas moins présent dans l’esprit du Sahraoui, quoique sédentarisé.

Cette notion de âçabia ne les a pas empêchés de se constituer en groupes unis avec l’alliance entre plusieurs tribus, soit sous forme de confédération (les Tekna, les R’guibat), soit sous forme d’émirat (les Trarza, les Machdouf). Il a été constaté que des tribus de différentes souches (Arabes, Hassan, Hilaliens, Mâkil, Berbères, Z’naga) se sont groupées pour se fondre dans la même confédération ou dans le même émirat.

 * Rapport de Mr.Mohammed Boughdadi Ancien Officier des FAR . 

19/01/2015